Aller directement à la navigation

Vous pouvez aussi nous contacter en privé, si votre question est confidentielle.
QUESTIONSDieu | L’Église Catholique | La prière et la vie spirituelle | La Bible | L’amour | Morale et éthique | Autre ———— POSTER UNE QUESTION

Rôle des parents face à un concubinage?

Question développée: 

J'ai un problème familial et vous demande de m'éclairer sur ce que je dois faire.

D'abord ma responsabilité:
Dans leur jeunesse et adolescence mes enfants ont eu mon exemple de 2 concubinages (suite à un veuvage) alors que je me définissais comme catholique pratiquante. Depuis ma foi a beaucoup changé et s'est approfondie.

Mon fils ainé de 32 ans vit en concubinage avec une jeune fille anglaise, athée. Ils se sont fiancés, vont se marier civilement très prochainement et entament une préparation au mariage religieux dont ils savent qu'il prendra plus de temps vu le contexte. Mon fils est pratiquant régulier, elle accepte le mariage religieux (par amour) et que leurs enfants à venir soient élevés dans la foi catholique (baptême etc..)Ils sont fidèles, sérieux, profondément amoureux, aimants envers moi et leur famille..

Ils vivent en Angleterre mais sont appelés à venir nous voir régulièrement. Comment dois-je les accueillir?
Concrètement ils me demandent à dormir ensemble dans la même chambre. Je leur ai proposé deux pièces séparées sous le même toit mais ils le vivent mal, comme d'une règle que j'impose, un manque de confiance, et un jugement sur eux. j'ai beau leur expliquer que ce ne sont pas "mes" règles, mais essayer de vivre une foi en cohérence avec notre quotidien ça ne se passe pas bien. Les discutions se durcissent. J'ai également conscience que ma future belle-fille soit rebutée par des règles qu'elle ne comprend pas et reçoit comme une marque d’intolérance et de jugement, elle a déjà fait un effort sur le mariage religieux et l'éducation des enfants. j'ai peur de la rebuter.

j'ai un autre fils de 24 ans qui vit également en concubinage (il a la foi mais ne pratique plus du tout, son amie est athée. Ils sont venus une fois me voir pour le we et je les ai installés dans deux pièces différentes, ce qui a provoqué une grosse discussion qui a dégénérée en dispute... ils m'ont dit qu'ils ne viendraient plus dans ces conditions, que désormais ils passeraient en coup de vent (vu la route à faire).

Je précise que j'ai des enfants plus jeunes à la maison, 16, 15 et 7 ans.
Que mon nouveau mari est athée (mais nous sommes mariés religieusement après une longue préparation et il m'accompagne à la messe tous les dimanches pour être cohérent avec moi dans l'éducation des plus jeunes). Lui aussi juge mon attitude sectaire, rétrograde, intolérante.

Il m'aime profondément mais rejette ce coté "catho" qui provoque des crises familiales alors qu'on est censé semer la paix. Cela l'éloigne de toute foi. Il m'assimilerait presque à une ayatollah du catholicisme car ces règles sont sans sens pour lui.
Même en demandant à l'Esprit Saint de m'éclairer avant de parler je me débrouille mal car je n'arrive pas à leur expliquer le but de mes demandes: pour eux j'impose, point; je nie leur liberté de décider, leur différence. C'est une grande solitude morale.
Comme je suis assez autoritaire et possessive (j'ai du élever mes dix enfants toute seule pendant 15 ans) ça n'aide pas beaucoup... ils éprouvent le besoin de me poser des limites pour préserver leur intimité, se sentir respectés comme adultes à part entière. J'accepte avec humilité car ce sont de bons enfants, qui m'aiment infiniment et qui sont loin d'être bêtes: ils ont raison là dessus. Mais ils mélangent tout et il ne s'agit pas ici d'intrusion intempestive dans leur vie.

Je leur dit que ce ne sont pas "mes" règles mais une volonté d'obéir aux demandes de Dieu, que c'est la seule façon vraie qu'il y a de répondre à Son amour. Ils me répondent comprendre et respecter ma vision, mais que je n'ai pas à leur dicter mon chemin, que chacun fait au mieux avec ce qu'il est, et en fonction de qui l'accompagne.

Désolée pour la longueur du mail, je voulais vous donner un maximum d'informations. Cependant:

- Dois-je maintenir cette contrainte pour mon fils ainé malgré son futur projet de mariage?
- Dois-je le maintenir pour mon fils de 24 ans, sans projet marital? (y a t'il une nuance à établir entre les deux?)
- Ou dois-je prendre en compte que cela les braque (y compris mon époux) contre la Foi, que cela amène des déchirures et un éloignement au sein de la famille?
- Puis-je leur proposer de dormir dans la même pièce dans deux lits séparés (c'est un compromis qui leur irait); Est-ce gênant pour les plus jeunes si je leur explique?

Je sais bien que le Christ a dit Pensez-vous que je sois venu mettre la paix dans le monde ? Non, je vous le dis : mais plutôt la division. Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées...le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère

mais dans le monde d'aujourd'hui parler de chasteté jusqu'au mariage est inaudible à plus forte raison quand on a été le pire exemple qui soit pour ses enfants. Ils ne voient plus l'amour mais juste la contrainte, la Foi devient une Loi vide de sens au vu de leurs propres vécus. J'arrive à l'effet inverse.

Je vous remercie pour la réponse que vous pourrez m'apporter.
 

Les réponses sont dans les commentaires

Retour à la rubrique Questions

Publier une question

 

Réseaux sociaux: 

Commentaires

Portrait de Filippo-modérateur

Bonjour et bravo pour votre volonté d'être fidèle à la volonté de Dieu en toute chose, c'est-à-dire de vivre la charité dans la vérité.

Il se trouve que j'ai exposé votre situation à un ami prêtre aujourd'hui, et voilà ce qu'il m'a dit. J'essaie d'être le plus fidèle possible à sa parole.

La règle général pour l'accueil de couples vivant en concubinage à domicile est : non. Maintenant, il est évident que cette règle est aujourd'hui concrètement inapplicable.

Le critère le plus important est l'impact sur les petits enfants, mais ce n'est pas nécessairement un critère discriminant. Selon les personnes, parfois, le refus d'accueil pourra être reçu comme une leçon profitable, mais c'est à ceux qui accueillent de voir ça au cas par cas.

Le discernement sur toute forme d'accueil doit s'opérer sur chaque situation, il n'y a pas de réponse univoque possible.

Voilà ce que mon ami prêtre m'a dit.

J'ajoute mon point de vue personnel.

Je ne vois pas, d'après vos explications, qu'un refus d'accueil puisse être reçu en quoi que ce soit comme une leçon profitable.

Je pense que vous pouvez accueillir ces couples en concubinage pour peu que vos adolescents et surtout votre enfant de 7 ans reçoivent de vous une parole d'explication sur le mariage chrétien, et sa différence avec ce que vivent vos autres enfants en concubinage.

En effet, comme vous le voyez très bien, autant l'accueil est important, autant Jésus nous apprend qu'il ne faut pas scandaliser les enfants, le mot scandale étant ici au sens biblique : faire tomber.

C'est ce qu'on voit dans l'évangile selon saint Luc 17, verset 1 et 2 : « Jésus dit à ses disciples : Il est impossible que les scandales n'arrivent pas, mais malheur à celui par qui ils arrivent ! Mieux vaudrait pour lui se voir passer autour du cou une pierre à moudre et être jeté à la mer que de scandaliser un seul de ces petits. »

Pour le reste, c'est à votre discernement, spécialement ce que vous allez dire à vos adolescents et à votre enfant de 7 ans, pour qu'effectivement, vous puissiez en conscience vous dire que vous avez tout fait pour éviter le fameux « scandale ».

Merci de nous partager ainsi cette situation difficile pour que nous puissions ensemble tenter d'y apporter des réflexions constructives.

Bonjour,
je rejoins évidemment ce que dit Filippo.
Il n'y a pas de réponse catégorique valable pour tous. Chaque situation doit être examinée, avec divers critères.

Il me semble que l'un des critères pourrait être celui du projet de vie de chaque couple. De la cohérence de ce projet et de sa mise en pratique, avec les convictions humaines et religieuses.

A l'évidence, on ne peut accueillir de la même façon un jeune qui change de "petite amie" chaque trimestre, et un jeune qui, ayant d'autres références que la foi catholique, prévoit et construit quelque chose de durable.

En même temps, ces grands jeunes peuvent, peut-être, comprendre que des parents aient des repères qui sont importants aussi pour la croissance des autres enfants encore jeunes ou enfants. Comprendre aussi que, chez les parents, ce sont les règles des parents qui priment, et saisir aussi que le regard porté sur tel ou tel comportement n'est pas un jugement sur leur personne, et encore moins une condamnation de leur personne.
Selon ce que les plus fragiles (en général, les enfants encore jeunes habitant chez leurs parents) peuvent comprendre, intégrer, etc., l'accueil doit se faire en les respectant; et les plus âgés devraient comprendre qu'il ne s'agit pas d'eux d'abord, mais des plus faibles.
Hélas, de nombreux grands jeunes adultes sont encore très ado dans leurs manières de réagir. Ce qui ne rend pas les choses simples.

Peut-être est-il possible d'évoquer les choses paisiblement avec chacun de ces jeunes couples, éventuellement avec l'aide d'un tiers?

Il y a peut-être quelques éléments de théologie du corps qui peuvent être exposés, d'abord pour étayer et argumenter une position ?

Essayez de tenir Charité et Vérité, Justice et Paix.

Bon courage.

Ajouter un commentaire



Dr. Radut Consulting