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Pourquoi est-ce que certains curés refusent de prendre des filles comme enfant de chœur ?

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Commentaires

Portrait de Cat-modératrice

Est-ce vraiment la femme qui était considérée comme plus impure dans le judaïsme, ou bien était-elle plus souvent en état d'impureté, par la force des choses, du fait que c'est le sang qui était considéré comme impur ?

Quoi qu'il en soit, dans la doctrine catholique, la femme n'est aucunement considérée comme plus impure ou plus pécheresse que les hommes. Si par le passé certains catholiques l'ont pensé, cela n'a jamais été le point de vue officiel de l'Église, c'était leurs points de vue personnels et erronés.

Et la question des enfants de chœur n'a rien à voir avec une question d'impureté. Il n'est pas interdit pour les filles d'être enfant de chœur, il est seulement possible pour les prêtres de le refuser. La raison invoquée est bien celle de la masculinité du sacerdoce.

Je suis quand même convaincu que ces évolutions ont influencé notre culture, quelles que soient les argumentations concrètes employées aujourd'hui. Cette argumentation de la pédagogie, d'ailleurs, est terrible, parce que cela revient à dire qu'il n'est pas besoin d'encourager les filles dans le service de Dieu (on sert l'assemblée, l'humanité, après avoir servi Dieu, c'est lui, au fond qui vient au service de l'humanité à travers nous, il nous en donne la force). Il devrait y avoir un espace pédagogique pour que les filles aussi puissent expérimenter leur voaction. Leur vocation n'est pas moins importante que celle des garçons. Je me souviens encore d'avoir accompagné un groupe d'enfants à la Basilique de Montmartre, on a alors invité tous les garçons de servir à l'autel (vraiment tous) et les filles ont été exclues de tout engagement. Je me bats encore avec la mauvaise conscience d'avoir contribué à cela, et c'est depuis, surtout, que je pense que c'est inacceptable de refuser les filles.

Portrait de Cat-modératrice

Le service de l'autel est loin d'être la seule façon d'être au service de Dieu ! C'était certainement une erreur de ne rien proposer aux filles alors que quelque chose était prévu pour les garçons. Mais il y a bien d'autres façon de servir Dieu toutes aussi valorisantes.

Moi-même je suis une femme, je donne des enseignements de spiritualité et de théologie, j'ai toutes sortes d'activités missionnaires qui me rendent heureuse, tout en étant mariée et mère de famille. Je ne me sens pas plus impure que les hommes, et je ne m'efface pas devant les hommes.

(je viens de comprendre où cliquer pour faire une réponse… :) )

Vocation: vient de vocare, appeler.
Qui appelle?
Est-ce à chacun de se choisir sa vocation, ou bien la reçoit-on? De Dieu, de l'Eglise.

A vous lire, on comprend que la théorie du genre se propage autant dans nos pays.

Portrait de Cat-modératrice

Il est injuste de comparer la théorie du genre avec le fait de vouloir laisser les filles être servantes d'autel.

Noublions pas que l'Eglise n'interdit plus aux filles de servir l'autel. Si c'était aussi grave que la théorie du genre, ce ne serait pas le cas.

L'Eglise autorise les prêtres et les évêques à faire le choix de réserver le service de l'autel aux garçons. Comme je l'ai déjà dit, je trouve effectivement que c'est une bonne chose de confier ce service aux garçons. Mais je comprends que ce soit difficile à comprendre pour certaines personnes, et que ce soit difficile à accepter si on n'en comprend pas le sens.

Je souhaitais évoquer les discours de l'interlocuteur qui semble, dans ce que je perçois de ses interventions, vouloir nier les différences entre hommes et femmes.
Ceci dit, je pense aussi que lorsqu'on promeut l'indifférenciation un peu partout, on se fait promoteur de la théorie du genre. Au contraire, lorsqu'on identifie clairement les rôles de chacun, dans un certain nombre d'activités, on aide garçons et filles à se construire comme ils sont en réalité.
Si tout le monde fait tout et qu'on considère que c'est pareil… la différence des sexes n'a plus lieu d'être.

permettez-moi de vous rassurer que je n'ai en aucun cas eu l'intention de nier la différence des sexes. Voire la relation entre hommes et femmes comme une poésie, dans laquelle chacun se construit dans la relation à l'autre, et dans laquelle les identités ne sont pas toujours figées, n'est absolument pas nier la différence des sexes, mais reconnaître que l'identité de chacun est complexe et formé à travers son histoire. L'âme a besoin de pouvoir respirer pour se construire! Je ne crois pas qu'il est constructif de répondre aux changements de société et aux idées qui l'accompagnent avec une sorte de dictature inverse de rôles figées et de stéréotypes qui peuvent être plutôt destructif au développement personnel. En bref, pourquoi laisser la théorie du genre occuper tant d'espace dans votre esprit! Pourquoi la voire partout!

Portrait de Cat-modératrice

Bonjour Eric,

Je trouve aussi que vous tombez un peu dans l'excès inverse de la théorie du genre.

Heureusement qu'aujourd'hui, dans la société civile comme dans l'Église, la plupart des activités sont autorisées au personnes des deux sexes, ce qui ne signifie aucunement indifferenciation.

Dans sa lettre aux femmes, Jean-Paul II écrivait qu'il était important que des femmes s'engagent en politique, justement parce que les femmes sont différentes et qu'on a besoin de leur grâce propre. Par contre, heureusement aussi, il n'a pas promu la parité...

Vous m'avez lu un peu trop vite.
Je souligne le fait que bien souvent on considère que homme ou femme, c'est pareil. Or, chacun a sa grâce propre, et si certains s'investissent dans les mêmes activités, ils ne les accomplissent pas de la même façon, justement en vertu de cette grâce propre.
Et, pour certains actes, les appels ne sont pas les mêmes, ce qui aide à différencier plus encore, et c'est salutaire.
Tenir compte des différences est absolument indispensable pour que chacun se construise en rapport avec ce qu'il est.
Notre société nie très vite les différences, au nom d'une égalité mal comprise, idéologisée.
Quand on réclame l'égalité, sans approfondir et différencier, on se fait promoteur de l'idéologie du genre, etc.
Les enfants ont besoin, pour grandir, qu'on ne mélange pas tout, au contraire. De l'indifférenciation nait la violence.

Il ne s'agissait vraiment pas d'indifférencier, vous me prêtez une intention que je n'avais pas.

J'ai peut-être eu tort d'insister tant sur le fait d'intégrer les filles dans les enfants de choeur, en même temps je maintiens qu'il est notre responsabilité de trouver une manière d'accueillir les dons et les vocations de chacun.

Mais comme vous insistez de parler des idéologies, je connais bien votre argumentation, l'indifférenciation créerait de la violence, et ensuite ferait de sorte de basculer le pays dans la ruine morale et par extension économique et sociale ... ça aussi, c'est une idéologie. Personnellement je n'y crois pas, dans l'histoire ce qui a créé de la violence ce sont plutot les discriminations, l'oppression et les injustices, les sentiments de manque, le manque d'amour, l'orgueil, le manque de confiance, des ambitions démesurées, un manque de respect envers l'autre...

L'exemple que l'on utilise souvent pour appuyer la théorie de l'indifférenciation, celle de vouloir créer une homogénéité (raciale ou idéologique par exemple, notamment de la partie des régimes totalitaires du XXe s), est pour mois problématique, parce que ces logiques se sont eux-mêmes construites sur une une différentiation, puiqu'on a désigné un autre comme différent, et donc dangéreux.

De l'autre côté, si l'on insiste en des séréotypes trop rigides, on pratique une autre forme d'indifférentiation, si vous voulez, c'est celle de deux normes, dont toute divergence n'est pas acceptée. Donc quelqu'un comme Jean de la Croix, dont la poésie a décidément un trait féminin, pose une problème. Pourtant, l'Eglise n'a jamais, jusqu'à présent, pensé qu'il aurait été "mal construit"...

Jean Paul II, dans toutes ses catéchèses sur l'homme et la femme, si je me souviens bien, s'est abstenu de dire comment les hommes ou les femmes "sont". Il a développé seulement comment ils agissent l'un vers l'autre. Evidemment cela implique une différentiation, mais celui qui différencie, c'est Dieu, nous l'expérimentons en relation les uns envers les autres.

La création n'est peut-être tout simplement pas un idéaltype, elle nous dépasse infiniment.

Pour en revenir aux enfants, je crois une des expériences les plus difficiles pour un enfant, c'est de ne pas se sentir accueilli. Donc c'est pour cela que j'avais réagi si fortement a cette question.

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