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Pourquoi est-ce que certains curés refusent de prendre des filles comme enfant de chœur ?

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Je ne comprends pas. 

 

 

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Commentaires

merci pour ce beau commentaire !

De manière récurrente ce sujet revient sur tous les sites catholiques ou se prétendant tels. Depuis plus de 40 ans , le Vatican, de manière officielle, autorise avec la bénédiction de l’Ordinaire du diocèse, les filles et femmes à servir à l’autel et à y exercer toutes les fonctions, servante, acolyte, céroféraire, cruciféraire, thuriféraire, naviculaire, cérémoniaire.

Dans ma paroisse, le groupe des servants d’autel est mixte et il n’y a aucune distinction entre garçons et filles, habillés de manière identique avec l’aube. Je viens de former 4 thuriféraires : 3 garçons et 1 fille. N’oublions pas que la Vierge Marie a été le Première Servante du Seigneur. Certes SS Sainteté Jean-Paul II avait dit en son temps qu’il fallait continuer à favoriser le service par les garçons comme vivier de vocation sacerdotale, mais il n’avait jamais dit que cela devait se faire par l’exclusion des filles qu’il a lui-même autorisé. Les filles n'ont jamais chassé les garçons et tout le monde s'entend à merveille. C’est l’argument fallacieux qu’utilisent certains prêtres qui n’ont pas le courage d’assumer personnellement leur refus des filles.

Que n’ai-je entendu ? , un enfant de 10ans servant, revenant chez lui et répéter à sa sœur plus jeune ce qu’il avait appris : Moi je suis servant je suis supérieur à toi, toutes les filles sont inférieures. Pour l’anecdote le Papa n’a pas été du tout content (ce n’était pas moi) et a été dire deux mots au curé !

La congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, le Magistère et le CJC sont clairs, les filles peuvent être servantes d’autel, sans l’autorisation de l’Ordinaire qui, conformément aux textes, ne peut que s’y opposer et doit en cas de refus expliquer sa position. C’est le Vatican qui autorise le service par les filles et non l’évêque c’est clair, net et sans aucune ambiguïté.

Et n’existe pas canoniquement le lot de consolation que certains prêtres proposent aux filles: Service de l’assemblée affublée de tenues qui n’ont rien de liturgiques avec interdiction d’entrer dans le chœur etc....

S’il fallait l’autorisation expresse de l’évêque le texte serait ainsi rédigé : Les filles ne peuvent servir qu’au jugement prudentiel de l’évêque. Entendu de la bouche de notre Archevêque : Un prêtre n’a pas à refuser qu’une fille lui serve la messe ! A ma connaissance aucun évêque en France n’a interdit les servantes.

D’autre part un prêtre qui refuse dans sa paroisse les filles comme servante alors que son évêque ne les interdit pas commet un acte grave de désobéissance qu’il a pourtant promise à celui-ci et à ses successeurs lors de son ordination. Il existe une hiérarchie dans l’église que les prêtres comme dans toute société, doivent respecter, ce ne sont pas des électrons libres. Je comprends que certains souhaitent exclure les filles, mais le Vatican en a décidé autrement.

De manière habituelle les opposants au service de l’autel par les filles tentent de justifier leur position, en argumentant que les femmes n’ont pas accès au sacerdoce. Argument de mauvaise foi, ces jeunes filles ne cherchent qu’à Servir et vivre leur Foi au plus près du Seigneur et ne prétendent en aucun cas au sacerdoce. Les filles seraient-elles des « SOUS BAPTISÉES » indignes de porter l’aube et d’entrer dans le chœur pour « SERVIR » ? ; non, l’homme et la femme sont pour Dieu des « Créatures égales » et non pas comme le prétendent péjorativement certains esprits machistes : « La femme n’est que le complément de l’homme ». Les textes qui autorisent le service de l’autel par les filles sont nombreux et sans ambiguïté ; Sa Sainteté Jean-Paul II dans son discours lors de la rencontre internationale des servants et servantes d’autel en 2001 à Rome souhaite que des vocations religieuses éclosent chez les Servantes comme les Vocations sacerdotales chez les garçons.

Ne désunissons pas ce que Dieu a unit. La mixité du Service de l’autel est une richesse ecclésiale.

Votre argumentation me semble aller de travers:
"un prêtre qui refuse dans sa paroisse les filles comme servante alors que son évêque ne les interdit pas commet un acte grave de désobéissance" écrivez-vous…
Quelque chose que n'interdit pas un évêque n'en devient pas pour autant obligatoire. La liberté est alors laissée au curé.
A trop vouloir l'égalitarisme, vous risquez le manque de rigueur dans la réflexion.

Bonsoir Ermort

Tout d’abord merci d’avoir consulté mon opinion sur ce thème malheureusement récurrent et controversé.

Vous me dites risquer de manquer de rigueur dans la réflexion Permettez-moi alors de m’étonner de votre conception très élastique du pouvoir décisionnaire d’une hiérarchie et de son interprétation par des subordonnés. :

Mon évêque n’interdit pas le service de l’autel par les filles, C’est donc qu’elles peuvent Servir dans tout le diocèse où je suis incardiné !. Mais quel Évêque progressiste ai-je ? Donc moi Curé je les interdis dans la paroisse qui m’est confiée!

Mon évêque interdit le service de l’autel par les filles C’est donc qu’elles n’ont pas le droit de Servir dans tout le diocèse où je suis incardiné. Mais quel Évêque rétrograde ai-je ! Donc Moi curé je les autorise dans la paroisse qui m’est confiée !

Deux cas de désobéissance aussi grave l’un que l’autre. Non la liberté n’est pas laissée au Curé. Dans tous les textes concernant le service de l’autel par les filles, le CJC de 1983 §230-2 son interprétation par les Pères de la commission pontificale pour l’interprétation authentique du Code de Droit Canonique : il n’a jamais été donné aux curés le droit de s’opposer aux décisions de leur Ordinaire ou de les contrarier. Il est stipulé dans ce canon que seul l’Évêque a son mot à dire, pas un curé.
http://www.vatican.va/roman_cu...

Il y a dans l’Église, comme dans toute société qu’elle soit civile ou militaire, laïque ou religieuse, une hiérarchie dont tout un chacun doit en respecter les règles, les limites et les obligations et cela qu’on le veuille ou non s’applique aussi à tous les prêtres dans l’Église. D’autant plus pour eux que lors de leur ordination, le diacre ou le prêtre promet obéissance à l’Évêque qui l’ordonne ainsi qu’à ses successeurs.

Est-il besoin de vous rappeler un certain Marcel Lefebvre qui s’est opposé au Pape avec les dégâts que l’on connait pour des milliers de Catholiques.

A ma connaissance aucun Évêque en France n’a interdit le service de l’autel par les filles dans leur diocèse, alors ne cherchons pas midi à quatorze heures et laissons nos jeunes chrétiennes vivre leur foi comme Servante d’Autel au même titre que les garçons.

Ne désunissons pas ce que Dieu a unit. La mixité du Service de l’autel est une richesse ecclésiale.

Je ne vis pas en France mais même dans mon diocèse les filles servent avec la bénédiction de notre Évêque qui nous a dit : « Un prêtre n’a pas à refuser qu’une fille lui serve la messe ».

Cordialement

Henri

Décidément, votre manière de réfléchir me paraît hors de toute rigueur intellectuelle.

Si je comprends votre façon de penser, tout ce qui n'est pas interdit devient obligatoire… il me semble que c'est très primaire, et totalement faux. Si je n'interdis pas le vin à table, tous les convives doivent en boire?

Vous mélangez les registres.

Lorsqu'un évêque ne prend pas la décision / service de l'autel, et laisse ses curés apprécier pour leurs paroisses ce qui leur semble le mieux, c'est au curé de décider.
Ça s'appelle d'ailleurs la subsidiarité.

Quant au service de l'autel par les filles, il s'agit d'une tolérance, pas d'une obligation imposée par l'Eglise. Heureusement, notre sainte mère ne tombe pas dans le travers de nos politiques qui imposent une parité ridicule et irréaliste.

Enfin, vous écrivez "Ne désunissons pas ce que Dieu a unit"… là, vous mélangez encore. Le service de l'autel n'est pas le mariage !!

Votre évêque aurait dit "un prêtre n'a pas à réfuser…", il y a pourtant des diocèses où les évêques ne veulent pas que les filles servent la messe. Et ils en ont parfaitement le droit.

Enfin, un petit exemple vécu: il y a qlq années, j'échangeais avec un prêtre chargé des servants d'autel. Son évêque était contre la présence des filles au service de l'autel, il le savait clairement, mais recrutait des filles à tout de bras tout de même. Quel bel exemple d'obéissance à son évêque, n'est-ce pas? Lorsque je soulevai ce point, il me répliqua: Mgr ne me l'a pas interdit explicitement, alors je continue à ma manière, même si je sais qu'il n'approuve pas.

Cordialement.

INCROYABLE réponse à ermort

J’ai écrit :

Mon évêque n’interdit pas le service de l’autel par les filles, C’est donc qu’elles peuvent Servir dans tout le diocèse où je suis incardiné !.

Et vous interprétez :

Si je comprends votre façon de penser, tout ce qui n'est pas interdit devient obligatoire… il me semble que c'est très primaire, et totalement faux.

Je n’ai jamais dit ou pensé cela. Ne me prêtez pas des propos que je n’ai pas tenus.

J’ai dit : elles PEUVENT Servir et en aucun cas il est OBLIGATOIRE qu’elles servent.

[supprimé par la modération]

Portrait de Filippo-modérateur

Bonjour Henri, et bonjour à tous ceux qui ont déjà participé à ce débat et veulent tenter de clarifier le sujet.

Merci à Henri et à Ermort de nous donner matière à réflexion.
 
Je vois que le ton est sérieusement monté ces derniers temps. Cela vérifie la règle maintes fois constatée en matière de liturgie : il est très difficile d'éviter d'en venir aux mains, et je comprends cela parfaitement. La liturgie est le cœur de la foi chrétienne. Et la foi chrétienne est par définition le cœur de toute la vie d'un chrétien. Il est donc logique que la liturgie soit l'objet de débats passionnés.
 
Dans cette affaire, je tente, avec un espoir limité mais réel, d'éliminer du débat ce qui doit l'être, à savoir la position officielle de l'Église sur le sujet. On peut argumenter sur le fond, mais pas sur cette position, car en cherchant bien, les textes ne laissent pas place à l'ambiguïté.
 
Je me réfère à l'ensemble des textes officielles avant de poursuivre. Je le fais parce que je n'ai pas encore vu dans les commentaires une citation exhaustive de ces textes, seulement des bribes. Ensuite, j'en tirerai des déductions qui sont, il me semble, directement tirées des textes, des déductions qui me semblent difficilement réfutables si l'on applique de la logique traditionnelle. Maintenant, je ne demande qu'à écouter des arguments me prouvant le contraire.
 
Le §47 stipule : Les filles ou les femmes peuvent être admises à ce service de l’autel, au jugement de l’Évêque diocésain; dans ce cas, il faut suivre les normes établies à ce sujet. [voir note 122]
 
Les normes mentionnées dans la note 122 émanent de la même Congrégation, et ont donc un degré d'autorité équivalent. Il s'agit de :
  • la Responsio ad propositum dubium (11 juillet 1992) qui précise le canon 230 § 2 du Code de droit canonique (1983)
  • la Lettre sur les fonctions liturgiques exercées par des laïcs (1994)
  • la Lettre à un évêque [concernant le service des femmes à l’autel] du 27 juillet 2001
La Lettre à un évêque, que je n'ai trouvé qu'en anglais, est le texte le plus récent. Elle cite abondamment les textes antérieurs, et elle dit elle-même : "Ce Dicastère considère la présente Lettre comme normative".
 
Cette lettre est une réponse à un évêque dont la question était : "un évêque diocésain a-t-il la possibilité d'obliger ses prêtres à admettre des femmes et des filles au service de l'autel".
 
Voici les trois citations que je retiens (si la traduction vous semble tendancieuse, faites-le moi savoir) :
  • l'évêque diocésain a l'autorité pour permettre le service de l'autel à des femmes dans les limites du diocèse confié à ses soins
  • l'évêque diocésain, après avoir entendu l’avis de la Conférence épiscopale, doit fonder son jugement prudentiel sur ce qu'il considère s'accorder le mieux avec les besoins pastoraux locaux pour un développement ordonné de la vie liturgique dans le diocèse qui lui est confié.
  • une telle autorisation ne peut, en aucun cas, exclure les hommes, et en particulier les garçons, de l'autel, ni non plus obliger les prêtres de ce diocèse à utiliser des servantes d'autel
Il ressort d'abord de ce texte que chaque évêque est encouragé à prendre une position officielle, argumentée, et expliquée sur le service de l'autel dans son intégralité, concernant la "députation temporaire" (Code de droit canonique 230 §2) des laïcs à ce service, et pas seulement concernant l'autorisation des filles au service de l'autel.
 
Comme le dit fort justement Henri : "S’il fallait l’autorisation expresse de l’évêque le texte serait ainsi rédigé : Les filles ne peuvent servir qu’au jugement prudentiel de l’évêque." On peut donc admettre qu'il y a un usage, et l'évêque n'est pas obligé d'émettre le fameux "jugement prudentiel". Cependant, comme tout usage, celui d'admettre les filles à l'autel peut être supprimé par une norme, il n'est pas une norme en lui-même.
 
Là où j'ai du mal à vous suivre, Henri, c'est lorsque vous dites :
"Mon évêque n’interdit pas le service de l’autel par les filles, C’est donc qu’elles peuvent Servir dans tout le diocèse où je suis incardiné !"
Si cela implique pour vous qu'elles ont la liberté de le demander à leur curé et celui-ci la liberté de leur accorder, je vous suis. Mais vous ajoutez :
"un prêtre qui refuse dans sa paroisse les filles comme servante alors que son évêque ne les interdit pas commet un acte grave de désobéissance qu’il a pourtant promise à celui-ci et à ses successeurs lors de son ordination."
 
Or, le texte de la Lettre stipule que :
"une telle autorisation [le service des femmes et filles à l'autel par l'évêque] ne peut, en aucun cas, exclure les hommes, et en particulier les garçons, de l'autel, ni non plus obliger les prêtres de ce diocèse à utiliser des servantes d'autel"
 
Ou bien l'évêque a ce pouvoir d'imposer les filles au service de l'autel aux prêtres, ou bien non. C'est l'un ou l'autre, c'est une prise de postion de caractère binaire. Or, il faut bien reconnaître que le texte émanant de l'autorité centrale de l'Église interdit une telle mesure, c'est écrit en toutes lettres. Je ne prends pas de position de principe, je cite une norme.
 
L'obéissance des prêtres à leur évêque n'est pas absolue, elle est soumise aux normes de l'autorité centrale de l'Église, et c'est exactement ce que nous voyons ici : c'est l'évêque qui doit se plier à une interdiction, et non le prêtre à un ordre positif.
 
Il me semble donc, au vu de ce qui précède, que les normes donnent bien aux prêtres le pouvoir de décider par eux-mêmes (sauf interdiction explicite du service de l'autel par les femmes émanent de l'évêque), sans qu'une autorité, fusse-t-elle celle de l'évêque, puisse trancher à leur place, sur l'admission ou la non admission de filles au service de l'autel.
 
Si l'on veut résumer au plus court, on peut dire que la position de la Congrégation pour les sacrements est celle-ci : le service des femmes et filles à l'autel est possible, mais suppose l'accord, implicite ou explicite de l'évêque, ET l'accord du prêtre.
 
Vous remarquerez que je ne me place pas du tout sur le débat du principe même de cette admission. On peut exprimer et argumenter l'opinion selon laquelle les autorités centrales de l'Église ont tort de laisser ce pouvoir d'interdiction aux prêtres, ou l'inverse. Sur cela, on peut débattre librement, et heureusement ! Ce n'est en rien un dogme !
 
J'ai voulu simplement énoncer la position actuelle exacte de l'autorité centrale de l'Église, car il me semblait qu'elle n'était pas suffisamment clarifiée dans les commentaires antérieures.
 
L'article de La Croix sur l'affaire de Bayonne en 2009 est une parfaite illustration de ce que je viens d'énoncer, il cite exactement les textes que je présente ci-dessus.
 
NB : l'accueil par Benoît XVI du pélerinage des servants d'autel le 29 août 2012, pélerinage comportant environ 500 filles, n'a pas de rapport avec le débat sur la faculté pour un prêtre de refuser des filles à l'autel.
 
J'espère avoir contribué à replacer le débat là où il doit être : sur le principe même de la participation des filles au service de l'autel, et non sur le terrain de la position officielle de l'Église sur ce sujet.

 

Merci pour ces précisions… avec lesquelles je suis parfaitement d'accord (ouf!)
:)
Amicalement

je pense une autre raison pour laquelle ce sujet suscite autant de tensions est le fait qu'il révèle assez clairement que pour l'église catholique la vocation des hommes et des garçons est, et a toujours été, plus important que celle des filles. Aucun discours euphémisant laisse tromper sur le fond de ce fait, voilà la réalité. C'est bien un machisme très profondément ancré, rien d'autre.

Portrait de Filippo-modérateur

Rien ne vient confirmer votre assertion selon laquelle "pour l'église catholique la vocation des hommes et des garçons est, et a toujours été, plus important que celle des filles".

De plus, une argumentation qui contient un "toujours" doit être très fortement appuyée, car il suffit d'un seul contre-exemple pour l'abattre. Or, ici, ils sont surabondants :

  • dans l'Evangile, Jésus laisse une place inhabituelle pour l'époque aux femmes de son groupe
  • les évangélistes prennent bien soin de rapporter que c'est Marie de Magdala qui est la première à rapporter la nouvelle de la résurrection aux apôtres (Jean 20), et les évangélistes sont des hommes
  • dans les Actes des Apôtres, on voit de nombreuses femmes se convertir, à la grande joie des missionnaires, comme Lydie, la négociante en pourpre de la ville de Philippe (Actes 16)
  • au temps des persécutions romaines, les femmes sont vénérées autant, sinon plus que les hommes, comme le montre le Canon romain, où l'on fait mémoire de "Félicité, Perpétue, Agathe, Lucie, Agnès, Cécile, Anastasie"
  • En 431, Marie est déclarée "Mère de Dieu", et elle recevra également plus tard les titres de Reine des âpotres, des anges, des saints, des martyrs...
  • dès les premiers temps des Pères du désert, on voit apparaître des "Mères du désert", comme Synclétique (IVe siècle) ou Sarra (Ve siècle). Le texte auquel je me réfère mérite d'être cité de manière plus importante : « Pallade mentionne 2,975 femmes dans son Histoire lausiaque, et, selon Wallis Budge, dans la Préface du The Paradise of the Fathers, "des soixante-huit histoires du premier livre du Paradis syriaque, dix-neuf sont consacrées aux vies de femmes," qui, dit-il, "étaient aussi bien en mesure de vivre la vie difficile du solitaire que tout homme." 27% est une proportion considérable, puisqu’il s’agit de femmes ou de groupes de femmes identifiées individuellement et qu’on ne tient pas compte d’innombrables vierges anonymes qui vivaient au désert comme cénobites ou recluses. »
  • Saint Benoît fonde le monachisme en Occident et sa sœur Scholastique devient elle-même moniale immédiatement, la concommittance est totale.
  • Au cours de l'histoire de l'histoire, il y a eu BIEN PLUS de fondations d'ordres féminins que d'ordres masculins, c'est une évidence absolue
  • Au XIIe siècle, Pétronille de Chemillé, à Fontevraud, est l'abbesse non seulement de l'abbaye des femmes mais aussi de celle des hommes. Dès le Haut Moyen-Âge, la pratique des monastères doubles avec direction par une abbesse était courante. 
  • L'Eglise n'a jamais fait de différence dans la canonisation des hommes et des femmes. Les fondatrices canonisées se comptent par centaines.
  • L'Eglise a toujours reconnu la grande valeur évangélisatrice des ordres féminins, surtout dans le service des pauvres, des malades et dans l'éducaiton. Les populations des pays de mission se sont souvent converties en regardant le travail des sœurs plus qu'en écoutant la prédication des prêtres. On peut citer parmi des milliers d'autres Marie de l'Incarnation, que Bossuet qualifiait de "Thérèse de la Nouvelle France".
  • Au XIIIe siècle, la toute première fondation de saint Dominique est un couvent de femme, celui des "Pauvres Dames", à Prouille. Ce n'est qu'ensuite que des hommes viendront vers lui et qu'il fondra les dominicains.
  • La confirmité doctrinale de Jeanne d'Arc a été confirmée par les clercs choisis par le futur Charles VII, et pourtant, aux yeux de l'époque, il aurait été facile de ne la voir que comme une paysanne illettrée illuminée, une gamine cherchant à se mettre en valeur, et pour tout dire, atteinte du plus haut degré de folie, ou bien une sorcière, ce que diront les clercs à la solde des anglais (mais eux risquaient leur carrière s'ils disaient autre chose)
  • Les franciscains hommes ont toujours tenus en haute estime leurs homologues féminins, sainte Claire fournissant un pendant féminin rayonnant à la pure lumière de saint François
  • les "couples" mystiques abondent dans l'histoire de l'Eglise : Benoît et Scholastique, François et Claire, François de Salles et Jeanne de Chantal, Marguerite-Marie et Claude la Colombière, Thérèse d'Avila et Jean de la Croix... Qui osera dire que l'Eglise a vu l'un comme supérieur à l'autre ?
  • De très nombreuses femmes consacrées ont conseillé les papes, Catherine de Sienne et Brigitte de Suède, pour ne citer que deux qui me viennent à l'esprit. Catherine de Sienne a même réussi à convaincre Grégoire XI de quitter Avignon pour revenir à Rome. Un tour de force non ?
  • Les religieuses qui ont tenu bon pendant la Révolution sont canonisées à tour de bras par l'Eglise, l'exemple le plus célèbre étant celui des carmélites de Compiègne.
  • Au XIXe, on voit la fondation des innombrables ordres religieux féminins missionnaires, dans le monde entier, la France pouvant s'enorgueillir d'être à l'origine d'une grande part d'entre eux.
  • D'innombrables religieuses furent mises à mort et canonisées durant le XXe siècle, victimes des deux totalitarismes ainsi que de toutes sortes d'autres persécutions
  • Un autre exemple de la valorisation de la vocation féminine par les papes, exemple célébrissime : la "petite" Thérèse. Pie X: «La plus grande sainte des temps modernes», Pie XI: «L’étoile de mon pontificat», Paul VI: «Je suis né à l’Église le jour où la sainte est née au ciel». Jean-Paul II en fait la troisième femme Docteur de l'Eglise en 1997.

Donc, non, la vocation des garçons n'a pas "toujours été" plus importante que celle des filles. Je me sens poussé à qualifier cette affirmation de généralisation grossière, c'est le terme qui me semble le plus adapté.

Pour le temps présent, je ne vois pas non plus ce qui vous permet de dire ça. La mise en valeur des vocations féminines n'a jamais été aussi élevée.

Pour avoir fréquenté un service des vocations et connaître de l'intérieur les structures cléricales françaises par mon passage au séminaire, je n'ai jamais constaté ce que vous dites, et je n'ai jamais eu de témoignage de consacrées féminines allant dans votre sens.

Combien de prêtres disent leur joie de pouvoir s'appuyer sur des communautés féminines solides, comme je l'ai vu avec des carmélites apostoliques polonaises dans le sud de la France. Elles sont habituellement mieux formées et plus disponibles, et ont une vie de prière plus développée que les laïcs, ce qui leur permet de rendre un meilleur service dans les paroisses où elles sont envoyées, ceci ne dévalorisant en rien le service admirable des hommes et femmes laïcs dans les paroisses.

Dans le séminaire où j'étais, nous avions plusieurs religieuses comme professeurs, et à part quelques esprits un peu arriérés, nous étions heureux d'avoir grâce à elle une approche quelque peu différente de celle de nos professeurs hommes. En tout cas, elles avaient été nommés par les instances dirigeantes sans aucune réticence, les professeurs travaillant tous avec un zèle et un respect mutuel incontestables.

Beaucoup de religieuses travaillent maintenant au Vatican, parfois à des postes très élevés. En 2004, saint Jean-Paul II a nommé sœur Enrica Rosanna sous-secrétaire de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique. Cette fonction est celle de numéro 3 (1 : préfet, habituellement un cardinal. 2 : secrétaire, habituellement un évêque). Jusque-là, la tradition était de donner cette fonction à un prêtre. La même année, il a aussi nommé sœur Sara Butler membre de la Commission théologique internationale.

Si vous aviez dit : "Il est arrivé, et arrive encore, que certains membres de l'Eglise, clercs ou non, considèrent que la vocation des hommes est plus importante que celle des filles", je n'aurais pu que le déplorer avec vous, et souhaiter que ces personnes entendent la voix de l'Eglise leur demandant de quitter une vision aussi anti-évangélique, donnant ainsi un contre-témoignage flagrant.

Mais dire "l'Eglise", sous-entendu dans ses prises de position officielle et sa pratique courante, et dire également "toujours", sous-entendant qu'il s'agirait d'une constante dans son hisoire, ce sont des affirmations qui ne me semblent pas tenables au regard des exemples que je viens de donner.

Je voudrais aussi dire à vous et à nos autres visiteurs : donnez-nous des exemples de structures laïques anciennes et contemporaines qui font un tel accueil au charisme féminin. Cela permettra de trouver des points de comparaison et ainsi d'élargir encore la discussion.

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