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Péchés solitaires

Bonjour,
Je rencontre de grandes difficultés dans la pureté. J’ai pourtant 35 ans et bien que mariée, il m’arrive régulièrement de commettre le péché solitaire. C’était pourtant mon axe d’efforts durant ce Carême et on ne peut pas dire que ça a été une grande réussite jusque là. Je me suis confessée et le voilà déjà assaillie par les tentations. Je veux absolument tenir jusqu’à Pâques mais je me sens si faible que j’ai peur de ne pas tenir jusque là.
Je vous remercie par avance pour vos conseils.

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16 commentaires

  1. Sophie D.

    J’imagine que ça a dû être très douloureux. Comment vous-êtes vous reconstruite? Avez-vous conservé de bons rapports avec votre père? Vos parents ont-ils refait leur vie et si oui, l’avez-vous accepté facilement?
    En ce moment, mon mari et moi avons trouvé un accord: quand les enfants sont couchés, 1x sur 2 mon mari part rejoindre sa maîtresse et 1x sur 2 je pars rejoindre mon amant. Le tout c’est de rentrer suffisamment tôt le matin.

    • Cat-modératrice

      Bonjour Sophie,

      Pendant mon adolescence, j’ai été fâchée avec mon père, je refusais d’aller chez lui, à cause de paroles et d’actions qui offensaient ma mère. Le cheminement de pardon que j’ai eu par rapport à mon père, par rapport à son attitude envers moi et envers ma mère, a été une grande libération pour moi.

      • Sophie D.

        J’imagine le long travail que ça a dû être. J’ai moi-même grandis avec un père qui gifflait ma mère.

  2. Sophie D

    Bonjour,
    Cela fait bien longtemps que je ne suis plus venu sur ce site.
    Il faut dire que depuis notre dernière discussion j’ai traversé un long désert et j’ai vraiment touché le fond : j’ai eu en effet eu de nombreux amants, parfois juste des coups d’un soir et j’ai même un un rapport saphique avec ma meilleur amie, pourtant catholique comme moi. J’ai expérimenté un tas de chose pendant une longue période. Je suis descendu au plus bas puis finalement je suis revenu dans le droit chemin même si avec mon mari nous avons fini par nous séparer. Séparation de corps car nous sommes toujours mariés devant Dieu et devant l’Etat.
    Maintenant, il y a cependant une chose dont je ne puis me passer : la masturbation. Et honnêtement, je doute fortement aujourd’hui qu’elle soit un péché. J’ai repris une vie de prières et je suis parvenue à trouver la paix avec moi-même: je ne culpabilise plus et je ne me mets plus en colère, je vis ma sexualité de manière très apaisée. Je la vois comme un besoin, comme manger, boire ou dormir. Et encore plus depuis que je vis seule, je ne puis absolument pas me passer de la masturbation. Et pourtant, je me restreins à 2 ou 3 fois par semaines alors que je pourrais le faire tous les jours. Il m’est vraiment impossible de m’en passer, c’est un véritable besoin. Et pour autant, je me suis réconciliée avec moi-même, avec Dieu, je vis dans la paix et la joie, malgré les épreuves de la vie, et je ne m’interdis plus de communier.

    • Cat-modératrice

      Bonjour Sophie,

      C’est merveilleux que vous aillez pu revenir vers Dieu !

      En ce qui concerne la masturbation, je ne peux que vous redire ce que vous savez déjà : c’est un péché vraiment moins grave que l’infidélité, mais l’Église catholique enseigne que c’est tout de même un péché grave. L’Église demande aussi que l’on ne communie matériellement dans une telle situation, même si on peut communier spirituellement. Mais vous savez déjà ce que l’Église enseigne sur cette question.
      Je remarque seulement que vous n’avez jamais été dans une attitude intermédiaire : soit vous avez considéré la masturbation comme un péché et vous n’arriviez pas à supporter d’être pécheresse, et maintenant vous niez tout simplement qu’il s’agit d’un péché. Est-ce parce que vous ne pouvez pas parvenir à vivre la position intermédiaire : je suis pécheresse, mais ce n’est pas un drame puisque Dieu me sauve ?

      J’espère que vos enfants n’ont pas trop mal vécu votre séparation. Courage à vous pour tout !

      • Sophie D

        Ce n’est pas facile pour les enfants. Nous nous partageons la garde et leur père s’affiche désormais avec sa maîtresse (c’est d’ailleurs ça qui m’a poussé à partir), ce qu’ils vivent très mal. Car même dans ma longue période de faiblesse, je ne me suis jamais affichée, je suis toujours restée très discrète. Et les enfants n’en auraient rien sus si leur père ne leur avait pas dit.

        Pour ce qui est de la masturbation, je n’arrive pas à comprendre en quoi c’est mal. J’ai eu une discussion ce week-end avec des amies, toutes cathos. Elles ne comprennent pas non plus et toutes pratiquent plus ou moins la masturbation. J’ai l’impression qu’il y a une espèce de culpabilité créée de toute pièce par des hommes d’Eglise pour quelque chose de tout à fait naturel et contre lequel on ne peut pas lutter. Et cette culpabilité empêche d’avancer.

        • Cat-modératrice

          J’imagine que cela doit être difficile pour les enfants…

          La culpabilité ne devrait pas empêcher d’avancer. Si c’est le cas, cela peut être un signe qu’il y a un manque de confiance en Dieu ou un manque d’humilité. Les auteurs spirituels enseignent au contraire que, quand on a conscience de qui est Dieu et de son amour pour nous, avoir conscience de notre péché nous rapproche de Dieu au contraire, et donc nous aide à avancer. Et ce, quel que soit le péché et quelle que soit notre difficulté à en sortir.

          En ce qui concerne la cause de la condamnation de la masturbation par l’Église, c’est sûr que c’est moins évident à comprendre que la condamnation de l’infidélité ! L’Église enseigne que les facultés sexuelles ne doivent pas être exercées en dehors de l’union des conjoints et de l’ouverture à la procréation (mais permis aussi quand on ne peut pas ou plus procréer). Vivre une jouissance sexuelle en dehors de ce contexte c’est détourner la sexualité de sa finalité. Mais vous savez déjà cela, je le redis surtout pour ceux qui liraient notre échange.

          • Sophie D

            Mais qui a dit cela? La jouissance elle-même n’est pas reliée directement à la procréation, du moins chez les femmes. Si pratiquement tout le monde le fait, y compris parmi les catholiques, n’est-ce pas le signe que c’est tout à fait naturel et que c’est même aller contre la nature de ne pas le faire?

            Ce n’est en effet vraiment pas facile pour les enfants, et je crains pour leur intégrité morale lorsque leur père s’envoie en l’air avec sa pouf dans la chambre voisine. Je suis vraiment tombée des nues concernant mon mari, j’ai découvert qu’il me trompait depuis toujours, y compris avec une que je croyais être une de mes meilleurs amies, catholique et mariée. Et il m’était même déjà infidèle à l’époque de nos fiançailles, alors que pourtant je m’étais offerte totalement à lui à l’époque et à plusieurs reprises. Alors certes il était à l’initiative mais j’étais consentante. C’est là que je me rend compte que notre couple était bâti sur du sable et j’en partage aussi la responsabilité. Peut-être en serait-il autrement si j’avais résisté, mais j’étais faible en j’en avais moi-même très envie. J’avais déjà cette faiblesse charnelle à l’époque et ayant eu des aventures avec un premier garçon avant lui, je ne me voyais pas me refuser à lui. De toute façon, maintenant, c’est trop tard.

            • Cat-modératrice

              Bonjour Sophie,

              L’Église catholique condamne la masturbation depuis très longtemps, mais je ne connais pas l’histoire de la définition de cet interdit.

              On ne peut quand même pas dire que la jouissance n’est pas liée à la procréation. Elle fait partie de la sexualité qui, dans le corps humain, a pour fonction directe la procréation.

              Le fait que tout le monde fasse quelque chose n’est pas signe que c’est une bonne chose. D’une manière naturelle, presque tout le monde favorise son propre intérêt au détriment de celui des autres. D’une manière naturelle, presque tous les gens mariés sont attirés par quelqu’un d’autre à un moment ou à un autre. Pourtant, refuser de suivre ces penchants est ce qui correspond vraiment à la nature humaine. Après, je n’ai pas la capacité d’expliquer en quoi la masturbation n’est pas bonne, je rappelle ce qu’enseigne l’Église mais cette question là n’est pas du tout ma spécialité.

              Je suis vraiment triste de ce que vous nous dites concernant votre mari. S’il vous trompait dès vos fiançailles, je ne pense pas que le fait d’attendre le mariage pour vous donner à lui aurait changé quelque chose dans son comportement. En tout cas, il est certain que votre mariage n’est pas valide, et que vous pourriez facilement en faire reconnaître la nullité, si un jour vous souhaitez vous marier à l’Église avec un autre homme.

              • Sophie D

                Oui mais dans le cas de la masturbation, je n’arrive pas à voir où est le mal, car il n’y a de préjudice pour personne. Au contraire, je pense que c’est inévitable pour un grand nombre de personnes et que l’interdit crée une culpabilité malsaine qui fait que l’on se sent mal dans la peau. Pour quelqu’un comme moi qui a une très grosse libido, c’est impossible à gérer. Encore ce soir, je l’ai fait, et je ne culpabilise pas.

                • Cat-modératrice

                  Il existe de nombreux péchés qui ne portent pas préjudice à autrui, mais seulement à soi-même et à Dieu : ne pas aller à la messe, ne pas faire le ménage chez soi quand on habite seul, ne pas se soigner quand on est malade. J’ai un régime alimentaire spécifique à cause d’intolérances alimentaires, quand je mange quand même du chocolat au lait je ne fais de mal à personne d’autre que moi-même, et pourtant c’est un péché. Et même si, du fait de ma faiblesse, il est inévitable que je recommence à manger du chocolat au lait, c’est quand même un péché. Je reconnais ma culpabilité, mais elle ne m’écrase pas et ne m’empêche pas d’avancer.

  3. Pelostome

    Bonjour,

    ce que vous nous dites est très intéressant.

    D’une part, quand vous nous parlez de votre régime alimentaire spécifique, cela implique que manger du chocolat vous cause un mal qui est objectivement constaté et reconnu.

    D’autre part, cela signifie que manger du chocolat est objectivement mauvais pour vous mais pas forcément pour d’autres personnes.

    Je pense sincèrement que, comme toute addiction, la masturbation peut être vraiment et objectivement mauvaise pour certaines personnes. Mais toutes les personnes qui se masturbent ne sont pas forcément en état d’addiction.

    Il me semble que le vrai problème, c’est la déclarer religieusement ou philosophiquement mauvaise pour l’ensemble de la population mondiale.

    Dans tous les cas, je vous souhaite de garder le cap dans votre vie pour que votre famille et votre entourage puissent vous avoir à leurs côtés. Vous êtes une belle personne.

    • Cat-modératrice

      Bonjour Pelostome,

      En parlant de chocolat au lait, je voulais juste donner l’exemple d’un acte qui n’est pas mauvais pour autrui mais qui est un péché. On peut en donner d’autres qui sont valables pour tous les chrétiens, j’en ai donné dans mon commentaire. On peut ajouter, par exemple, la violation du 10e commandement : convoiter la maison de son voisin, ce qui ne nuit qu’à soi-même si on n’agit pas en plus d’une manière malveillante.

      En ce qui concerne la masturbation, l’Église catholique a un enseignement théologique concernant la sexualité, et cet enseignement est assez fondamental dans l’enseignement de l’Église, puisque l’union de l’homme et de la femme est comparable à l’union entre le Christ et l’Église. Je ne peux que rappeler encore une fois que l’Église enseigne que la sexualité, l’ouverture à la procréation et l’union des conjoints ne doivent pas être séparés, sinon on détourne la sexualité de sa finalité.

      • Sophie D

        Je pense que c’est une question de dosage : de même que boire et manger n’est pas un péché en soit et est justement vital, l’excès en revanche est un péché. Je pense qu’il ‘agit de la même chose concernant la masturbation, et c’est pour cette raison que je me contrains malgré tout à une certaine limite, mais sans m’en priver totalement pour autant.

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