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Latin et Grec pas obligatoires...

Portrait de Gregorio
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Je viens d'apprendre une chose incroyable. Mon évêque ne parle ni Latin ni Grec. Mon curé m'a dit que ce n'était pas obligatoire.
Chaque traduction est une trahison. Comment peuvent-ils parler des écritures saintes sans même connaître le sens des mots?
Exemple moderne: la traduction française du Confiteor
Mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa
En français ça donnerait: J'ai pêché, j'ai pêché, j'ai vraiment beaucoup pêché. Mais non! la traduction que l'on nous a donné est: Oui j'ai vraiment pêché. Qu'est-ce que c'est gentillet comme traduction... Des couilles molles oui... C'est triste...

Qu'est-ce que c'est que ce binz?

 

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Commentaires

Portrait de Cat-modératrice

Bonjour Monsieur,

Vous soulevez deux points très importants. Pour commencer, je vais vous répondre sur le deuxième.

Comme vous le savez certainement, il est très récent dans l’histoire de l’Église que la messe soit dite en français. Dans les années 1970, après les décisions prises lors du concile Vatican II, les textes du rituel de la messe ainsi que tous les textes bibliques lus pendant la messe ont dû être traduits vraiment très rapidement dans toutes les langues pour pouvoir mettre en œuvre la messe en langue vernaculaire.

Il est donc normal qu’il y ait de mauvaises traductions dans tout cela, aussi bien en ce qui concerne le rituel de la messe, que les textes bibliques. Il est vrai que parmi ces erreurs, il y a eu des énormités !

Vous savez peut-être que la traduction liturgique de la Bible a été entièrement refaite très récemment, et depuis un an ce sont les nouvelles traductions des textes que nous lisons lors de la liturgie de la Parole, pendant la messe. La nouvelle traduction du Notre Père devrait être utilisée dans toutes les paroisses à partir de la prochaine année liturgique.

Une nouvelle traduction du rituel de la messe en français, dont fait partie le « Oui j’ai vraiment péché » dont vous parlez, est actuellement en cours. Normalement, elle devrait être meilleure que celle que nous avons actuellement.

Vous avez raison de souligner l’importance du choix des mots que nous employons dans la liturgie.

Portrait de Filippo-modérateur

Bonjour,

Vous soulevez une question très importante, qui est celle de la formation des clercs dans les séminaires.

J'ai passé un temps au séminaire, que j'ai quitté avant d'être ordonné. Danc ce séminaire, qui ne peut être suspecté de déviance par rapport à la volonté des autorités centrales de l'Église, nos responsables nous ont donné à choisir l'étude de deux langues parmi les trois suivantes : grec, latin et hébreu.

Pour le grec, c'est évident, c'est à la fois la langue du Nouveau Testament et celle des Pères de l'Église orientaux, on n'imagine pas un prêtre qui ne l'aurait jamais étudié.

Le corpus doctrinal de l'Église est surtout écrit en langue latine, que ce soit les Pères de l'Église ou tous les auteurs plus récents, ainsi que la liturgie. On peut se dire qu'il est impensable pour un clerc de ne pas avoir accès directement au texte latin pour 95% de tout ce qui a été écrit par et dans l'Église.

Et pourtant... comment se passer d'aller directement au texte de l'Ancien Testament, qui est lu chaque dimanche à la messe, et qui doit donc être correctement commenté par le prêtre ?

C'est pourquoi, là où j'étais, tous les séminaristes prenaient le grec, mais entre l'hébreu et le latin, c'est bien l'hébreu qui avait de loin la plus grande faveur.

Il faut bien reconnaître que les études au séminaire, en France, sont déjà très chargé, il semble difficile de rendre obligatoire une troisième lange, si utile soit-elle.

En tout cas, il est absolument impensable pour un clerc de ne maîtriser aucune de ces langues. Je n'ai pas sous la main les « Ratio Studiorum » actuellement en vigueur en France, mais je ne peux imaginer qu'elles excluent l'apprentissage des langues nécessaires à toute étude sérieuse des textes bibliques et ecclésiastiques.

Si hélas ce que vous dites est vrai, alors il faut d'autant plus prier pour les formateurs des prêtres et des évêques. Il se trouve malheureusement que peu de prêtres ont la chance de pouvoir se former après leur ordination. Il n'y a pas, à ma connaissance, en France, de « formation continue » des prêtres après leur ordination. Si cela existait, on pourrait évidemment leur donner une formation dans les langues dont nous parlons, ils pourraient ainsi avoir une connaissance au moins minimal des trois langues les plus importantes pour leur ministère.

Restons dans l'espérance, souvenons-nous que l'Église est en réforme permanente, en renouvellement permanent, et que rien n'est jamais définitivement perdu.

Seigneur, donne-nous des prêtres, donne-nous de saints prêtres !

Portrait de giby

Au passage pour la formation des prêtres, avoir l'examen n'est pas obligatoire pour être ordonné, et certains prêtre ne passe même pas la licence canon. Par contre sans, on ne peut être ordonné évêque.

Sinon: Mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa -> par ma faute, par ma faute, par la plus grande de mes fautes.

Mon diocèse est passé à la nouvelle traduction avec la mise à jour du missel de 2001, cette nouvelle traduction est entré en vigueur en janvier 2012, ça a fait une belle cacophonie au début, et j'ai des fois du mal...

Portrait de Filippo-modérateur

Je me permets une correction pour être passé par là : il n'y a pas d'examen à passer en vue du sacerdoce. Il n'y aucune exigence académique, il n'y a en fait rien du tout à « passer ». La seule chose qui conditionne l'ordination, c'est la volonté de l'évêque, point. Il suit souvent l'avis du directeur du séminaire, mais il n'est évidemment en rien tenu de suivre cet avis.

La licence de théologie est un grade canonique sanctionnant une formation théologique poussée, ce grade ne peut être délivré que si le candidat réussit les épreuves demandées par la Congrégation pour l'éducation catholique, instance romaine. C'est donc un grade valable n'importe où dans le monde.

Certains séminaires demandent à leurs séminaristes de passer le cran en-dessous, c'est-à-dire le baccalauréat de théologie, qui est déjà une sacré paire de manche.

En tout cas, s'il est évidemment souhaitable que les prêtres aient une bonne formation, il faut remarquer que même après 6 ans d'études, le baccalauréat reste un examen vraiment difficile.

Je donne mon avis personnel : je ne pense pas que ce soit une bonne chose de faire de l'acquisition du baccalauréat une condition pour l'ordination, c'est trop en demander à des hommes qui subissent déjà une formation très lourde humainement, intellectuellement et spirituellement, durant ces 6 longues années.

Je ne suis pas choqué qu'un prêtre d'aujourd'hui ne maîtrise pas le latin, le grec ou l'hébreu. Il existe des traductions "approuvées" des textes essentiels.
Il y a d'autres domaines de compétence plus importants à mes yeux : connaître et comprendre les textes sacrés, les dogmes, savoir écouter, témoigner, guider, bien connaître la société actuelle et résister à ses tentations, etc.

Portrait de Filippo-modérateur

Bonjour Aramis. D'abord merci pour cette très intéressante question des priorités dans la formation des prêtres. C'est une question absolument essentielle puisqu'elle conditionne pour une énorme part la forme que va prendre le ministère du futur prêtre. N'oublions pas que cette formation est colossale : elle dure 6 ans !

C'est au Concile de Trente (1542-1563) que la formation initiale des prêtres a été systématiquement organisée, avec la création des séminaires. Les laïcs n'ont jamais, à ma connaissance, été sollicités pour savoir quels serait les meilleurs choix, selon les époques, pour la formation des prêtres. Rien ne nous interdit pourtant d'y réfléchir.

Vous mentionnez comme domaine de compétence prioritaire la connaissance et la compréhension des textes sacrés et des dogmes, et ceci est effectivement la priorité absolue dans l'enseignement des prêtres au séminaire depuis le Concile de Trente. En effet, les trois missions (« tria munera ») d'un prêtre, selon la Tradition constante de l'Église, sont celles-ci dans l'ordre : enseigner, sanctifier (ce qui veux dire principalement dispenser les sacrements) et diriger.

Dans l'ancien temps, tous les textes ecclésiaux, et d'abord la liturgie et la Bible étaient écrits en latin. Il fallait donc que les clercs l'étudient tout simplement pour pouvoir lire ces textes. La question ne se posait donc pas dans les mêmes termes.

Depuis que nous disposons de « bonnes » traductions dans les langues communes, il me semble légitime de s'interroger sur le bénéfice d'une formation incluant les langues anciennes au séminaire. Quand j'étais au séminaire, on nous proposait de choisir d'étudier deux des trois langues anciennes, ce qui prouve qu'aucune n'était considérée comme absolument indispensable.

Quand je lis la Nouvelle Bible de Jérusalem, j'y trouve en effet une traduction qui est parfois étrange en français parce que, souvent, elle colle au grec. Mais cela permet justement, selon moi, d'éviter de faire de l'étude du grec une priorité absolue. Un exemple : au verset 14 du Prologue de Jean, il est écrit : « Le Verbe s'est fait chair, et il a campé parmi nous. » Cette formulation très étrange fait référence à la Tente du rendez-vous dans laquelle Dieu manifestait sa présence pendant la traversée du désert du peuple hébreu. Certes, cette traduction serait bizarre si elle était lue dans le cadre de la liturgie, et risquerait d'être mal comprise. Cependant, avec elle, le prêtre peut expliquer quelle est la référence sous-jacente à cette citation.

Pour les grands textes écrits en latin par les Pères de l'Église et les grands théologiens, comme saint Thomas d'Aquin, nous disposons de la collection « Sources chrétiennes » qui est de grande qualité.

J'ai moi-même fait de l'hébreu et du grec au séminaire. Cependant, je regrette de n'avoir reçu aucune formation à l'accompagnement, en communication ou en gestion des salariés et des bénévoles dans une organisation d'Église, typiquement une paroisse.

Je pense que cela pose aussi la question de la formation continue des prêtres. En effet, pourquoi vouloir à tout prix « charger la barque » au maximum durant les six années de formation ? Qu'est-ce qui empêche que les prêtres reçoivent plus tard des éléments de langues anciennes pour pouvoir entrer plus profondément dans la formation aux textes sacrés reçue au séminaire ?

Si c'était le cas, les évêques, qui sont choisis parmi les prêtres ayant de nombreuses années de ministère derrière eux, seraient formés aux langues anciennes et seraient donc en mesure de dispenser des prédications et des formations plus riches encore, grâce à une meilleure connaissance de la Bible et des grands auteurs ayant écrit en latin.

Un grand merci, donc, pour cette question qui nous permet à tous de prier pour que les évêques se préoccupent avec le plus grand sérieux de la formation de leurs prêtres, une des grandes missions qui leur est confiée.

Portrait de Cat-modératrice

Même s'il y a des traductions « approuvées », la connaissance de la langue dans laquelle a été écrit le texte reste fondamentale pour le comprendre vraiment.

Les textes (surtout en hébreu) ont des ambiguïtés qui obligent les traducteurs à faire des choix. Faire un choix peut conduire soit à une erreur d'interprétation, soit à un considérable appauvrissement du sens du texte.

Portrait de Cat-modératrice

Voilà une nouvelle qui va vous plaire, Gregorio :

Au cours d’un entretien à KTO, Mgr Aubertin a donné trois exemples significatifs de correctifs apportés par la nouvelle traduction :

1. Dans le « Je confesse à Dieu » – le Confiteor –, on retrouvera la triple accusation du texte latin : « C’est ma faute, c’est ma faute, c’est ma très grande faute » au lieu du « oui, j’ai beaucoup péché », vite dit, pratiqué actuellement.

(Source : Aleteia)

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Dr. Radut Consulting