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Pour des églises ouvertes !

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Temps de lecture estimé : 3 min

Cet article est le fruit de deux chocs personnels récents.

D'abord, dans notre village, il a été décidé, pour raisons de sécurité, de fermer l'église en-dehors de la messe. Cette décision semble légitime au vu des récentes profanations dans le secteur, mais elle m'empêche d'aller prier régulièrement comme j'en avais l'habitude.

Ensuite, lors d'une visite à Digne-les-Bains (Alpes de Haute Provence), j'ai eu la douleur de constater qu'aucune église de cette ville n'était ouverte en-dehors de la messe, y compris la cathédrale. Seule une chapelle peu entretenue est ouverte certains jours à certaines heures. Je ne pouvais pas imaginer qu'en France, on puisse trouver un siège épiscopal où aucune église ne soit ouverte en semaine.

Or, le pape, les évêques et les prêtres invitent sans cesse les fidèles à la prière personnelle, spécialement la prière contemplative individuelle. La dévotion eucharistique est vivement encouragée, particulièrement l'adoration du Saint-Sacrement, mais aussi la prière devant le tabernacle.

Ce thème est régulièrement repris en homélie.

Mais comment pourrait-il être mis en œuvre si les églises sont fermées ?

Et puis il ne s'agit pas que d'un enjeu interne, d'un enjeu qui ne concerne que les fidèles catholiques. Un nombre considérable de non chrétiens ou de chrétiens non pratiquants témoignent volontiers qu'ils sont heureux, à l'occasion, de pouvoir entrer dans une église pour s'y recueillir ou pour y goûter une paix qu'ils ne trouvent pas ailleurs. André Frossard s'est converti en entrant fortuitement dans une chapelle.

Il s'agit donc bien d'un enjeu d'évangélisation.

Le pape François invite les catholiques à aller aux périphéries, mais c'est quand même un comble que les non chrétiens ne puissent même plus accéder aux lieux de culte catholique, au lieu par excellence de la présence de Dieu !

Alors que faire ?

 

En Belgique, une belle initiative aconfessionnelle, l'association églises ouvertes, a été lancée en 2006, pour maintenir les églises ouvertes dans une perspective de mise en valeur du patrimoine religieux. Cette belle initiative a fait des émules au Danemark, en Estonie, en Finlande, en Norvège et en Suède.

Quelques églises françaises font partie de l'association.

On doit admettre que c'est un comble qu'il faille que ce soit des gens pas spécialement chrétiens qui s'activent pour que les églises restent ouvertes en semaine.

 

C'est une question éminemment locale, et je pense que c'est aux fidèles des paroisses dans lesquelles les églises sont fermées de commencer à réfléchir à cette question, de manière paisible mais résolue. Les prêtres ne peuvent pas tout faire, ils sont clairement débordés par toutes sortes de tâches indispensables. C'est seulement s'il y a des propositions sérieuses des laïcs que les prêtres et évêques pourront envisager de rouvrir les très nombreuses églises fermées, surtout en ville, là où les fermetures sont les plus choquantes.

Pour un chrétien, c'est clairement lorsque la soif de prière est grande que l'on se sent plus poussé à aller dans une église, et donc à faire quelque chose pour qu'elle soit ouverte. L'idée d'une permanence de prière est sans doute bonne, même si elle n'est pas facile à mettre en œuvre.

Peut-être serait-il possible de mutualiser les bonnes idées comme le fait l'association Églises ouvertes belge, mais dans une perspective chrétienne ? Trouver ainsi une solution mixte, avec d'une part la dimension patrimoniale et d'autre part la dimension spirituelle ?

Nous pouvons nous inspirer du diocèse d'Arras où la question est prise très au sérieux :

« Entre un pape qui souhaite ouvrir au public les lieux de culte et des maires et des paroisses qui ont fait le choix de fermer les églises pour se prémunir des vols et dégradations, le débat est d’actualité dans le diocèse d’Arras. »

À Lille également, le diocèse se mobilise pour garder les églises ouvertes dans une perspective d'évangélisation.

Concernant le choix entre impératif de sécurité et impératif d'évangélisation, il me semble que Jésus lui-même a accepté sur la Croix d'être profané. De plus, acceptant de se rendre présent dans les hosties, il a pris un risque énorme, sachant le peu de cas que les hommes risquaient de faire de ce qui apparaît seulement aux yeux comme « un bout de pain ». Entre empêcher une profanation de l'Eucharistie et empêcher la conversion et le salut d'une personne par le contact avec l'Eucharistie, mon avis personnel est que, toutes mesures de précaution prises pour éviter la profanation hors fermeture de l'église, on doit laisser aux visiteurs la possibilité de s'approcher de Jésus-Eucharistie.

Dire sans arrêt que l'Église doit être ouverte à toute misère, et en premier lieu la misère spirituelle, n'a aucun sens si l'on ne peut plus entrer dans les églises, que ce soit pour des raisons de sécurité ou pour autre chose.

Alors avez-vous des idées en la matière ?

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