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Le bien peut-il exister sans le mal ?

Domaine:
Question développée: 

Bonjour,

Pensez-vous que le bien peut exister sans le mal ? 

Sans un certain nombre d'évènements qualifiés de mauvais, nous n'aurions pas évoluer vers la civilisation.

La distinction entre bien et mal n'est-elle pas purement humaine et arbitraire, pour nous aider à vivre ?

Serions-nous capable de déterminer une chose comme "bonne" si le "mauvais" n'existait pas ? J'en doute fort. Tout cela est purement relatif.

Tous ces éléments que nous nommons "bons" et "mauvais" forment un équilibre quasi-parfait en nous sommes dépendants de cet ensemble.

J'aimerais connaître vos avis sur la question.

 
 

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Commentaires

Portrait de Cat-modératrice

Bonjour,

Votre vision des choses est assez proche de certaines phylosophies asiatiques.

En tant que chrétienne je ne peux pas partager votre point de vue, et de par mon expérience humaine non plus !

La foi chrétienne affirme que le mal ne devait pas nécessairement faire partie du monde. Le mal est la conséquence d'un refus de Dieu par ses créatures, et ce refus, venant d'abord de certains anges, puis des premiers êtres humains, n'était pas obligatoire.

Le mal et le bien sont-ils relatifs l'un à l'autre ? Pour les chrétiens (contrairement à la doctrine "manichéenne") le mal n'a pas d'existence propre, c'est juste un manque de bien, comme l'obscurité est un manque de lumière.

Il est vrai que certaines personnes qui subissent le mal n'en ont pas conscience tant qu'elles n'expérimentent pas le bien dont elles sont privées : une personne qui a toujours été privée d'amour peut ressentir une grande souffrance quand elle rencontre quelqu'un qui l'aime enfin, car elle découvre ainsi ce dont elle a tellement manqué sans le savoir.

Aurions-nous été capables de déterminer une chose comme "bonne" si le "mauvais" n'avait pas existé, si les anges et les êtres humains avaient accueilli l'amour de Dieu sans jamais le rejeter ?

À cette question je réponds "oui" sans hésiter, car il y a une chose qui a été tout particulièrement atteinte par le péché : la capacité à s'émerveiller ! N'est-ce pas ce qui manque tout particulièrement aux personnes amères, aigries, enfermées dans la haine ?

Donc sans le péché, sans comparaison possible avec le mal, nous aurions eu le cœur totalement ouvert pour nous émerveiller les uns devant les autres (comme Adam s'est émerveillé devant Ève avant le premier péché. Bien sûr, ce récit biblique est allégorique), devant le monde et devant Dieu. Nous aurions eu pleine conscience de ce que tout cela était bon, alors qu'aujourd'hui, il est si difficile pour nous de reconnaître ce qui est bon et beau dans notre vie, et dans les autres.

Portrait de Cat-modératrice

M. Paul Baldacchino a répondu sur Twitter : 

Assurément non car le Verbe est de toute éternité et qu'au commencement le mal n'était pas.

Portrait de MarsB

Le mal (moral) est présent parce qu'il y a la liberté.
Et il y a la liberté, sinon il n'y a pas d'amour.
Et c'est l'amour qui a le dernier mot, parce que le mal n'existe pas en soi-même, il n'est que l'absence du bien,
tout comme les ténèbres ou le froid n'existent pas en eux-mêmes, mais sont l'absence de la lumière ou de la chaleur...

Cat et Mars B, comme d'habitude... Bravo ! Et merci ! Explications très claires, et vos réponses se complètent mutuellement, en répondant à la question initiale...

Je découvre que l'enseignement religieux qu'on m'avait donné était à tendancde manichéenne, en fait, à cause de cela, je pensais vraiment que l'Eglise enseignait la même chose... Donc j'ai longtemps cru que la religion catholique défendait cette vision manichéenne... Avec laquelle je ne suis pas du tout d'accord !

Là, je dois dire que ce je découvre, une fois de plus, me ravit !

(je cite ce qu'a écrit MarsB)
"le mal n'existe pas en soi-même, il n'est que l'absence du bien"

(et je cite Cat)
"il y a une chose qui a été tout particulièrement atteinte par le péché : la capacité à s'émerveiller ! N'est-ce pas ce qui manque tout particulièrement aux personnes amères, aigries, enfermées dans la haine ?"
"Il est vrai que certaines personnes qui subissent le mal n'en ont pas conscience tant qu'elles n'expérimentent pas le bien dont elles sont privées : une personne qui a toujours été privée d'amour peut ressentir une grande souffrance quand elle rencontre quelqu'un qui l'aime enfin, car elle découvre ainsi ce dont elle a tellement manqué sans le savoir."

Eh, vous vous associez quand pour faire des conférences, tous les deux? wink
Je blague... En fait, écrire tout cela sur ce site internet, c'est sans doute le rendre accessible au plus grand nombre, donc merci encore, et j'espère que vous continuerez à avoir cette possibilité là... Comme d'autres le font aussi, sur ce site.

Portrait de Cat-modératrice

Merci Charlotte pour tes encouragements. J'ai remarqué que tu as le don de voir le positif en toute chose, ce qui est un don divin !

Tu sais que le manichéisme est la doctrine qui a fasciné Saint Augustin pendant toute sa jeunesse. Il était parti pour Rome dans le but de rencontrer les maîtres du manichéisme, et c'est là qu'il a rencontré st Ambroise qui lui a ouvert les yeux.

Le manichéisme est totalement opposé au christianisme. On a tendance, en Europe, à accuser l'Église catholique d'avoir introduit le manichéisme, mais c'est le contraire, c'est le manichéisme ambiant qui a longtemps contaminé de nombreux membres de l'Église, qui a fini, heureusement, par s'en libérer.

Le manichéisme est la haine de la matière, tandis que le christianisme est une glorification révolutionnaire de la matière : Dieu lui-même a choisi de prendre un corps de matière pour l'éternité ! C'est pour cela que les Grecs se sont bien moqués de st Paul quand il a parlé de résurrection des corps : pour eux, la spiritualité consistait à se libérer de la matière mauvaise.

Merci pour ta remarque de début de message... Oui, j'en ai conscience depuis longtemps.

Excellente définition du manichéisme, Cat...

C'est très intéressant ce que tu m'apprends là sur Saint Augustin et Saint Ambroise, et Saint Paul face aux Grecs, et c'est fascinant de voir que ces questions si importantes font l'objet d'une grande réflexion dans l'Eglise depuis si longtemps.
J'ai beaucoup de choses à apprendre !

 

 

Portrait de MarsB

Il y a un autre mal qui avait contaminé également l'Église: le gnosticisme. Mépris de la matière/du corps, exaltation de l'esprit/de la raison. Platon, avec sa théorie des Idées, a influencé beaucoup d'hommes, même dans l'Église malheureusement. Et ça continue. New Age, bouddhisme, etc. On a beaucoup de mal à concilier les 'contraires': matière-esprit, humain-divin (Jésus), Un-Trinité (Dieu), corps-âme, etc.

Dieu a quand même créé le monde, la matière? Et Il a lui-même que c'était très bon... Il veut rendre visible l'invisible, voilà la raison de la création, il me semble. Et il a créé l'homme pour cela. C'est la vocation de l'homme de faire resplendir le bien sur la terre. Mais l'homme, dans sa liberté, doit d'abord discerner le bien et le choisir. Alors, sa conscience a à être éduquée, pour pouvoir discerner 'correctement' le bien.

Maintenant au contraire, la conscience de l'homme est tellement déformée... Le Pape Benoît vient de le dire le 19 janvier: 
"notre époque connaît malheureusement des ombres qui cachent le projet de Dieu. Je fais surtout référence à une tragique réduction anthropologique qui repropose l’antique matérialisme hédoniste, auquel s’ajoute cependant un « prométhéisme technologique ». De l’association entre une vision matérialiste de l’homme et le grand développement de la technologie naît une anthropologie qui est au fond athée ».

En faisant abstraction de Dieu, a-t-il poursuivi, on tombe dans la perspective d’un homme privé de son âme, chaque expérience devient acceptable et chaque manipulation légitime."  (http://belgicatho.hautetfort.com/archive/2013/01/20/benoit-xvi-denonce-l...)


Ou encore (le cardinal Robert Sarah le 18 janvier):


« Je fais référence au fait que, depuis longtemps, est en cours un processus bien étudié. On utilise des concepts sur lesquels trouver apparemment une large entente: la santé de reproduction, les droits de l’homme, empowerment of women, gender equality, pour ouvrir en réalité la voie à une anthropologie à partir de laquelle l’homme peut décider de lui en totale autonomie. Dans le monde moderne, la technique qui ne connaît pas de limites et la liberté qui n’admet pas de limites, donnent à l’homme un sentiment de toute-puissance, jusqu’à se sentir en mesure non seulement de décider entre le bien et le mal, mais également de sa propre nature même. C’est là que se trouve la racine du problème qui, ces jours derniers encore, ébranle l’opinion publique, par exemple en France, où avec une volonté de démonter le mariage et la famille, on veut arriver à démanteler la différence naturelle entre homme et femme, pour parvenir à une équivalence du mariage naturel avec la coexistence homosexuelle. Tout cela conduit l’Occident à la décadence morale ».
(http://belgicatho.hautetfort.com/archive/2013/01/18/une-terrible-faim-de...)

Voilà la présence du mal, qui commence à envahir le monde. C'est le contraire du plan de Dieu, c'est l'homme qui se fait lui-même 'antichrist'. La lutte contre le mal est bien une lutte spirituelle et non une lutte des hommes (cf. Ep. 6, 10-17). Apprenons à suivre l'Esprit Saint et non les esprits du mal.

Et encore merci, MarsB !
Pour prolonger ton message, un article très intéressant :
http://qe.catholique.org/sectes-et-spiritualites-diverses/3991-qu-est-ce-que-le-new-age

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Dr. Radut Consulting