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quelle est la position de l’Eglise sur les futurs enfants adoptés ou nés de couples homos ?

Bonjour,

Dans une discussion avec des amis catholiques, j’ai posé la question suivante : si un couple homo de ton entourage te demande d’être le parrain / la marraine de leur enfant (adopté ou “fabriqué”), accepterais tu ?
Et ils m’ont tous répondu : hors de question, je ne cautionne pas l’homosexualité et je refuserai !

Hé bien moi, je trouve que cela n’est pas une attitude catholique.
Je me demande donc quelle est la position de l’église à ce sujet ?
Je suis prêtre à parier que beaucoup de prêtres refuseront le baptême de ces enfants, alors qu’il faut au contraire les accueillir dans la communauté chrétienne. Et je trouve que si on est appelé un jour à être parrain ou marraine d’un enfant de couple homo, c’est notre devoir de le devenir, afin de l’aider dans la vie.
Qu’en pensez-vous ?

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  1. Cat-modératrice

    Bonjour Adélaïde, merci pour

    Bonjour Adélaïde, merci pour cette nouvelle question, très intéressante et importante comme toujours.

    Je ne pense pas qu’à notre époque beaucoup de prêtre refuseront le baptême à un enfant élevé par un couple de même sexe. Les prêtres savent normalement qu’ils n’ont aucun droit de refuser le baptême, à condition que l’enfant soit élevé dans la foi (cf http://www.annoncescatho.com/questions/%C3%A9glise-catholique-et-fiv). D’une manière générale, quand des parents disent vouloir transmettre la foi à leur enfant, les prêtres acceptent même si les parents ne vivent pas selon ce que demande l’Église, ce qui est la majorité des cas aujourd’hui. Ce qui est plus problématique, c’est que l’Église ne peut pas considérer deux hommes ou deux femmes comme les parents de l’enfant, alors je pense que si des personnes vivant en couple de même sexe demandent à faire baptiser l’enfant qu’elles élèvent, elles devront accepter qu’une seule des deux soit autorisée à s’engager pour l’enfant en tant que parent.

    En ce qui concerne la position de l’Église vis-à-vis de ces enfants, cela rejoint une autre question déjà posée (http://www.annoncescatho.com/questions/enfants-n%C3%A9s-hors-mariage-aux-yeux-de-l%C3%A9glise-catholique). La dignité de ces enfants est totalement reconnue, tout comme ceux nés de FIV, tout comme ceux nés d’adultère, etc. Heureusement ! Déjà dans l’Ancien Testatement il est dit que c’est un raisonnement humain et non divin de vouloir que les enfants paient pour les fautes de leurs parents. Même si un enfant a été conçu artificiellement in vitro, avec un don de gamette, l’existence de cet enfant est un bien, même si la façon dont il a été conçu est un mal, selon la doctrine de l’Église.

    En ce qui concerne le fait d’accepter d’être parrain ou marraine, je comprends la réaction de ceux qui ont peur qu’accepter soit une façon de cautionner la situation. Cependant, pour ma part j’accepterais sans hésiter !

    Mais ces situations sont vraiment très nouvelles, en tous cas à cette échelle. Il serait intéressant d’avoir l’avis et le témoignage des prêtres qui sont, et surtout seront bientôt, confrontés à ce genre de situations, que l’on ne peut pas traiter d’une manière manichéenne.

  2. Filippo

    Parrains et marraines, aides précieuses

    Je vais dans le sens de Cat : l’enfant n’est pas en cause, et s’il a la grâce d’être plongé dans la mort et la Résurrection du Christ, qui serais-je pour me détourner, si je suis dans les bonnes dispositions et que je peux accepter cette responsabilité ?

    Comme pour n’importe quel proposition d’être parrain ou marraine, celui qui reçoit cette demande doit discerner s’il peut accepter ou pas.

    Par exemple, s’il a déjà 2 ou 3 filleul(e)s, sera-t-il en mesure d’en accompagner sérieusement un nouveau ? Fait-il cela uniquement pour “faire plaisir” aux parents, ou bien est-ce un engagement sérieux à accompagner son(sa) filleul(e) sur son chemin de foi ? Le futur parrain/marraine n’est-il pas trop jeune ?

    Enfin, le dialogue avec les parents est essentiel pour voir comment ils perçoivent la mission du futur parrain/marraine.

  3. Cat-modératrice

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    Comme pour tous les enfants, il faut que les parents souhaitent élever leur enfant dans le foi chrétienne. C’est assez rare chez les couples homos, du moins ceux qui se fabriquent des enfants…(soit dit en passant, on ne comprend pas bien comment un enfant peut “naître d’un couple homo”)

    Un enfant n’est jamais responsable des choix de ses parents, si le baptême est désiré on ne doit pas le refuser, sauf si l’on a la certitude absolue qu’il ne sera pas élevé dans un minimum de connaissances de la foi chrétienne. Le rôle des parrains et marraines prend donc dans certains cas une signification très importantes.

  4. CHANLIAU

    L’Eglise et le baptême des enfants de couples homosexuels
    Il faut je crois, partir de la définition du baptême : “Le baptême, porte des sacrements, nécessaire au salut, qu’il soit reçu en fait ou du moins désiré, par lequel des êtres humains sont délivrés de leurs péchés, régénérés en enfants de Dieu, et configurés au Christ par un caractère indélébile, sont incorporés à l’Eglise…” (canon 849), le canon 867 au § 1 dit : ” Les parents sont tenus par l’obligation de faire baptiser leurs enfants dans les premières semaine…” La suite du code explique que les parents doivent aller trouver leur curé afin de préparer ce baptême, il est nécessaire que le prêtre qui prépare s’assure qu’il y ait un espoir fondé que l’enfant sera éduqué dans la foi de l’Eglise, si cet espoir fait défaut, le baptême sera différé…
    Le code ne fait pas de distinction ici entre les “formes” de couples qui présentent un enfant au baptême. Il serait totalement injuste de refuser le baptême à un enfant de couple homosexuel, si ce dernier s’engage à l’éduquer dans la foi. Il sera bon quand même dans ce cas, de s’assurer que le parrain et la marraine soient réellement disposés à jouer auprès de leur filleul leur rôle, à savoir s’assurer que le baptisé mène plus tard une vie chrétienne en accord avec son baptême. Le parrain et la marraine doivent avoir 16 ans accomplis, être baptisés et confirmés.
    L’Eglise a un rôle d’accueil et d’éducatrice, et non un rôle de juge et de rejet. Le prêtre, dans le cas précis, devra faire avec les parents, parrains et marraines, une préparation au sacrement de baptême solide, qui aboutisse à une véritable célébration de la Foi. Un enfant ne doit pas être l’objet d’un refus du sacrement de baptême, simplement à cause de l’orientation sexuelle d’un couple qui l’aurait adopté ou fait naître, même d’une manière que l’Eglise n’accepte pas. Il est un être vivant, aimé de Dieu, de même que ses parents, hommes ou femmes sont aimés de Dieu. Il faut cependant sa voir que ces cas de présentation au baptême sont rares, il y a 33 ans que je suis prêtre, et cette situation s’est présentée deux fois…je dois dire que chaque fois le dialogue a été fructueux, mais difficile au départ, car le couple avait peur d’un rejet de leur état de vie de ma part. “Qui suis-je pour juger quelqu’un qui est gay ?” a dit récemment le pape François. Beaucoup serait bien avisé de méditer cette question. Je dois aussi à la vérité, de dire, que dans les partages que j’ai eu sur ces situations avec mes confrères, aucun de ceux qui ont eu ce type de cas n’ont refusé le baptême. Il y a donc des stéréotypes à faire disparaître de nos esprits. Ceci ne veut en aucun cas dire que l’Eglise est prête à bénir les mariages homosexuels, c’est une autre problématique, bien plus difficile, qui engage toute une anthropologie chrétienne. Il faut aussi noter que des homosexuels trouvent un chemin de joie et de bonheur dans la continence, ils en témoignent, comme le fait très largement Philippe Arino.

    • Cat-modératrice

      Merci mon père pour cet
      Merci mon père pour cet éclairage sur le droit de l’Église, et pour votre témoignage.

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