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Vivre ensemble avant le mariage pour "tester" le couple n'est pas chrétien et n'est pas bon, oui mais quels arguments?

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Bonjour, cet été je me suis retrouvée face à une personne catholique qui évoquait la situation suivante: une jeune femme ayant un très bon poste et un très bon salaire est actuellement en couple. Ayant la sécurité matérielle elle a tout prévu à l'avance en vu de son mariage: vendre son appartement actuel dans lequel elle vivait avec son compagnon pour acheter un autre appartement avec le nombre de pièces correspondant aux nombres d'enfants que le couple souhaite avoir.

Elle a annonçé son mariage en ces termes: avec X nous avons vécu ensemble, nous sommes partis à l'étranger ensemble nous savons aujourd'hui que notre couple est solide nous allons donc nous marier.

La personne catholique qui me relatait cette situation mettait en avant le sérieux de cette situation et la prévoyance du couple avec dans le ton de sa voix une certaine admiration pour ce couple qui a réussi dans la vie. Puis elle a fini par énoncer le fait qu'il était préférable de vivre ensemble avant le mariage pour être sûr de son mariage.

Cela m'a beaucoup peiné car je sais que cette vision n'est profondément pas catholique. Seulement je n'avais pas les arguments pour défendre le point de vue de l'Eglise. Il est vrai que énoncer comme cela le couple semble avoir réussi, être pragmatique et plein de bon sens (même si je reste sûr que leur positionnement n'est pas juste.)Et je réfléchissais en me disant que tous les couples ayant vécu ensemble avant le mariage ne divorcent pas forcement, certains couples fonctionnent très bien. Cela va donc dans le sens de ces personnes.

Quels sont donc les arguments de l'Eglise sur la question? J'aimerai le savoir pour moi et pour pouvoir aborder le sujet avec cette personne (qui comme je l'ai dit est catholique) ou avec d'autres personnes qui sont persuadés que ce positionnement est juste. Je sais que l'Eglise est Mère et que son Enseignement est pour notre plus grand bien et au service de la Vérité. Merci pour votre éclairage.

 

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Portrait de Cat-modératrice

Voici ce que saint Jean-Paul II écrit au sujet du « mariage à l'essai » dans sa célèbre exhortation apostolique Familiaris Consortio (1981) : 

Une première situation irrégulière consiste dans ce que l'on appelle « le mariage à l'essai », que beaucoup aujourd'hui voudraient justifier en lui attribuant une certaine valeur. Qu'il soit inacceptable, la raison humaine le laisse déjà entendre par elle-même, en montrant combien il est peu convaincant de parler d'un « essai » quand il s'agit de personnes humaines, dont la dignité exige qu'elles soient toujours et seulement le terme de l'amour de donation sans aucune limite, de temps ou autre.

Pour sa part, l'Eglise ne peut admettre ce type d'union pour des motifs supplémentaires et originaux découlant de la foi. D'un côté, en effet, le don du corps dans le rapport sexuel est le symbole réel de la donation de toute la personne; une telle donation, d'ailleurs, dans le dessein actuel de Dieu, ne peut se réaliser dans sa pleine vérité sans le concours de l'amour de charité donné par le Christ. Et d'un autre côté, le mariage entre deux baptisés est le symbole réel de l'union du Christ avec l'Eglise, union qui n'est pas temporaire ou « à l'essai », mais éternellement fidèle; entre deux baptisés, il ne peut donc exister qu'un mariage indissoluble.

Une telle situation ne peut normalement être surmontée si la personne humaine n'a pas été éduquée depuis son enfance, avec l'aide de la grâce du Christ et sans crainte, à dominer la concupiscence naissante et à instaurer avec les autres des rapports d'amour véritable. Cela ne s'obtient pas sans une vraie formation à l'amour authentique et à l'usage correct de la sexualité, capable d'introduire la personne humaine selon toutes ses dimensions, et donc aussi son corps, dans la plénitude du mystère du Christ.

 

Je pourrais vous citer de nombreux autres textes, je vais me limiter au Catéchisme de l'Église Catholique, qui explique que l'amour entre un homme et une femme, impliquant l'union charnelle, ne peut être un amour vrai et respectueux de l'autre que dans le cadre d'un engagement indissoluble et fidèle :

V. Les biens et les exigences de l’amour conjugal

1643 " L’amour conjugal comporte une totalité où entrent toutes les composantes de la personne – appel du corps et de l’instinct, force du sentiment et de l’affectivité, aspiration de l’esprit et de la volonté – ; il vise une unité profondément personnelle, celle qui, au-delà de l’union en une seule chair, conduit à ne faire qu’un cœur et qu’une âme ; il exige l’indissolubilité et la fidélité dans la donation réciproque définitive ; et il s’ouvre sur la fécondité. Il s’agit bien des caractéristiques normales de tout amour conjugal naturel, mais avec une signification nouvelle qui, non seulement les purifie et les consolide, mais les élève au point d’en faire l’expression de valeurs proprement chrétiennes " (FC 13).

L’unité et l’indissolubilité du mariage

1644 L’amour des époux exige, par sa nature même, l’unité et l’indissolubilité de leur communauté de personnes qui englobe toute leur vie : " ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair " (Mt 19, 6 ; cf. Gn 2, 24). " Ils sont appelés à grandir sans cesse dans leur communion à travers la fidélité quotidienne à la promesse du don mutuel total que comporte le mariage " (FC 19). Cette communion humaine est confirmée, purifiée et parachevée par la communion en Jésus-Christ donnée par le sacrement de Mariage. Elle s’approfondit par la vie de la foi commune et par l’Eucharistie reçue en commun.

1645 " L’égale dignité personnelle qu’il faut reconnaître à la femme et à l’homme dans l’amour plénier qu’ils se portent l’un à l’autre fait clairement apparaître l’unité du mariage, confirmée par le Seigneur " (GS 49, § 2). La polygamie est contraire à cette égale dignité et à l’amour conjugal qui est unique et exclusif (cf. FC 19).

La fidélité de l’amour conjugal

1646 L’amour conjugal exige des époux, de par sa nature même, une fidélité inviolable. Ceci est la conséquence du don d’eux-mêmes que se font l’un à l’autre les époux. L’amour veut être définitif. Il ne peut être " jusqu’à nouvel ordre ". " Cette union intime, don réciproque de deux personnes, non moins que le bien des enfants, exigent l’entière fidélité des époux et requièrent leur indissoluble unité " (GS 48, § 1).

1647 Le motif le plus profond se trouve dans la fidélité de Dieu à son alliance, du Christ à son Église. Par le sacrement de mariage les époux sont habilités à représenter cette fidélité et à en témoigner. Par le sacrement, l’indissolubilité du mariage reçoit un sens nouveau et plus profond.

1648 Il peut paraître difficile, voire impossible, de se lier pour la vie à un être humain. Il est d’autant plus important d’annoncer la bonne nouvelle que Dieu nous aime d’un amour définitif et irrévocable, que les époux ont part à cet amour, qu’il les porte et les soutient, et que par leur fidélité ils peuvent être les témoins de l’amour fidèle de Dieu. Les époux qui, avec la grâce de Dieu, donnent ce témoignage, souvent dans des conditions bien difficiles, méritent la gratitude et le soutien de la communauté ecclésiale (cf. FC 20).

Merci pour cette réponse qui mérite d'être méditée étant donné la profondeur de la réflexion. Je vais prendre le temps.

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