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comment apprivoiser la solitude dans le célibat

bonjour

j’ai cette question sur la solitude qui m’habite de plus en plus “comment dans mon célibat vivre celle-ci au mieux?” cette souffrance de la solitude je crainds qu’elle ne vienne m’assaillir et devienne une tentation pour trouver vite une réponse à ce manque m’empêchant finalement de vivre une rencontre sérieuse. Je souhaite vivre avec patience cette étape pour que la rencontre avec un homme débouche vraiment sur une vie à deux  dans l’engagement au mariage.

j’essaie de mettre à distance ce besoin de ne plus être seule mais il est important en moi. J’ai déjà 44 ans et finalement depuis “ma conversion” à l’âge de 20 ans découvrant l’amitié de jésus son amour pour moi. J’ai cru jusqu’à présent que Jésus m’appelait à la vie consacrée et je vécu dans cette voix jusqu’à présent .

Mais voilà après un travail sur moi je découvre et m’ouvre à suivre avec Jésus le chemin de la vie à deux .Ce changement  dans ma vie actuelle ne peut pas se faire du jour au lendemain c’est évident. En m’ouvrant à une nouvelle réalité à de nouvelle relation avec prudence et surtout en choisissant de ne pas me replier sur moi et fuir pour ne pas me tromper moi-même .J’aimerais avoir d’autres regards sur ce que j’essaie d’exprimer pour avancer . Pour moi aujourd’hui je découvre cette solitude comme jamais auparavant ayant vécue dans une famille de 6 enfants ayant vécu finalement à peine un an seule en appartement puis en vie communautaire durant 20ans cette expérience de la solitude m’est une épreuve “crucifiante” .

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  1. Filippo

    J’ai d’abord envie de prier

    J’ai d’abord envie de prier pour vous et d’inviter tous les visiteurs du site à faire de même. Connaissant de nombreux ex-consacrés, je peux dire que je connais assez bien la douleur de subir un célibat non choisi qui vous tombe dessus du jour au lendemain. Il est bien sûr différent de celui qui est éprouvé par des personnes non consacrées qui atteignent la trentaine et commencent à désespérer de se marier. Ceux-là vivent leur épreuve sur la longue durée, non pas comme le “coup de tonnerre” d’une sortie brutale de vie consacrée.

    Je compare volontiers cette sortie à un deuil. Pendant deux ou trois ans, sauf exception, la personne passe par les étapes habituelles d’un deuil : choc, déni, colère, tristesse, résignation, acceptation, reconstruction. Ces étapes ne sont pas toutes obligatoires, mais il est fortement déconseillé de vouloir brûler les étapes, faute de quoi le deuil ne sera pas complètement fait, et on ne sera pas libre pour engager sereinement le chemin vers le mariage.

    Souvent, pendant cette période, il faudra accepter de vivre au jour le jour, accroché au bon Dieu jusqu’à ce qu’un certain équilibre s’installe. Il faut également ce long temps pour se faire progressivement à l’idée que, oui, le temps est mûr pour engager une relation avec une personne de l’autre sexe en vue du mariage. Ce serait clairement une fuite que d’engager ce type de relation avant d’avoir fini son deuil, et donc ce serait une malhonnêteté vis-à-vis de la personne rencontrée.

    L’aide d’un père spirituel ou d’une personne de confiance est hautement conseillée pendant cette période, faute de quoi on risque d’être aveuglé, de faire de graves erreurs, de vouloir aller trop vite pour son propre malheur et celui des personnes rencontrées.

    J’en viens à “que faire pendant cette période”. Je dirais : tenter de vivre le plus normalement possible. Travail, famille, amis, occupations absorbantes et gratifiantes. La douleur est impossible à supprimer, mais il est bon de s’investir, souvent à fond, dans des activités, pour que le retour seul le soir dans l’appartement soit supportable. Comme ça, on sait que “demain je ferai cette activité que j’aime beaucoup”, et la soirée seul est moins douloureuse. Les sorties entre amis peuvent être très bonnes, pour s’ouvrir aux autres, ne pas rester dans son coin. Toutefois, attention à ce qui a été dit plus haut : pas de relation poussée avec une personne de l’autre sexe tant que l’équilibre n’est pas trouvé.

    La prière personnelle peut être d’une grande aide, pour peu qu’elle soit supportable, c’est-à-dire pas trop longue. La douleur peut être tellement violente qu’on ne peut même plus prier. Alors, il ne faut pas insister.

    Mais pouvoir dire au Bon Dieu : “J’ai subi des injustices graves, je ne comprends pas pourquoi je n’ai pas pu aller au bout de ce chemin vers la vie consacrée, j’ai l’impression d’être sur la croix avec toi, soutiens-moi ici et maintenant, minute après minute, sinon je m’effondre”, ça c’est vraiment une prière que Dieu entend et qui permet, justement, de tenir jour après jour.

    Il ne faut pas se leurrer : ce deuil peut être aussi violent qu’un deuil “habituel”, un décès. Il est donc “normal” qu’il engendre de forts mouvements intérieurs. On a parfois l’impression d’être à la limite du supportable. C’est là qu’on apprend vraiment que Dieu ne nous laisse pas tomber, qu’il nous tient la main, qu’il nous prend dans ses bras.

    Voilà ce qui me vient, repensant à mes amis ex-consacrés, en lisant votre question.

  2. Evangéline

    Bonjour Nathalie,

    Bonjour Nathalie,

    Je vais prier pour vous comme pour tous les ex-consacrés ou en voie. Moi, même, j’ai cheminé vers la vie religieuse, puis à cause d’une mauvaise santé, j’ai vu que cela ne pouvait se faire. Enfin, on me l’a imposé de ne pas pouvoir entrer en monatère. Ensuite, j’ai cheminé vers Vierge Consacrée, c’était vraiment quelque chose qui était en moi, très très fort. A 8 jours, de ma consécration, j’ai eu de gros soucis par rapport à des personnes qui ont été dire des choses pas gentilles sur moi et ça a fait tout gâcher et donc, plus de Vierge Consacrée.

    J’ai mis deux ans, pour pouvoir déjà un peu le digérer. J’en ai voulu à toute ma paroisse et je leur en veut encore un petit peu, mais bcp moins, puisque j’ai pas lâché Jésus, mais j’ai pris une année sabbatique comme je dis de ne plus aller en paroisse ou que pour les grandes fêtes.

    En août dernier, je suis allée au “vert” dans l’abbaye cistercienne que j’aurai aimé entrer et j’ai pris un temps et ça m’a tout de même fait bcp de bien, car les soeurs ont prié pour moi, pour que je trouve la paix.

    A ce jour, j’ai 48 ans, je cherche tjs ma voie : mariage ou céliba…j’avoue que je ne sais plus. Le mariage me fait peur et le céliba, je le sens pas…mais bon, j’ai mon accompagnement spirituel une fois tous les deux mois et je verrais bien.

    Je suis plus en paix, je suis moins en colère, disons même plus en colère, je laisse faire les choses finalement. Je prie et je fais confiance en Jésus. Je pense que ça ne lui plaît pas que ça m’a fait du mal et je sais qu’il ne me laissera pas tomber.

    Voilà, mais oui, c’est tout de même douloureux.

  3. MarsB

    Bonjour,

    Bonjour,

    J’ai moi aussi une expérience de vie consacrée, et ‘revenu’ dans le monde depuis plus de 3 ans j’ai cheminé. Ce que Filippo dit, est correct.

    J’avais suivi une session pour les célibataires, et j’ai compris l’essentiel pour un célibataire: c’est aimer. Vivre le moment présent ‘abasourdi’ d’amour. Se donner à l’autre que tu rencontres. On remet son désir à Dieu, et puis on aime dans le moment présent, on cherche des moyens d’aimer et de grandir en amour. Il faut chercher à construire un bon cercle d’amis, aller là où tu te sens bien. Je fais un peu du sport, cela me détend, et j’essaie d’aller à des activités avec des amis croyants (activités de prière et/ou de détente).

    Je crois qu’il ne faut pas s’accrocher trop à un idéal de vie à deux; si cela se présenterait, oui, mais tant que ce n’est pas le cas, apprendre à rester ouvert à l’autre que tu rencontres. Devenir joyeux et heureux des petits moments de bonheur que Dieu nous offre chaque jour (la nature, les personnes rencontrées,…). Tu attires les autres par ta propre joie et ton coeur ouvert. Voilà pourquoi il est important de passer par cette période de deuil, pour ‘ressusciter’ après. Ce n’est pas l’autre qui sera ton sauveur, mais le don de toi-même à l’autre.

    J’ai pâti de la solitude dans mon adolescence et je me culpabilisais de voir dans le mariage une ‘solution’ pour cette solitude. Non, il y a toujours une certaine solitude en chaque homme, aussi dans le mariage. Le conjoint n’est pas le sauveur, il est pauvre comme chacun de nous; on ne peut pas lui donner un fardeau! Mais je vois le mariage comme une école d’amour. Mais même en dehors du mariage, la vie est une école d’amour… La question qui m’aide dans le moment présent, c’est: “Comment, dans quel milieu vais-je pouvoir aimer et grandir en amour?”

    On sera le plus heureux dans l’état de vie où on peut se donner le plus concrètement à l’autre, je pense. Moi, avec ce qui me caractérise, mes dons et mes faiblesses, je sais maintenant que je serais le plus heureux dans des relations personnelles très concrètes, et non dans une vie communautaire et moins personnelle. C’est pourquoi je veille à élargir mon cercle d’amis et à construire un réseau de relations personnelles. Idéalement, je désire le mariage aussi, mais je suis réaliste et je pars du moment présent. C’est ça qui me rend heureux aujourd’hui. Demain, c’est un autre jour.

  4. Cat-modératrice

    Bonjour Nathalie,

    Bonjour Nathalie,

    Moi aussi j’ai connu une terrible solitude après avoir cheminé vers la vie consacrée. Comme le dit MarsB, il y a toujourd une solitude en chaque homme, quel que soit l’état de vie.

    La solitude du célibat, solitude qui était peut-être partiellement comblée dans la vie communautaire pour ceux qui sont passés par une expérience de vie consacrée, est un cri de soif de notre cœur qui aspire à l’infini. Ce cri de douleur est une prière qu’il ne faut pas étouffer.

    Contrairement aux bouddhistes, nous n’aspirons pas en premier lieu à la sérénité. L’homme parfait, Jésus, a souffert la tristesse et l’angoisse, il a pleuré sur les péchés de ses proches et devant la mort. Nous ne devons pas en premier lieu asprirer au confort intérieur.

    Le cri de souffrance de notre cœur dans la solitude du célibat est une occasion de se mettre devant Dieu et de laisser notre cœur lui exprimer toute notre aspiration à l’amour et au bonheur. Il faut prendre conscience de ce gouffre en nous, et refuser de le combler avec quelque chose de moins grand que le plan de Dieu sur nous.

    Je pense que c’est en méditant sur la beauté infinie de Dieu, sur notre soif d’infini, en prenant conscience que cette soif en nous est une forme de soif de Dieu, soif d’un amour infini, que nous pouvons être protégés de choisir une mauvaise voie pour combler ce manque. Finalement, c’est en faisant grandir cette soif, en prenant davantage conscience de cette soif de communion et d’amour en nous, que nous deviendrons incapable d’accepter autre chose que Dieu en réponse à cette soif. La réponse de Dieu pouvant être, le moment venu, de nous faire rencontrer la personne qu’Il veut nous donner pour nous aider à cheminer vers lui.

  5. nathalieD

    remerciement

    je vous remercie de vos réponses et de votre soutien. je vois bien en avançant que l’engagement comme le dit philippo n’est pas pour maintenant .Le deuil on m’en avait parlé mais je ne le percevais pas .

    Je me suis réinscrite sur le site car il m’offre de construire avec ces échanges la juste maturité de la rencontre sérieuse . Jésus écrit droit avec des lignes courbes.

    Je souhaite poursuivre cette réflexion de la solitude . J’ai écris au sujet d’elle comment “l’apprivoiser ” oui je pensais au petit prince ” créer des liens ” comment créer des liens avec quelqu’un avec une réalité de notre vie si ce n’est en l’expimant ?en l’accueillant même si cela fait souffrir plutôt que la fuir en la comblant .

    Exprimer et accueillir ? n’est-ce pas aussi un des aspects bénéfiques de ce site ?

    aujourd’hui c’est délicat difficile d’exprimer ce désir de la rencontre sérieuse en vue du mariage avec en plus le désir que l’union des corps vienne seulement après encore plus fou à 44 ans n’est-ce pas! Eh bien si aujourd’hui je l’écris dans mon profil c’est grâce à ce 1ér mois d’échanges sur le site . Je crois que c’est possible et d’autant plus essentiel qu’il sera source de bonheur durable dans le combat de la vie

    La vie est un combat qui me semble permanent mais avancons en eau profonde avec vous à la suite de jésus merci et à une prochaine réflexion.

    nathalieD

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