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Est-ce Jésus qui me parle ?

Portrait de Cat-modératrice
Article du blog: 

Petite mise au point concernant les signes de Dieu et les révélations

Temps de lecture estimé : 5 min.

Jésus est notre Dieu. Il est infiniment libre, mais il ne sait utiliser sa liberté que pour notre bien, notre bonheur. Et il n'y a pas d'arbitraire en lui, il ne renie jamais sa propre parole.

Le but de la vie humaine est la communion d'amour avec Dieu et avec les autres êtres humains.

Pour nous conduire vers la réalisation de ce but, Dieu nous parle.

À bien des reprises et de bien des manières, Dieu, dans le passé, a parlé à nos pères par les prophètes ;
mais à la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils qu’il a établi héritier de toutes choses et par qui il a créé les mondes.
(Hébreux 1, 1-2)

Le Fils, par lequel le Père nous parle désormais, nous communique sa Parole (c'est-à-dire son être) de bien des façons. Il nous parle par sa vie, par les auteurs bibliques, par l'Église qui est son propre Corps, par sa manifestation dans nos vies, par les personnes qu'il met sur notre route, par nos supérieurs hiérarchiques, par nos prêtres, par nos papes, par des inspirations, des motions, pourquoi pas des visions...

Seulement, Jésus n'est pas le seul à nous parler. Comme l'a si bien théorisé saint Ignace de Loyola, notre propre esprit humain (nos humeurs et notre imagination) nous parle, et l'ennemi, le diable, nous parle aussi, si possible en se faisant passer pour un ange de lumière et un esprit de vérité.

Il y a bien des façons de croire que Jésus nous parle, alors que nous nous parlons à nous-mêmes, ou bien que le démon essaie de nous influencer. Par exemple, la Bible elle-même, qui est incontestablement la Parole de Dieu, peut être interprétée en totale opposition avec ce que Dieu a voulu nous dire.

Alors comment s'y retrouver ? Comment y voir clair si Jésus me parle par plusieurs de ces canaux mais de manière contradictoire ?

L'Église catholique nous enseigne que nous devons distinguer la Révélation publique et les révélations privées.

La Révélation publique est complète et définitive. C'est la Parole de Dieu, le Verbe fait chair : Jésus Christ, qui se fait connaître à travers l'Écriture sainte, reçue dans la Tradition, à travers l'interprétation du magistère de l'Église (le magistère de l'Église est l'enseignement officiel des évêques et du pape).

Cette Révélation est complète, mais nous n'avons pas fini de progresser dans sa compréhension. Nous pourrons toujours trouver de meilleures manières, ou des manières plus adaptée à telle époque et telle société, d'en formuler les mystères.

Les révélations privées sont des communications surnaturelles, sous différents modes possibles, de Dieu à certains de ses fidèles, pour les aider et aider leurs frères à vivre plus pleinement leur foi, ou à l'exprimer d'une manière particulière, adaptée à telle ou telle circonstance.

Voici ce que dit le Catéchisme de l'Église Catholique au sujet des révélations privées (n°67) :

Au fil des siècles il y a eu des révélations dites « privées », dont certaines ont été reconnues par l’autorité de l’Église. Elles n’appartiennent cependant pas au dépôt de la foi. Leur rôle n’est pas d’ « améliorer » ou de « compléter » la Révélation définitive du Christ, mais d’aider à en vivre plus pleinement à une certaine époque de l’histoire. Guidé par le Magistère de l’Église, le sens des fidèles sait discerner et accueillir ce qui dans ces révélations constitue un appel authentique du Christ ou de ses saints à l’Église.

La foi chrétienne ne peut pas accepter des « révélations » qui prétendent dépasser ou corriger la Révélation dont le Christ est l’achèvement.

Les nombreux mystiques canonisés qui, dans l'histoire de l'Église, ont été « favorisés » par ce genre de révélations, nous ont donné des critères de discernement sûrs pour savoir quand accueillir une révélation privée.

La Congrégation pour la Doctrine de la foi, instance du magistère de l'Église ayant une très haute autorité, nous confirme ces critères dans les trois documents suivants :
Normes procédurales pour le discernement des apparitions ou révélations présumées 
Normes procédurales pour le discernement des apparitions ou révélations présumées : note préliminaire 
Le message de Fatima
 

Critère de l’obéissance

L’un des critères principaux, pour le discernement de la véracité des révélations privées, est celui de l’obéissance : l’obéissance de la personne qui apparaît dans la vision ou qui parle dans la révélation (Dieu, un saint…), comme l’obéissance de celui qui reçoit cette révélation.
 

- Obéissance à la révélation publique

Jamais Dieu ne donnera en privé une révélation qui ira à l’encontre de ce qu’il nous a dit dans la Révélation publique. Une révélation privée authentique ne peut donc jamais être en contradiction avec les Écritures ni avec leur interprétation par le Magistère de l’Église catholique. Une révélation n’ira jamais à l’encontre d’un dogme.
 

- Obéissance à l’autorité de l’Église

Une révélation authentique ne demandera jamais à celui à qui elle s’adresse de commettre un acte de désobéissance envers ce que l’Église catholique demande à ses membres.
 

- Obéissance au supérieur direct

De nombreux saints mystiques nous ont donné l’exemple de l’obéissance envers leurs responsables directs, supérieurs religieux, évêques. Il est souvent arrivé que des révélations transmettent des demandes de Dieu à des saints, que leurs supérieurs n’ont pas voulu suivre. Dans ces cas-là, Dieu qui leur parlait leur a toujours dit d’obéir à leur supérieur, et de patienter jusqu’à ce que leur supérieur devienne réceptif, par la grâce de Dieu. 
 

- Obéissance au directeur spirituel

Saint Ignace de Loyola nous explique combien la frontière est fine entre une vraie inspiration, une inspiration du diable ou de notre propre imagination. Le mystique qui se fierait à son seul discernement, pour être sûr que c’est Dieu qui lui parle, serait bien présomptueux. Celui-ci se croirait donc meilleur spécialiste de l’Esprit Saint que sainte Thérèse d’Avila ou sainte Gertrude d’Helfta !

Il est bon pour tout chrétien d’avoir un accompagnateur spirituel, mais pour celui qui reçoit des messages divins, c’est indispensable. Tous les grands mystiques ont montré l’exemple de l’obéissance à leur directeur spirituel en toutes les démarches que celui-ci faisait pour éprouver la véracité de leurs révélations.

Si quelqu’un est trop attaché à une révélation pour accepter qu’un directeur spirituel la mette à l’épreuve, par exemple en lui demandant de faire, pendant un temps, autre chose que ce que préconise la voix ou la vision, en lui demandant de ne pas répondre quand elle lui parle, etc., celui qui n’est pas prêt à accepter cette mise à l’épreuve, est bien loin d’avoir le détachement que Dieu demande habituellement à ceux qu’il favorise de telles révélations.

Toutes les fois où des mystiques, ayant reçu des révélations, ont obéi à leur directeur spirituel, qui leur demandait de ne pas adresser la parole à Jésus lors d'une apparition ou révélation, ceux-ci ont toujours reçu des félicitations de la part de Celui-ci, pour leur obéissance.
 

Le critère de la liberté

On ne peut pas soupçonne saint Jean de la Croix de scepticisme, étant donnés tous les phénomènes spirituels qu'il avait lui-même expérimentés, et ceux que lui avait confiés sainte Thérèse d'Avila. Pourtant, il attire l'attention sur les dangers de l'attachement aux visions ou autres révélations surnaturelles privé

Il nous enseigne que si ces révélations, qu'elles soient vraies ou fausses, nous détournent de l'attachement au seul Seigneur Jésus Christ, et de la foi en la seule Révélation publique, alors ces révélations, mêmes authentiques, sont néfastes pour notre vie spirituelle, et nous éloignent de Jésus plus qu'elle ne nous en rapprochent.

Dans La montée du Carmel, il cite saint Pierre lui-même, qui refuse d'attacher de l'importance à la vision reçue au Mont Thabor (Transfiguration) :

Encore que saint Pierre fût si certain de la vision de gloire qu'il vit en la transfiguration du Christ - après l'avoir racontée aux fidèles en sa deuxième Épître canonique - il ne voulut pas qu'ils la prissent comme principal et ferme témoignage, mais les acheminant à la foi, il dit : Nous avons un témoignage plus sûr (que cette vision du Thabor) dans les dires et paroles des prophètes qui témoignent du Christ, auxquels vous faites bien de vous arrêter comme à la lampe qui éclaire en un lieu obscur (2P 1,19). Si nous considérons cette comparaison, nous y trouverons la doctrine que nous enseignons. Car, dire que nous regardions la foi annoncée par les prophètes comme la chandelle qui luit en ténèbres, c'est nous avertir de demeurer en obscurité, les yeux clos à toutes ces autres lumières, et qu'en cette ténèbre, seule la foi - laquelle aussi est obscure - soit la lumière où nous nous appuyions. 
 

Normalement, une révélation, une apparition, une inspiration, un signe de Dieu, ne devrait jamais être l'élément sur lequel nous nous appuyons pour prendre une décision.

Ces signes de Dieu peuvent être le déclencheur d'une prise de conscience et ils peuvent être des encouragements à persévérer dans une certaine direction, mais il faut que d'autres éléments majeurs nous poussent à aller dans cette direction.

Jamais Dieu ne nous inspirera d'agir en dépit du bon sens (agir avec audace n'est pas agir en dépit du bon sens). Jamais Dieu ne nous révélera notre vocation à travers une vision : quelque chose d'aussi fondamental doit être reçu de l'intérieur.

Sainte Teresa de Calcutta avait été informée, par la voix de Jésus, de son désir qu'elle fonde les Missionnaires de la Charité. Mais ce n'est pas à cause de ces révélations que l'évêque a fini par lui donner l'autorisation. C'est du fait du sérieux et de la profondeur de la vie spirituelle de Mère Teresa, de sa capacité naturelle à diriger, à faire face aux difficultés avec courage et sagesse. C'est parce qu'elle a proposé un projet qui tenait la route, répondant à un besoin réel, auquel ne répondaient pas les communautés déjà existantes. C'est aussi parce que plusieurs jeunes femmes étaient déjà candidates pour cette aventure.

Mère Teresa elle-même disait que peu lui importaient ces voix : elle garderait le même désir de fonder cette communauté, pour consoler le cœur de Jésus de la détresse des pauvres abandonnés, si les voix s'avéraient fausses. Et si l'évêque refusait définitivement, elle en concluerait que Dieu ne voulait pas cette fondation.

Par ailleurs, alors que Jésus lui avait indiqué le lieu qu'il souhaitait pour le noviciat, Mère Teresa avait transmis cette demande à l'évêque, tout en lui disant que s'il n'était pas possible d'avoir le Saint-Sacrement à cet endroit, elle aimerait qu'il lui en donne un autre.
 

Attention aux mélanges !

Souvent, Dieu nous parle vraiment, d'une manière ou d'une autre, et nous nous empressons de compléter ce qu'il nous dit : d'en tirer des conclusions bien humaines.

Si Dieu dit à une jeune femme : « Va à Paris dans la Chapelle de la Médaille Miraculeuse de la rue du Bac », cela veut dire qu'il lui demande de faire un pèlerinage. Quant à savoir s'il veut qu'elle devienne Fille de la Charité, c'est dans son cœur à elle, dans ses désirs profonds, qu'elle trouvera la réponse, pas dans cette parole.

Combien de chrétiens prennent des décisions précipitées en s'appuyant sur ce qu'ils interprètent comme un signe, ou en tirant des conclusions injustifiées d'un vrai signe !

Le jour où sainte Jeanne de Chantal fonda la Visitation avec saint François de Sales, elle lui demanda ce qu'ils fairaient s'ils n'arrivaient pas à surmonter tel obstacle. Il lui répondit : « Ce ne serait pas grave, cela voudrait juste dire que Dieu voulait que nous fondions la Visitation pour un seul jour. » Mais nous refusons souvent d'accepter que Dieu ne nous montre la direction que pour aujourd'hui.

Les apôtres l'ont expérimenté, eux qui avaient bien reconnu que Dieu leur parlait. Mais quand Celui qui leur parlait est mort sur la Croix, la plupart d'entre eux en ont déduit qu'ils avaient fait une erreur de discernement en écoutant sa Voix. Pour eux, avoir le Messie parmi eux impliquait forcément, logiquement, que Dieu veuille enfin leur donner la victoire contre leurs ennemis terrestre, comme Il le faisait dans l'Ancien Testament.

Ainsi, les Normes procédurales pour le discernement des apparitions et révélations présumées envisagent la possibilité qu'une erreur doctrinale dans une apparition, ou autre révélation, puisse être due à un ajout inconscient de l'imagination, et non à une révélation entièrement fausse. Dans la liste des critères négatifs indiquant la fausseté d'une révélation, ils précisent :

b. Erreurs doctrinales attribuées à Dieu lui-même, à la Bienheureuse Vierge Marie ou à un saint dans leurs manifestations, compte tenu toutefois de la possibilité que le sujet ait ajouté – même inconsciemment – des éléments purement humains, voire quelque erreur d’ordre naturel, à une révélation vraiment surnaturelle (cf. saint Ignace, Exercices, n°336).

 

Pour conclure, citons saint Paul :

N'éteignez pas l'Esprit,  ne dépréciez pas les dons de prophétie, mais vérifiez tout : ce qui est bon, retenez-le. (1Th 5, 19-21)

 

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Commentaires

Je n'explique pas ce fait.
J'y ai réfléchi, et tu as raison. Padre Pio cachait ses stigmates.

J'ai tellement besoin de transmettre ce que je reçois gracieusement. C'est, ce serait tellement merveilleux de pouvoir partager. C'est comme un si beau paysage que l'on voit tout seul, une musique merveilleuse, un tableau, ou même des chatons qui s'amusent...

Bref. Je n'ai pas cette humilité là. J'ai tant et tant et tant reçu, gratuitement.

Après, ''mystique'', c'est un mot. Je suis une créature de Dieu, aimée de Dieu. Ce pour quoi je suis fait, peut-être que je ne le saurai vraiment qu'après. Je ne suis pas comme les autres. Et le Seigneur me demande constamment de ne pas changer, d'être moi, d'être. On ne se refait pas. Il faut être vrai.

Après, si toutes les cinq minutes, tu me ressors que ce n'est plus utile de m'écrire, ce serait plutôt à moi d'en juger, si tu m’apportes ou pas. J’ai apprécié, mais libre à toi, à nouveau.
Et cela sonne à chaque fois comme une menace.
Et finalement, je comprends certains mots de Michaël. C'est toi qui détiens les clefs. Je suis ton invité. Ce que tu as à faire, fais-le!
Si ma présence te gène, tu n'as qu'un mot à dire. Pendant des mois, tu remarqueras que j'ai respecté ton choix. Mais ceci, tu le sais.

Tiens, ce soir, je t'embrasse petite sœur.
Je viens de lire juste à ma droite :''Ose la tendresse!''. Tu devrais essayer. C'est si bon.
Très souvent, j'appelle Jésus par ce nom :''Tendresse''.
Sois aimée.

A plus... peut-être... Catherine décidera…
En tous cas, ne dis plus que j’interprète tes propos.
Quand on regarde un tableau, on ne remet pas tout en question à chaque fois.
Tu prends trop chaque mot et tu le décortiques. Tu manques d’une vue d’ensemble.
Finalement, je me demande parfois si tu écoutes aussi bien que cela.

Chacun de nous est une œuvre de Dieu.
Sois belle et …

Claude

Portrait de Cat-modératrice

Ce n'est pas une menace, Claude. Je vous ai dit que j'acceptais de reprendre les conversations théologiques avec vous à condition que vous me permettiez d'avoir un point de vue différent du vôtre sans me répondre chaque fois par des accusations.

Vous ne m'accordez pas cela, et à mes yeux il n'est pas bon d'en parler indéfiniment.

Cela ne veut pas dire que vous ne soyez pas le bienvenu sur ce site ou que je vous rejette à titre personnel.

Si vous voulez me donner de vos nouvelles, ou discuter d'un sujet différent sur lequel vous acceptez de débattre avec quelqu'un n'ayant éventuellement pas le même point de vue que vous, je suis là.

La tolérance.

Je ne dirai jamais ce que tu veux ou attends que je dise. Car je n’en suis pas capable. Si j’en étais capable, je ne le voudrais pas.

Pourquoi ?

Parce que je ne voudrais pas me conformer à l’esprit de quiconque.
Je ne suis ni de Paul, ni de Pierre, ni de quiconque parmi mes frères uniques et différents de moi. Et personne ne doit me suivre moi ou songer un instant à me ressembler. Car c’est là perdre son identité, son unicité.

Constamment, tu me dis que je t’accuse.
Constamment, je te dis qu’il y a divers niveaux de lectures.

Jésus n’était pas toujours compris.

Pourquoi ?

Il le voulait ainsi.
Celui qui veut le suivre, après avoir été choisi, devra faire ses preuves et s’engager vraiment.
Que ceux qui ont des oreilles entendent…
Afin qu’il n’entendent pas, ne comprennent pas… etc.
Tous les discours en parabole… qui interrogent, instruisent.

Débattre contient le mot ‘’battre’’.

Nous sommes des élus.
Le langage qu’Il parle, seul Lui peut le comprendre, donc, seul, l’Esprit, le Paraclet qu’Il nous as offert, accordé.

La lettre dont je te parle qui est adressée au prêtre en est un bon exemple. L’Amour caché, et pourtant si présent.
Une seule lecture, et j’aurais perdu ce frère en tant qu’ami.
Est-ce ce que je voulais ?
Il est mon ami pour l’Eternité. Plus, il est vraiment mon frère. Car il a fait l’effort.
Lui, il m’avait vu. Nous avions échangé. En lui, il savait qu’il ne pouvait y avoir entre nous ce qu’il a d’abord saisi en lisant cette lettre.

Comment un Claude peut-il écrire une lettre d’Amour sous les traits d’une lettre agressive, contenant des reproches ?
Comment en est-il capable ?
Et quel en est le but ?
N’est-ce pas d’aller chercher quelqu’un bien plus profond en lui ?
Y est-on parvenu ?
Et qu’y a-t-il au fond de soi, sinon soi et la paix, la sérénité, et l’Image du Père, soi tel que le Père l’a créé, à Son Image et Ressemblance, avec l’Esprit du Père, car nous sommes chrétiens.

Je ne sais pas ce que c’est qu’une conversation théologique.
J’ai quitté le lycée à seize ans, et je l’ai dit maintes fois, je n’ai pas de culture.
J’ai été opéré d’une tumeur au cerveau et pendant des mois, j’ai eu besoin d’une orthophoniste. Je ne comprenais plus, je ne savais plus parler correctement et être compréhensible autour de moi.
Un ami m’a téléphoné à l’hôpital. Je l’ai vouvoyé sans savoir qui il était.

Tu me dis que je ne t’accorde pas ceci ou cela, que je te refuse un droit, etc., et je t’ai expliqué que je ne m’en rends pas compte, que je parle à un degré différent du degré perceptible selon l’esprit de ce monde.

Je t’explique que je promène dans le Jardin d’Eden, ou je crois te l’avoir expliqué, et il ne faut pas prendre mon propos à la lettre, mais bien le mesurer et en saisir le sens.
Parler pour parler, cela signifie quoi ?
Lorsqu’Il parle,me parle, je mange, Il me nourrit.
Je ne peux pas parler pour rien dire, selon les règles de ce monde, la courtoisie, etc., le politiquement correct. Je ne peux pas parler pour le néant. Car rien ne doit se perdre. Tout doit Lui revenir ayant donné du fruit.

Des perles à des cochons, je n’y tiens pas non plus, car tous les hommes sont mes frères, bien plus que des cochons, envahis de démons, se jetant à la mer.

J’espère toujours plus, surtout pour ceux qui sont perdus et ne reviendront plus.

Je suis, tout simplement, et peut-être, bien véritablement.

Je n’ai pas peur de te dire ‘’je t’aime’’, dès qu’Il en est Garant, que je ressens en moi mon Seigneur qui adore Ses enfants. Sans quoi, je ne dis rien. Car nul n’est bon en dehors de Dieu, et nul ne peut promettre, et je ne promets pas. Je vis l’instant présent, parfois intensément.

Si Jésus me dit : ’’Eloigne-toi Satan !’’, je Lui rends grâce et je Le bénis, et je me remets aussitôt en question sans L’accuser d’agression, puisque je sais qu’Il m’aime.

Des fois je te dis que lorsque tu t’adresses à moi, tu t’adresses forcément à Celui qui réside en mon âme.

C’est énorme ce que je dis là, et si simple à la fois, si entendu, puisque, annoncé par le Maître, par Jésus Christ.

Je te dis des mots comme ; « Nous sommes Arche », car nous contenons Dieu, Celui qui nous possède, Qui S’est offert à nous.

Je te parle d’Adam qui a condamné Dieu Le traitant de menteur en passant un accord avec le Diable en qui il croit. Je te parle de ce jugement là, de cette accusation de mensonge à l’égard de la Vérité, et tu ne relèves pas, tu n’échanges pas, tu n’approfondis pas.
Pourtant, je ne te parlais pas encore directement de toi.

Tu me demandes de parler d’un sujet différent.
Dans une heure, je ne saurai plus ce que j’ai écrit sur cette lettre.
Je parle comme cela vient, sur l’instant, et là parce que je viens de te lire et de relire, essayant de bien comprendre le sens de tes mots.

Je l’ai dit à toi ou à Michaël, que chaque matin, entrant en oraison, je ne me souviens pas de l’oraison de la veille, et tout est nouveau à chaque fois.

J’écris tout sur des pages de cahier. Je fais oraison un stylo à la main. Peut-être à cause de l’opération du cerveau et de mon impossibilité à mémoriser ce que je lis, peut-être pour laisser quelque trace que je relis parfois.

J’ai commencé ce matin mon 390ème cahier grand format de 96 pages.
Presque risible n’est-ce pas ?

Bien sûr que j’accepte de débattre. J’essaie. Je fais ce que je peux avec celui que je suis, avec ce que je sais, que j’ai, et rarement sans Dieu qui me tient pas la main, me nourrit et me lave.

Est-ce bien cohérent, perceptible pour toi ?
Est-ce insensé, en dehors de la Loi… en dehors de l’Amour ?
Mes propos sont-ils fous, méchants, humiliants, et fruit d’un esprit mensonger ?
Je ne le crois pas, car cela ne correspondrait pas à ce que je ressens en moi.

Je te fais des romans que je crois compréhensibles et non agressifs.
Pourquoi ne relis-tu jamais les courriers en attendant le calme et la paix en ton cœur. Mais ce n’est pas une accusation. Peut-être le fais-tu ?

Parfois, certains mots que je lis m’agressent ou me font mal. Je les laisse de côté avant de revenir et relire à nouveau, même après l’oraison, ou pendant l’oraison.

Bref… si je peux dire bref, vu que je ne le suis jamais.
J’ai plaisir à m’exprimer.
L’esprit d’un ermite est bouillonnant, même si on le croit endormi et inerte.
Après, suis-je compréhensible ?
Je vis dans une grotte, taillée dans le Roc.

Dommage que tu n’aies pas perçu tout ça depuis longtemps, quand un Michaël, en quelques lignes, décrit des traits de caractère qui m’ont rempli d’enthousiasme et de joie. A un moment où je ne m’y attendais absolument pas, par une espèce de télex reçu tout au fond de cette grotte et que j’ai du relire une dizaine de fois depuis qu’il l’a écrit.

C’est comme ça. C’est ça la vie d’un Claude.

Cher Claude,

Bien qu'ayant exprimé le souhait de quitter ce forum, j'ai revu ma position suite à une erreur d'appréciation. Cat n'avait pas censuré mais déplacé et réorganisé, ce que je n'avais pas vu. Donc autant pour moi et ce n'est pas bien grave non plus. Par contre, le fait de "discuter" n'est pas une chose qui m'intéresse beaucoup à condition que nous puissions entrer dans des discussions constructives. C'est à dire qui nous font avancer et nous amènent quelque part. J'ai donc proposé quelques rubriques en ce sens et deux nouveaux articles ont été ouverts, l'un sur la compréhension du Notre Père et l'autre sur la question de l'enfer, du purgatoire et du paradis. Mais il faudrait aussi, à la suite de ton post, en ouvrir un autre sur la question de l'Amour, ce que j'avais proposé, tant ce mot est devenu aujourd'hui vidé de son sens et n'évoque plus que la sphère de l'affectivité et de la sexualité. Hors, si nous lisons la définition de Christiane Singer (et qui reprend aussi une affirmation d'un grand théologien du temps passé mais dont je ne me souviens plus du nom) : "l'amour n'est pas un sentiment mais la substance même de l'univers". On va donc déjà bien plus loin que cette notion de "sympathie". On peut aussi se référer au dernier vers de la Divine Comédie :" l'Amour qui fait se mouvoir les soleils et les étoiles" et qui implique ici une notion de dynamique, de force créatrice. Une substance et un mouvement pour résumer. Le véritable amour est ce qui donne la vie et n'a dès lors qu'un rapport lointain avec la sympathie. Celui qui donne est dans l'amour, celui qui prend non. Bien sûr, ce serait préférable d'avoir des rapports sympathiques et chaleureux mais il est vrai qu'ils sont devenus très rares tellement nous sommes habituées à la haine immédiate et le rejet. On pourrait dire que naturellement les hommes se haïssent et c'est une expérience qu'on peut faire partout, au point ou, comme le disait Jean-Jacques Rousseau, "la haine est le véritable ciment de la société". N'oublions pas que l'enfer c'est ici, "sous nos pieds" et quand on entre dans une dynamique de don, qui est une dynamique vital, nous sommes très souvent rabroué et rejeté. L'homme rejette l'amour véritable et incline donc facilement dans la haine. Dans l'Eglise c'est la même chose puisque nous avons à faire à des hommes. On pourrait dire oui, mais justement, "pas là" vu que cela entre en contradiction avec les "commandements". Mais si, là aussi, et même souvent beaucoup plus. Je pourrais écrire longuement sur cette question mais ce qu'il faut voir c'est qu'il faut se méfier de ne pas réduire l'amour à sa sphère sentimentale et sympa. Il y a plein de gens très sympas et très égoïstes qui ne donnent rien et d'autres, plus rares, d'allure sévère, qui donnent beaucoup. Sur le plan du catholicisme, la question est de savoir ce que veut dire "aimer Dieu", condition pour pouvoir aimer son prochain, puisque celui cela ne peut émaner qu'a partir d'une expérience de l'amour de Dieu. Aimer Dieu veut dire "faire sa volonté" et qui est celle d'exercer sa charité (répandre l'amour d'une manière totalement gratuite). Cela ne veut pas dire être d'accord sur tout et aller dans le sens de l'autre pour lui faire plaisir. La relation humaine franche peut être par moments dures mais elle doit être authentique et honnête. Bref ne pas sombrer dans un monde bisounours qui cache toutes les réalités et à laquelle notre monde, qui fonctionne en permanence sur l'émotionnel, nous a habitué. Il y a l'amitié et la vérité et les deux marchent ensemble. L'amour véritable divise (et c'est en ce sens que l'on peut comprendre les parole de Jésus "je ne suis pas venu apporter la paix mais le glaive de la division". Ici, l'amour est clairement lié à la vérité.

Après, les problèmes de mésententes sont aussi très largement liés à des questions d'ordre psychologique. Lorsqu'on l'a a affaire par exemple à des personnes qui s'identifient farouchement à leurs croyances, toute critique de celles ci est vécue comme une menace pour leur identité et donc leur personne. Une chose très fréquentes dans les religions, surtout monothéistes d'ailleurs. Il ya donc beaucoup de catholiques qui ne supportent pas que l'on puisse par exemple remettre en cause les dogmes ou l'organisation de l'Eglise (puisque d'ordre divin) et deviennent ainsi très agressifs et essaient de vous casser. On peut appeler ca le "fondamentalisme". Le fait de s'accrocher d'une manière aveugle à ses croyances, et en les mettant au delà de toute critique, est la cause de nombreux conflits. Donc, à moins de refuser toute relation, ce qui est au fond la manière d'être la plus répandue que de rester chez soi et entre soi, dès lors qu'on communique, les conflits sont rarement évitables. Dans ce cas, soit on cherche à apaiser soit, si ce n'est pas possible, on s'en va et tout s'arrête. Mais on touche ici évidement à la question centrale du christianisme qui est un vaste "réseau de relation" et dans lequel nous ne pouvons vivre notre foi que dans la communication. "L'home est ontologiquement un être de relation" disait St Augustin. Et c'est bien parce que la communication véritable est morte un peu partout, et aussi au sein de l'Eglise, que la foi vacille. Si les chrétiens désertent l'Eglise c'est parce qu'ils n'y trouvent pas une communication ouverte et accueillante et ainsi tout commence par là, par l'ouverture, l'écoute et l'accueil. Tout commence par le rétablissement de la communication. L'Amour étant une dynamique oscillant entre le sens de l'accueil et le sens du don et dont le fruit est le partage. Nous avons ici le modèle trinitaire de l'amour que l'on peut résumer par "Au nom du Père je donne, au nom du Fils je reçois et au nom du Saint Esprit je partage". On peut être ainsi très catholique et très éloigné en pratique de cette réalité, de la réalité de l'Amour. C'est à mon sens le seul travail qu'il faut faire de nos jours ou le manque d'amour est général, dans la société et dans l'Eglise.

C'est ce que j'appelle "oeuvrer concrètement pour un monde meilleur" et qui ne peut reposer à mon avis que sur cette phrase de l'Evangile "faites aux autres ce que vous aimeriez que l'on vous fasse, voilà toute la loi et les prophètes". Je proposerai bientôt un nouvel article qui présentera une démarche concrète en ce sens. Il faut ajouter qu'il est très important de faire des choses ensemble, de construire plûtôt que de "parler" (et en définitive ne parler que de soi) parce que c'est par "le faire" que nous pouvons entrer dans une véritable dynamique de l'amour. Et partout, on parle à n'en plus finir et tellement qu'on ne s'entend plus. Il faut bien savoir que bien que nous vivons à l'ère de l'hypertechnologie de la communication, l'incommunication devient chaque jours de plus en plus profonde. C'est d'ailleurs pour ca qu'après avoir perdu près de 25 ans sur internet à tenter de communiquer pour construire, je me suis pratiquement totalement déconnecté. Maintenant, est-ce que toutes cette lourde et intense expérience n'a pour avenir que de disparaitre définitivement dans la solitude la plus totale ou va-t-elle enfin arriver à s'exprimer et à être utile par les biais de ce forum? Nous verrons bien et je vais tenter l'expérience. Donc pour résumer, deux nouvelles pages à créer : "Qu'est-ce que l'amour ?" et "Construire un monde meilleur".

Portrait de Cat-modératrice

Bonjour Michaël,

Je viens de créer les deux publications que vous avez demandées, mais n'hésitez pas à le faire vous-même la prochaine fois.

Donc, pour continuer la conversations sur les deux thèmes suivants, vous pouvez cliquer :

Qu'est-ce que l'amour ?

Comment construire un monde meilleur

Bonjour Cat, merci et j'ai bien compris. Je vais essayer de me concentrer cependant sur ce qui me parait essentiel et ainsi le sujet de la construction d'un monde meilleur, ce qui est au fond, et je citerai des points précis de la doctrine catholique qui l'expriment, le mouvement naturel de la foi chrétienne. Je vais partir quelques jours et je verrai tranquillement ca à mon retour.

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