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Pourquoi est-ce que certains curés refusent de prendre des filles comme enfant de chœur ?

Exprimer une révolte: 

Je ne comprends pas. 

 

 

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Commentaires

Et bien, nous ne sommes pas d'accord.

(et pourquoi parler d'attaque???)

Voilà mon point de vue sur la mixité:

 

 

Quid de la mixité à l'école?

Elle a été imposée, quasiment comme un dictat idéologique, sans réflexion.

 

Pourtant, il est évident, avec un minimum de bon sens, qu’on n’éduque pas les garçons comme les filles.

Chacun a ses richesses, ses particularités. En tenir compte, en éducation, est faire preuve de réalisme, de bon sens. Ce n’est pourtant pas acquis. Loin de là. 

 

En 1988, j’ai cherché ce qui existait comme projet éducatif « dans la mixité ». Rien. Quelques pages de la revue Etudes indiquaient cependant déjà l’échec de la mixité scolaire, plus encore en ce qui concerne une croissance équilibrée des garçons.

 

Depuis plus de 20 ans, à chaque fois que j’ai cherché du travail, j’ai demandé ce que dit le projet d'établissement sur le sujet… Question saugrenue, déplacée. « On n’a pas de problème ». 

On met des garçons et des filles ensemble, sans leur apprendre à se conduire. Sans « mode d’emploi ». C’est complètement irresponsable. 

 

Quid de l'intérêt de l'enfant? Qu'est-ce qui est meilleur pour lui? On a l'impression que ces questions passent après les idéologies… je ne les ai jamais vues exprimées.

 

Les garçons et les filles ne fonctionnent pas de la même façon. La manière d’enseigner ne peut être identique. La manière de faire travailler non plus. Sans compter les questions liées à l’affectivité, la sexualité. Mettre des garçons et des filles ensemble suppose, à mon avis, de les aider à vivre ensemble. 

Même si je pense que la séparation, à l’âge adolescent, est meilleure que le mélange, surtout sans outil.

 

On lit souvent l'argument simpliste selon lequel le monde étant mixte, il faudrait laisser grandir les jeunes dans la mixité. Mon point de vue diffère: le monde est mixte, préparons les jeunes à cette mixité. Cette préparation peut nécessiter un temps de séparation pour mieux se construire et être mieux à même de vivre cette mixité.

C'est un peu comme préparer un repas… on ne cuit pas tous les ingrédients en même temps, dans la même casserole. C'est quand tout est prêt, chacun des mets à son rythme, qu'on dispose tout ensemble dans un plat, avec harmonie.

De même la préparation vocale d'une chorale: chaque pupitre répète de son côté. Lorsque tous sont assez solides, on construit la polyphonie.

Ou encore: le monde professionnel étant ce que les jeunes doivent rejoindre… il faudrait les y mettre au plus vite? En contradiction avec la lutte pour empêcher le travail des enfants.

 

On lit aussi que la mixité serait une chance pour éduquer à la vie affective et sexuelle. D'abord, cette éducation n'est pas faite. Ensuite, en quoi la non-mixité l'empêcherait-elle?

Et cette "chance", personne ne la démontre.

De plus, la vie affective ne concerne pas que la question de la relation mixte, loin de là: joie, peur, colère, honte, etc.

Apprendre à se connaître, et connaître les mouvements de son âme, ne nécessite pas non plus la mixité.

 

J’ai encadré des internats dans des établissements non mixtes, des internats de garçons dans des établissements mixtes, et des internats mixtes. Cette expérience conforte mon avis : la séparation est meilleure que le mélange.

 

La non-mixité est un gage de stabilité. Pour les garçons comme pour les filles.

Au début de l'adolescence, elle est sûrement plus nécessaire encore aux garçons qui peuvent être plus fragiles. Pour se construire, il faut un temps d'identification, entre pairs. Surtout dans un monde très mixte… et sensualisé.

 

* * *

 

« on n’a pas de problème », cela traduit-il un refus de se confronter à la question? De voir la réalité en face?

 

En 20 ans de carrière, je n'ai pas vu une ligne de projet éducatif abordant la question.

 

Les Apprentis d'Auteuil ont, eux, développé des outils pour aider les jeunes dans ces domaines. En janvier 2012, j'ai assisté à la présentation de ce riche travail, effectué depuis de longues années.

Il s'inspire d'ailleurs des formations que j'ai moi-même suivies: Teen Star, Aline Lizotte, Xavier Lacroix.

 

Les établissements intéressés par ces questions auraient intérêt à travailler avec les Apprentis d'Auteuil… des années de gagnées.

 

* * *

 

J’ai constaté que :

 

- lorsqu’on sépare les sexes : 

Les études se passent nettement plus paisiblement. Chacun travaille mieux. 

Idem pour les contrôles : le spectacle de dos nus, de strings, etc, ne peut pas aider un garçon à se concentrer en DS.

 

- les garçons ont besoin d’être tranquilles pour grandir, entre pairs. Paisiblement. Plus encore que les filles.

 

- sur le plan « affectif » (et plus encore sexuel, en fait), les mélanges conduisent à des comportements déplacés, facilement. Exemples vécus: 

Une fille de 5è regardant des garçons jouer, m’interpelle sur les détails anatomiques de certains joueurs.

Un garçon de 4è me montrant, fort troublé, les messages SMS reçus de filles de l'établissement, l’invitant à des pratiques sexuelles explicites.

Plusieurs garçons me demandant conseil, suite à des avances faites par des filles de leurs classes.

Une fille de 4è proposant (et le faisant) la fellation à un garçon de 5è. 

Des filles de lycées « chassant » de jeunes collégiens. 

Un fille de 4è montrant des photos d’elle, torse nu, exhibant son string… puis entraînée aux toilettes par deux des garçons ainsi allumés qui l’ont pelotée de manière très entreprenante. Garçons très surpris d’avoir ensuite affaire à la Gendarmerie.

Jeune lycéenne faisant une fausse couche en pleine nuit, sans doute sous l’effet du RU 486.

 

* * *

 

Des enquêtes sont pleines d’exemples qui devraient alerter les éducateurs. Ainsi : "Ados: la fin de l'innocence, enquête sur une sexualité à la dérive", de Géraldine Levasseur (2009).

 

Certains ouvrages abordant ce thème n’osent aller jusqu’au bout de la problématique, et, en même temps qu’ils critiquent la mixité, clament qu’il n’est pas question de revenir sur ce mélange.

 

Le livre de Michel Fize, paru en 2003, "Les pièges de la mixité scolaire", abordait déjà la problématique, sans aller jusqu'au bout. C'est d'ailleurs plus aux éducateurs de se positionner qu'à un sociologue.

 

Dernièrement (2009), "Sauvons les garçons", de Jean-Louis Auduc, a levé un coin du voile. Mais il n'aborde le problème que sous l'angle des résultats scolaires… C'est bien limité. Et il proclame qu'il n'est pas question pour lui de remettre en question le choix de la mixité. Bien timide prise de position.

 

Un ouvrage un peu différent, fort intéressant, est paru en 2004: "Pourquoi les garçons sont différents?", du Dr Bonnie MacMillan. Il devrait aider à réfléchir sur la question. Et permettre de mieux comprendre la nécessité de pratiques pédagogiques complémentaires.

 

Philippe van Meerbeeck est neuropsychiatre, psychanalyste et professeur à la faculté de Médecine de l’Université catholique de Louvain (UCL):

Lalibre.be - "Il faut séparer les filles et garçons à la puberté. Les mélanger à cet âge-là est une absurdité."

 

L'EASSE (European Association for Single Sex Education) publie des études riches et de bon sens sur ces sujets.

.. E A S S E .. asociación europea de centros de educación diferenciada

 

* * *

 

Lorsque j'étais directeur de l'internat, à Blois, , entre 1992 et 1999, j'avais initié une formation proposée aux internes. J'intervenais pour donner des éléments de réflexion sur la personne humaine. Une personne extérieure, recommandée par le diocèse, abordait les questions plus précises de la vie affective et sexuelle, avec des outils qu'elle avait conçus.

 

***

 

Ce n'est qu'en 2010 que l'Enseignement Catholique prend conscience officiellement de cette question… il était temps! Que de temps perdu et de générations gâchées.

Sous l'angle de l'éducation affective.

La prégnance de l'idéologie est forte. Je cite page 12: "La mixité scolaire qu'il n'est pas question de remettre en cause". On ne nous dit pas pourquoi. Personne ne peut avancer les arguments suffisants qui interdiraient de penser une remise en cause. Et on l'interdit quand même… c'est du totalitarisme. La mixité est considérée comme un tabou. On est dans le politiquement correct.

Un peu plus loin, dans le même paragraphe, la contradiction: "il peut être utile dans un établissement mixte de prévoir des activités éducatives proposées à chacun des deux sexes séparément".

D'un côté on ne remet pas en cause, sans dire pourquoi, de l'autre on l'ose timidement, sans dire pourquoi non plus.

 

Si la mixité est partie prenante d'un projet d'éducation, on devrait pouvoir lire des lignes sérieuses sur ce que c'est, pourquoi on le fait (origines et fins), et comment. Puis être capable d'évaluer, tant la méthode que les résultats. Enfin, de modifier le projet en fonction.

 

Et quand je lis la bibliographie, je suis un peu perplexe. Dolto… et pas Henri Joyeux, ni Anatrella, ni Xavier Thévenot. Le reste de la liste de livres est très positive, heureusement.

 

Si le document est intéressant, il ne me satisfait pas complètement.

On peut également espérer que d'autres éléments seront abordés rapidement, comme l'angle pédagogique. Je le maintiens: on n'enseigne pas de la même façon à des personnes différentes.

 

Cela est démontré par divers chercheurs. J'ai eu l'occasion de participer à un colloque sur le sujet, en juin 2012. La physiologie (et la psychologie) des garçons et des filles est différente, donc les démarches cognitives. En tenir compte serait du simple bon sens. Quelques exemples:

 

Les garçons choisissent les jouets roulants, les filles les poupées et peluches. On dira que c’est du formatage. Un institut a fait l’expérience avec des singes adultes… on obtient quasiment la même répartition ! Les singes sont-ils aussi influencés par nos marchés du jouet ?

Les garçons aiment ce qui bouge. Les filles sont sensibles aux couleurs et aux textures.

Raisons liées à l’anatomie de la rétine. Des cellules vont répondre à deux questions : Qu’est-ce que c’est ; où est-ce que ça va ? Le système qui répond à « où ça va » est prédominant chez les mâles des mammifères, le système « couleur, texture » est prédominant chez les femelles.  

 

Différences visuelles

Si vous demandez à des enfants de maternelle de dessiner, librement. On obtient des résultats étonnants. Diapos d’exemples. Les filles privilégient les vues de face, plus de couleurs, les scènes de la vie quotidienne, presque toujours, il y a un visage avec des traits. Les garçons les vues aériennes, les scènes imaginaires auxquelles ils n’assistent pas personnellement, moins de couleur, il y a presque toujours du mouvement (92,4% contre 4,6%), presque jamais chez les filles.

Les différences rétiniennes et cérébrales déterminent une manière de voir le monde. Adulte, on a appris à être sensible aux couleurs (hommes), ou aux mouvements (femmes).

Différences auditives.

Nous avons tous un niveau d’audition de confort.

9 décibels supérieur chez les garçons / filles.

Donc erreur à ne pas faire : mettre les filles devant et les garçons derrière. Au fond, les garçons s’endorment, ils ne peuvent entendre.

 

Le garçon est fait pour le mouvement, l’action.

Ne pas demander « comment vous sentiriez vous si ? », mais « que feriez vous si ? ».

Captiver par des événements, pas par des causes ou des conséquences.

 

***

 

Les remarques d'un scientifique (Jean-Marc Bonnet-Bidaud est astrophysicien) sur le tabou du Big Bang me semblent tout à fait ajustées à celui de la mixité scolaire: "Il y a de nombreux cas dans l'histoire qui montrent que quand on s'accroche à une description, quand les pensées se figent et deviennent très peu perméables aux critiques, la science perd dix, vingt ans, voire des siècles. J'aimerais bien que la science bouge, que les débats s'instaurent, que les connaissances progressent, mais j'ai le sentiment personnel que cet aspect frigorifié ralentit l'avancée de la recherche. C'est peut-être lié à son économie : pour proposer un projet, il faut pratiquement que vous soyez sûr du résultat que vous allez trouver. Or ce n'est pas la démarche naturelle de la science : on devrait explorer et faire autant d'expériences pour invalider les concepts que pour les valider. Dans ce livre, nous voulions souligner à quel point notre conception de l'Univers est fragile. Le modèle du Big Bang nous sert de colonne vertébrale et je n'ai rien contre. Cette façon de penser l'Univers dans sa globalité et son évolution était un bon excitateur de neurones au départ. Mais cela fait sans doute vingt ou trente ans qu'on aurait dû s'apercevoir qu'on est sur une forme de fausse piste. Quand cela ne marche pas, il faut regarder ailleurs mais trop peu d'efforts sont faits dans cette direction."

 

 

***

 

Je pense enfin que les parents devraient avoir plus de choix qu'il n'est possible aujourd'hui. Avoir un seul modèle à proposer n'est pas sain. Tous les enfants ne sont pas identiques. Et certains ont besoin d'environnements différents, au long de leur croissance.

 

Portrait de Cat-modératrice

Je trouve extrêmement dommage (et dommageable) en effet que l'on ne puisse pas débattre de la question de la mixité scolaire sans que l'on crie au scandale ou au machisme.

Combien de témoignage de collégiens et d'enfants de l'école primaire qui ont souffert d'une forte agressivité ou de moqueries méchantes et humiliantes de la part des enfants de l'autre sexe ? Combien d'actes de harcèlement sexuels dès le plus jeune âge (pour ma part, contrairement aux exemple d'ermort, j'ai surtout vu et entendu parler de ce genre d'attitude de la part des garçons envers les filles).

Un homme parmi mes proches a fait une scolarité médiocre, parce que lorsqu'il a débuté le collège, ses camarades garçons le traitaient de fille à cause de ses résultats brillants. Il est volontairement descendu à une moyenne de 11/20 pour échapper à ces moqueries.

Il y a sûrement des exceptions, mais dire que d'une manière générale il n'y a pas de raison pour que la présence de filles parmi les servants d'autel fasse fuir les garçon, c'est de l'idéalisme.

La méchanceté des collégiens n'est pas une affaire de mixité.
Il y aura toujours des souffre-douleurs dans les collèges qu'ils soient mixtes ou non. Ce phénomène a toujours existé.
La non mixité peut même au contraire renforcer les clichés sur le sexe opposé. C'est dans l'ignorance que se forme les préjugés.
Donc le garçon qui se fera de traiter de "fille" parce qu'il a de bons résultats, ça a une probabilité encore plus forte d'exister dans les établissements non mixtes.
Il suffit de voir que quand on met des mecs entre eux, ça tourne vite au "concours de bite" pour être vulgaire. Le moins viril sera stigmatisés. Déjà, j'en souffrait dans mon collège. Si je n'avais pas eu d'ami fille à l'école, je me serais tiré une balle :D
Sur le sujet, un lien pas avec mal de la bibliothèque centre pompidou et un émission de France Culture sur le sujet:
http://www.bpi.fr/fr/les_dossiers/sciences_humaines_et_sociales2/mixite_...

Je ne dis pas que tout est rose mais il faut faire attention aux fausses solutions.

C'est triste qu'on puisse seulement envisager de se poser ce genre de questions. Ne soyons pas étonnés que le fossé entre l'Eglise et le monde continue à se creuser. Hélas Jean Paul II avait aussi des idées de ce type là

Portrait de Cat-modératrice

C'est mauvais signe quand l'Église est en plein accord avec le monde (ce n'est pas moi qui le dis, c'est Jésus).

Il n'a jamais été question d'être en plein accord avec le monde. Mais il ne s'agit pas non plus de se considérer comme une forteresse assiégé par un monde qui est mauvais. Lisez Gaudium et Spes paragraphe 1

Portrait de Cat-modératrice

Je suis d'accord avec vous sur ce point.

Il ne s'agit pas d'être en accord avec le monde mais de vivre dedans pour savoir annoncer l'évangile.
Et sinon Benoit XVI n'a rien contre les servantes, la preuve:
http://www.la-croix.com/Religion/Urbi-Orbi/Monde/Des-servantes-d-autel-l...

Portrait de Cat-modératrice

« Le Saint Siège » ça ne veut pas forcément dire Benoît XVI. Je ne pense pas qu'il se chargeait de ce genre de détails dans l'organisation de ses voyages.

C'est clair… d'autre part, on sait que les Eglises locales ont parfois des pratiques assez bizarres… qui ont été imposées à tel ou tel voyage papal.

Le pape peut souhaiter qlq chose… et n'être pas écouté. 

C'est assez fréquent aussi au niveau d'un diocèse. 

Notre Occident a dévalorisé l'obéissance, au profit de l'orgueil.

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Dr. Radut Consulting