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Comment pardonner l'impardonnable ?

Portrait de Alouette
Question développée: 

Je voudrais savoir si vous savez comment pardonner comme le demande le Seigneur des choses dures que les autres nous infligent ?

 

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Commentaires

Portrait de Cat-modératrice

Bonjour Alouette,

J'ai été moi-même bien des fois confrontée à cette question... 

Je pense que la réponse est dans la parole de Jésus : "À l'homme c'est impossible, mais à Dieu tout est possible".

Nous ne pouvons pas humainement pardonner l'impardonnable... L'injustice, la trahison, la violence... Nous ne pouvons que désirer pardonner.

Je crois qu'il arrive souvent que nous n'arrivions même pas à désirer pardonner. Cela est tout à fait compréhensible lorsque l'on a vraiment souffert. Cela peut aussi être dû à la peur de redevenir vulnérable.

Il faut savoir que Dieu ne nous en veut pas de ne pas réussir ainsi à pardonner, ou à cesser d'avoir peur. Ce qu'Il attend de nous, c'est notre confiance filiale, et donc en premier lieu que nous ayons confiance qu'Il ne nous juge pas d'éprouver ce que nous éprouvons.

Il faut aussi accepter que ce soit un processus qui prendra du temps. Et dans ce processus, la seule voie possible, c'est de tout attendre de Dieu : lui demander la grâce de pardonner ; lui demander la grâce de ne pas avoir peur de pardonner ni de demander cette grâce ; demander la grâce de désirer pardonner, et s'il le faut, la grâce de désirer le désirer...

Avec Dieu, rien ne peut être sans issue : demandons la grâce de croire en son amour infini et tout puissant.

Bonjour,
Notre œuvre, UEDLP, qui consiste à prier pour les enfants maltraités mais aussi et surtout pour les adultes maltraitants est souvent confrontée à cette question.
Dans le dernier bulletin voilà ce que le Père Pascal Monnier répond :
"En ce monde, il n’y a plus de place pour le pardon. C’était déjà le piège dans lequel ses opposants voulaient faire tomber Jésus : « Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, qu'en dis-tu ? » (Jn VIII, 5) Il y a une loi, il s’agit de la respecter ! Elle a péché, qu’elle paye cash !
On connait la réponse de Jésus. Elle coule de son cœur miséricordieux. La justice de Dieu, Dieu merci, n’en reste pas à une balance froide et raide. L’homme est plus grand que l’homme. L’homme ne pourra jamais se réduire à ses actes même les plus sordides. Quoi qu’il fasse, il demeure l’objet de l’amour inaltérable de Dieu."
Dieu est miséricorde et notre Seigneur Jésus a donné sa vie pour cette miséricorde soit éclatante à nos yeux d'incrédules.
Le pardon est un long chemin sans cesse réajusté, sans cesse en progrès. Dieu ne veut que notre bonne volonté, notre désir de pardonner.
Si on en est incapable, rien ne nous empêche de confier à Jésus, à Marie, la personne impardonnable à nos yeux, et à notre cœur.
Le pardon absolu se fera réellement au ciel où chacun verra en l'autre réellement un frère, une sœur...mais le cœur de Dieu se réjouit de nos bonnes volontés et votre question est le témoignage de cette bonne volonté puisque vous vous posez la question. Que le Seigneur vous bénisse pour cela et vous guide sur ce chemin escarpé du pardon et de l'Amour.
Mona, pour UEDLP

Bonjour, j'aurais une question.

Dans la Bible, Jésus dit que si notre frère nous demande pardon, il faut le pardonner jusqu'à 70 fois 7 fois. Il parle aussi de celui qui est pardonné par son maître et qui refuse de pardonner à celui qui lui doit un peu d'argent et le supplie.

Mais si la personne qui nous fait du mal ne nous demande pas pardon, et ne regrette pas ? Faut-il aussi lui pardonner ou non ? Et si non, que faut-il faire pour faire face à ça ?

C'est beaucoup plus facile de pardonner quand on nous demande pardon. Je ne comprends pas ce que Jésus veut qu'on fasse pour les gens qui ne demandent pas pardon.

Portrait de Cat-modératrice

Bonjour Chrétienne,

En effet, Jésus dit : « Si ton frère vient à pécher, réprimande-le et, s'il se repent, remets-lui. Et si sept fois le jour il pèche contre toi et que sept fois il revienne à toi, en disant : Je me repens, tu lui remettras. » (St Luc 17, 3-4).

Par contre, dans l'Évangile de saint Matthieu, Jésus ne précise pas l'attitude que doit avoir la personne que je suis appelée à pardonner : « Alors Pierre, s'avançant, lui dit : "Seigneur, combien de fois mon frère pourra-t-il pécher contre moi et devrai-je lui pardonner ? Irai-je jusqu'à sept fois ?" Jésus lui dit : "Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à 77 fois. » (Mt 18, 21-22).

Il faut bien comprendre que par ce nombre, Jésus veut dire de pardonner toujours, et non de compter jusqu'à 77...

Jésus lui-même nous donne l'exemple de l'attitude à avoir envers des personnes qui nous font du mal sans le regretter : Il leur pardonne et Il prie pour eux :
« Lorsqu'ils furent arrivés au lieu appelé Crâne, ils l'y crucifièrent ainsi que les malfaiteurs, l'un à droite et l'autre à gauche. Et Jésus disait : "Père, pardonne-leur : ils ne savent ce qu'ils font." » (Luc, 23, 32-33).

Il y a encore bien d'autres passages des Évangiles où Jésus nous demande de pardonner de tout notre cœur à ceux qui nous ont fait du mal. Il nous explique aussi que si nous ne pardonnons pas, cela nous empêchera d'être en communion avec lui, car notre cœur sera fermé.

C'est extrêmement difficile de pardonner l'injustice, mais telle est la particularité du christianisme : aimer jusqu'au bout, y compris ceux qui font du mal, pas seulement ceux qui nous aiment et nous aident. En les aimant, nous devenons davantage semblables à Dieu, et nous les aidons aussi parfois à changer, à devenir meilleurs.

Nous avons besoin de l'aide de Dieu pour pardonner. Ce n'est pas un acte humain mais un acte divin. Si nous voulons le réussir par nous-mêmes, sans l'aide de Dieu, ce ne sera jamais un vrai pardon.

Et comment prendre humainement, une personne ou des personnes qui ne veulent plus nous voir, lorsqu'on leur a fait du mal et que l'on a demandé pardon ? Tout e sachant qu'ils sont catholiques pratiquants ?

Portrait de nathalieD

bonsoir Evangéline

Quand tu as demandé pardon tu as fait ce que tu avais à faire et c'est bien de reconnaître le mal que nous avons fait mais maintenant eux ont leur chemin à entreprendre . Plus la démarche du pardon est gratuite plus elle est vrai et doit avoir tout de gratuit jusqu'à ne pas attendre de l'autre ce que tu aurais envie de lui  jusqu'à accepter de sa part de ne pas vouloir renouer le contact avec toi et si ton désir est encore de les revoir cela ne t'empêche pas de prier pour cela mais ne jugeons pas leurs choix de ne plus te voir ils ont peut-être accueillis ton pardon mais ne souhaitent plus pour le moment renouer le contact c'est leurs choix ,non? peux-tu l'accepter sans y voir forcément un non pardon? peut-être une prudence ou bien besoin de temps

cela me fait penser aux liens d'amitiés qu'il nous faut couper radicalement avec un ancien compagnon pour que chacuns de nous redevienne libre , ne serait-ce pas un peu la même chose

En tout cas soyons toujours heureux de connaître la miséricorde de Dieu et d'essayer de la vivre dans nos relations même jusqu'à souffrir de ne plus avoir de contact direct mais d'avoir toujours la grâce de pouvoir prier pour eux et d'être certains que Dieu agit ... bon courage

Portrait de Cat-modératrice

Je suis entièrement d'accord avec la réponse de Nathalie à ta question, Évelyne.

Comme pour le fait de pardonner à quelqu'un, la démarche de demande de pardon doit être gratuite, indépendante de la réaction des autres. Ce qui est sûr, c'est que Dieu a accueilli ta demande de pardon et qu'Il en a été heureux.

Parfois aussi on ne peut même pas demander pardon, alors que l'on regrette, lorsque les relations avec les personnes sont trop difficiles, et qu'il est impossible alors de communiquer. Dieu est là pour accueillir notre repentir et notre désir de réconciliation, parfois impossible.

Merci à Nathalie et à toi Catherine. Cela va me permettre encore d'avancer. J'ai déjà avancer, depuis trois ans, mais le mal que j'ai fais, malgrè que j'ai reçu le sacrement du pardon et que j'ai demandé pardon aux personnes, ça me fait encore mal. Mais, bon...oui, ils ont aussi leur chemin à faire. Simplement, je ne prie pratiquement pas pour eux.

 

Portrait de Cat-modératrice

Tu sais, la douleur de ton cœur, même si elle vient à l'origine de ta propre faute, tu peux demander à Jésus de l'unir à son cœur transpercé.

La douleur que tu ressens ne veut pas dire que ta faute n'est pas effacée. Dieu t'a pardonné, et Il peut utiliser ton amour pour qu'il advienne selon la parole : « où le péché s'est multiplié, la grâce a surabondé » (Rm 5, 20). Il est important que tu pries pour ces personnes, ainsi le bien que tu leur feras par ton amour douloureux dépassera de loin le mal que tu as pu faire. Et de ton côté, tu deviendras plus intime avec Jésus crucifié. Mais pour cela, il est important que tu ne vives pas ta faute comme un obstacle qui t'empêche d'approcher Jésus.

Comment pardonner l’impardonnable ?
Le par-« don » doit toujours être donné, cela ne veut pas dire que c’est facile à faire. Il nous rend libre dans tous les cas, que nous soyons « celui qui l’accorde », ou « celui qui doit l’accueillir ».
Jeune enfant, j’étais de ceux qu’on appelait « durs à cuir ». J’étais dans une école catholique dirigée des mains de fer dans des gants de velours. A l’approche de Noël ou de la Pâques, les religieuses nous obligeaient à nous réconcilier entre camarades de classe. Je faisais les gestes qu’on me demandait mais cela ne changeait en rien à ma manière de voir la personne. Plus tard, j’ai opté pour deux manières de voir les personnes qui me côtoyaient. Lorsqu’il s’agissait d’une personne dont la présence à mes côtés ne me semblait pas indispensable, je tombais dans une indifférence totale, ou pire, j’ignorais totalement cette personne, bref, cette personne cessait quasiment d’exister pour moi. Au point que même si la personne était autour d’une même table avec moi, je me décentrais totalement, ou « mieux », je mettais un mur !!!
Lorsqu’il s’agissait de quelqu’un qui m’était incontournable, je « poussais » la personne à revisiter les choses avec moi jusqu’à la réconciliation. Cela marchait bien avec certains, tandis que d’autres finissaient par me « fuir », par ce que la démarche avait créé en eux plus de malaise, de culpabilité que de bien.
En 1993, lors d’un séminaire sur « la vie dans l’esprit », mon accompagnateur me faisait prendre conscience du fait que pour la première catégorie, j’avais déjà tué ces personnes, et que pour la deuxième, il manquait tout de même quelque chose à la démarche. Je passe les détails ; l’équipe des animateurs a alors prié sur moi, et j’ai vécu quelque chose de très beau ; j’ai reçu la grâce de « pardon ». C’est difficile à expliquer avec des mots. Depuis, je n’ai plus jamais été capable de garder rancune contre quelqu’un. Dix ans plus tard, je découvrais une trahison très grande et ancienne, datant de ma tendre enfance, à mon endroit dans ma propre famille. Eh bien, je n’ai pas eu de rancœur, j’ai téléphoné à mon père pour en parler, mais lui, surpris de ce que je disais car il ne voyait pas comment j’aurai pu apprendre cela, refusa tout dialogue sur le sujet. Mais moi j’ai prié chaque jour pour qu’il entre dans la démarche de pardon,j'ai ditcela en confession; je ne lui demandais pas des comptes, je lui disais que quoi qu’il ait pu prendre comme décision lorsque ce problème était survenu , il a dû agir en pensant faire ce qui était utile et important à ce moment là ; mais qu’en tout état des choses, je voulais son bien vis-à-vis de son Dieu. (…)
Mais je réalisais que si je n’avais pas reçu cette grâce dix ans plus tôt, j’aurai pu tuer quelqu’un parce qu’il s’agissait de toute ma vie qui avait été cautionnée. La grâce reçue a continué à répandre la paix dans mon cœur jusqu’aujourd’hui. Je ne bénirai jamais assez le Seigneur qui a permis ma guérison par rapport à cette trahison avant même d’en prendre connaissance.
Je saisis toujours l’occasion d’aider en matière de pardon en partageant ce vécu.

En guise d’exemple, je relate ce que nous avons vécu dans notre paroisse et de ce qui s’est passé il y a quelques années, nous avons décortiqué la prière que le Seigneur nous a enseignée (Luc 11, 2- 4).
Nous avons procédé étape par étape selon les grandes idées qui la composent :
1) Notre Père qui est aux cieux, que Ton Nom soit sanctifié
2) Que Ton règne arrive
3) Que Ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel
4) Donnes-nous aujourd’hui notre pain de ce jour
5) Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés
6) Ne nous soumets pas à la tentation
7) Mais délivres-nous du Mal

Chaque étape aurait dû se faire en une séance, du moins c’est ce que nous avions prévu. Comme qui dirait, l’homme propose mais Dieu dispose. Les étapes 4, 5 et 7 ont eu raison de nos prévisions. Elles nous ont donné du fil à retordre et plus particulièrement l’étape (5) où nous avons passé cinq séances. Nous avons même dû faire appel à des théologiens laïcs et prêtres... mais le Seigneur nous a montré son amour, parce que beaucoup d’entre nous avions besoin soit d’accueillir soit d’accorder le pardon. Nous avons pu rencontrer le Seigneur en ce point nommé du pardon et des sources d’eau vive ont jailli de nos blessures...l’étape (4) nous a retenu trois séances durant par ce que “trop riches” nous ne voyions pas exactement ce que nous pouvions demander à Dieu notre Père. L’étape (7) quant à elle, nous a pris deux séances par ce qu’il nous était difficile de faire la part des choses entre le Mal et le mal d’une part, et d’autre part, la séparation entre le mal soit que nous avons dû subir, soit que nous avons fait subir à d’autres et la personne qui a commis ce mal. Mais encore une fois la grâce du Seigneur nous a rejoint pour nous guérir de la culpabilité et passer au repentir; de comprendre, et surtout d'intérioriser que l’autre ne doit en aucun cas être assimilé au mal qu’il nous a fait. Et surtout, que l’accumulation du “mal” sans nous arrêter pour faire le point et nous réconcilier(notamment par le sacrement de réconciliation) à la lumière de la Parole, avec Nous-même, avec notre prochain et donc par ricochet avec notre Dieu, nous nous faisions esclave du “Mal”.

...Les Jésuites proposent par exemple une démarche qui consiste à donner le pardon difficile par procuration, en s’adressant par exemple à un prêtre ou un accompagnateur, qui de ce fait, continuera à prier pour vous afin que la grâce du seigneur vous atteigne et que vous soyez libérée de la « haine » et entriez librement dans la démarche du pardon qui peut être longue, car cela dépend de la profondeur de la souffrance endurée.
Après le pardon, il y a une autre démarche, celle de la guérison de la blessure liée à la faute.

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Dr. Radut Consulting