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Le repos en Dieu : inaccessible ? Égoïste ?

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Femme en prière

Avec l’autorisation des responsables, nous reproduisons ici un extrait du bulletin Oraison 
n°166 :

Faire oraison, c’est reposer en Dieu, s’abandonner à sa volonté. Ce repos n’est-il pas impossible, ou bien ne serait-il pas très égoïste lorsque nous voyons l’angoisse et le stress de nos contemporains victimes de l’athéisme et de l’absurdité de certaines idéologies ?

Le seul remède à l’angoisse et au stress est la confiance et le calme : courez derrière un animal apeuré, il courra de plus en plus vite ; arrêtez-vous et il s’arrêtera. Dans un monde apeuré, le service à rendre est de s’arrêter. Alors la peur disparaît, et avec elle le malheur. Car à y bien réfléchir, il n’y a pas d’autre malheur que d’avoir peur, et il n’y a pas d’autre peur qu’imaginaire.

Peur de quoi, en effet ? Dieu est infiniment bon, et une fois pour toutes, lui seul crée, lui seul fait, à proprement parler, comme nous le proclamons chaque dimanche dans le Credo ; si bien que nous ne ferons jamais que ce qu’il fera en nous, ou alors nous serons dans l’illusion de faire, illusion qui a perdu Adam et Ève, préférant prendre les choses en main pour la bonne cause (« Vous serez comme des dieux ! »), au lieu de laisser faire Dieu :

Notre activité veut toujours de l’extérieur et du mouvement sous prétexte d’agir pour Dieu, mais souvent parce qu’elle ne sait se reposer en Dieu, ni attendre ou discerner l’ordre de Dieu pour allier l’action avec le repos…

Certes, nous avons facilement mauvaise conscience à être heureux tandis que tant de nos contemporains ne le sont pas. Mais la mauvaise conscience est toujours mauvaise conseillère : les contemporains de Jésus n’étaient pas moins dans l’angoisse et le stress que les nôtres ; or,

… De trente-trois ans qu’il a vécu sur la terre, Jésus en a passé trente dans l’obscurité d’une vie privée et d’une humble condition, malgré le zèle de la gloire de Dieu et du salut des hommes dont son âme était embrasée, malgré les désordres et les scandales sans nombre qui lui perçaient le cœur. […] Et nous, nous céderons aux moindres persuasions humaines, sans consulter beaucoup la volonté de Dieu, pour nous engager dans les œuvres extérieures et dans des ministères périlleux, ou plutôt nous nous laisserons séduire par notre amour propre qui nous persuade, souvent sans beaucoup de fondement, que nous devons nous y livrer et que nous sommes en état d’y réussir ! (A. de Lombez, Traité de la paix intérieure, IV, 8)

Comment expliquer cette apparente passivité de Jésus ? Comment expliquer que la patronne des missions soit une carmélite morte à 24 ans sans être sortie de sa clôture ? Sinon parce que l’oraison n’est pas un retrait de l’action, mais au contraire un « branchement » sur le créateur du ciel et de la terre, infiniment agissant et efficace, « acte pur », diraient les philosophes, et pourtant parfaitement immobile : Dieu est toujours agissant et toujours tranquille ; l’âme unie à Dieu participe également à son action et à son repos ; elle agit toujours, lors même qu’elle ne s’en aperçoit pas (Jean-Nicolas Grou), tout comme on lit tranquillement son journal à 300 à l’heure dans le TGV. C’est
cela qui a fait de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus la patronne des missions : Ma mère, écrivait-elle au soir de sa courte vie, depuis que j’ai compris qu’il m’était impossible de rien faire par moi-même, […] j’ai senti que l’unique chose nécessaire était de m’unir de plus en plus à Jésus et que le reste me serait donné par surcroît. (Histoire d’une âme, p. 283) Et un bon connaisseur commente : À elle seule, cette découverte devrait sacrer son auteur modèle et docteur des contemplatifs. Qui a jamais osé dire, avec tant de simple fermeté : la part de l’homme dans l’action, c’est la contemplation ? Qu’il s’unisse de plus en plus à Jésus : le reste — c’est à dire l’action même — lui sera donné par surcroît ! (A. Combes, Theresiana, p. 210)

Alors, comment savoir si Dieu nous attend à la chapelle ou sur un terrain apparemment plus efficace ? Avec sainte Thérèse et tous les saints, la seule question à se poser est celle de notre union à lui, aussi efficace que reposant :

Il faut être rempli de zèle, mais d’un zèle plein d’amour et de ferveur. Le zèle ne doit pas vous mettre dans une agitation et une activité qui vous jettent sans cesse dans le trouble et le désordre. Pour preuve d’un zèle vrai et bon, il faut que vous trouviez plus de ferveur intérieure, plus de recueillement et de désir de plaire à Dieu, en vous livrant aux œuvres que vous entreprenez, que si vous ne les faisiez pas. (François Libermann, Lettre du 16 juin 1842)

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  1. Evangéline

    Quand, j’essaie de faire

    Quand, j’essaie de faire oraison, j’avoue que je trouve un certain repos, un certain calme.

    Notre activité veut toujours de l’extérieur et du mouvement sous prétexte d’agir pour Dieu, mais souvent parce qu’elle ne sait se reposer en Dieu, ni attendre ou discerner l’ordre de Dieu pour allier l’action avec le repos…

    En effet, souvent nous voulons tjs faire des choses extérieurement sous pretexte d’agir pour Dieu, nous sommes souvent comme Marthe, qui s’affaire dans le ménage, etc…et souvent, je ne pense pas que nous sommes en communion avec le Seigneur dans l’activité.

    Alors, que si nous prenons de nous arrêter et je parle aussi pour moi, qui ne le fait pas assez souvent et pourtant c’est si reposant et on y gagne après pour faire porter du fruit, nous goûtons vraiment à la présence de Dieu. Cette manière de procéder fait que nous sommes plus à son écoute, car notre corps et notre âme reposés sont plus ouvert à ce que veut nous dire le Seigneur. Enfin de compte, nous devrions pour être bien, allier action et repos.

    Comment expliquer cette apparente passivité de Jésus ? Comment expliquer que la patronne des missions soit une carmélite morte à 24 ans sans être sortie de sa clôture ? Sinon parce que l’oraison n’est pas un retrait de l’action, mais au contraire un « branchement » sur le créateur du ciel et de la terre, infiniment agissant et efficace, « acte pur », diraient les philosophes, et pourtant parfaitement immobile

     

    Je répondrai par là, que Jésus était relié directement à Dieu son père. Il était un homme de prière, d’ailleurs je parle à l’imparfait alors qu’il faudrait que je parle plus au présent, il est un homme de prière, puisqu’il est bien “Le Vivant”.

    Pour notre petite Carmélité Ste Thérèse de Lisieux, mais je pense aussi à tous les grands Saints, comme Ste Thérèse d’Avilla, St François d’Assise, étaient aussi des hommes et des femmes de prière. Et surtout, ils n’avaient pas tout ce que nous possédons au niveau matériel, comme par exemple internet, la Tv et ils étaient plus centrés sur Dieu, sur la prière, que nous contemporains qui sommes envahie de choses qui font que nous en oublions l’ESSENTIEL. Donc comme il est dit, ils étaient bien plus branché au créateur du ciel et de la terre que nous qui sommes plutôt liés à l’activisme. Nous devons apprendre à se poser en coeur à coeur avec le Seigneur, si nous voulons voir  le Seigneur agir dans nos vies avec sa grande efficacité. Car bien souvent nous disons : Dieu n’agit pas, mais faisons nous attention à ce qu’il fait dans le silence de nos coeurs ?

    C’est
    cela qui a fait de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus la patronne des missions : Ma mère, écrivait-elle au soir de sa courte vie, depuis que j’ai compris qu’il m’était impossible de rien faire par moi-même, […] j’ai senti que l’unique chose nécessaire était de m’unir de plus en plus à Jésus et que le reste me serait donné par surcroît. (Histoire d’une âme, p. 283)

    Parfois et même bien souvent, dans nos vies, cela ne va pas comme on voudrait, même si l’on y mets le meilleur de nous même ? Et nous nous retrouvons énervés, tristes, colère, mais avons nous consulté le Seigneur, pour qu’il nous aide dans nos démarches ou autres ?

    Plus nous nous unirons au Seigneur, à Jésus, nous recevrons plus que nous le désirons, peut être pas comme nous, nous le voudrions mais dans ce qui est le meilleur pour nous même.

    Alors, comment savoir si Dieu nous attend à la chapelle ou sur un terrain apparemment plus efficace ? Avec sainte Thérèse et tous les saints, la seule question à se poser est celle de notre union à lui, aussi efficace que reposant :

     

    Ma réponse, sera d’apprendre chaque jour, à nous poser et de nous ouvrir à Jésus dans notre for intérieur. Soyons de plus en plus unis à Jésus, car bien sûr, il nous attends dans nos chapelles, nos églises, nos cathédrales, mais surtout il est dans notre chapelle intérieur, nos temples qui abritent Jésus Notre Sauveur, notre Guide Spirituel, Notre Dieu qui nous Aime avec nos fragilités comme nos Emerveillement.

    Jésus n’attends que cela, il nous attends à tout moment, il nous donne pas de rendez vous comme on va à un rendez vous chez le médecin ou coiffeur mais il est là, quand nous nous sommes prêts à l’accueillir.

    Amen.

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