Il est encore plus important d’annoncer le bien, l’espérance, la beauté, que de dénoncer le mal. Bien plus important. Être conscient du mal en nous-même ou au sein de notre Église est aussi vraiment nécessaire, car le salut1 suppose la prise de conscience du péché et la volonté de s’en détourner2. Mais le monde manque beaucoup plus d’annonciateurs du beau et de l’espérance que de dénonciateurs du laid et du mal. 

Toute les fois où j’ai pris le train entre Aix-en-Provence et Marseille, j’ai vu un message incomplet. En haut d’un immeuble, il est écrit en immense : « Christ est mort pour nos péchés ». C’est vrai, mais si on n’annonce que cela, ceux qui vont nous croire vont tomber dans la dépression ou la révolte. Blaise Pascal a écrit : « Il n’est pas bon que l’homme connaisse sa misère s’il n’en connaît le remède. »

Jésus n’est pas venu pour souffrir, il est venu pour nous entraîner dans sa résurrection, nous entraîner dans la vie. Parfois cette vie déborde en nous comme un torrent. Parfois c’est une source cachée à nos yeux, qui agit en nous imperceptiblement mais sans que rien ne l’arrête. Jusqu’au jour où elle pourra enfin déborder. Il est vrai que cette source peut se tarir, si quelqu’un qui a vraiment compris qui est Dieu décide de le rejeter, ou si quelqu’un est totalement indifférent aux besoins des autres. Mais jusqu’à la mort, toute source tarie peut se remettre à couler, quel que soit le poids des pierres qui l’en avait empêché. 

Il est bon d’être conscient du mal qui existe dans notre monde, autour de nous et en nous. Souvent nous n’en sommes que trop conscients. Il faut dénoncer le mal mais il ne faut pas faire que cela. Il est encore plus important de prier pour que l’Esprit Saint ouvre nos yeux à tout ce qui est bon et beau dans les êtres humains, même souvent des êtres humains traversés par le mal.

Et le monde a besoin qu’on lui annonce ce bien et cette beauté. Il y a trop de tentations de désespoir. On a besoin de voir ce qui est bon et ce qui est beau pour qu’en nous se renouvelle le désir de faire le bien et d’être unis à Jésus. Seule l’union avec Jésus peut développer en nous ce qui est bon et beau, ce que nous sommes vraiment. Certains vivent cette union avec Jésus sans même savoir qu’il existe.

Jésus nous a demandé d’annoncer la Bonne Nouvelle plus que les mauvaises nouvelles. Il est beaucoup plus difficile d’attirer une personne vers Jésus en lui disant qu’elle est mauvaise qu’en lui faisant découvrir combien Jésus est bon, et combien ce qu’il propose vaut la peine d’être vécu.

Le monde a besoin de témoins qui voient le bien !

_______

1. Le salut est le fait d’être sauvé par Jésus, de choisir le bien et d’être avec Dieu pour l’éternité.

2. Cette prise de conscience peut se faire quand la personne se trouve face à Dieu au moment de la mort. Si elle regrette son péché il est encore temps d’accueillir le salut.