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Question sur le mariage : pourquoi est-il préférable de ne pas vivre ensemble avant le mariage ?

Question développée: 

Pourquoi il est préférable de ne pas vivre ensemble avant le mariage ? Comment peut-on être certain que c'est la bonne personne avec qui vivre toute sa vie, si on ne sait pas comment elle vit au quotidien ? Ce serait comme acheter une maison sans l'avoir visitée, ou une voiture sans avoir rendu visite au concessionnaire. Je n'arrive pas à comprendre cette exigence de l'Eglise. Le point de vue sexuel est une chose, mais la vie en commun ? C'est important ! Qu'en pensez-vous ?

 

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Commentaires

Portrait de Cat-modératrice

Bonjour Lilou,

Vos comparaisons sont parlantes : un être humain n'est ni une maison ni une voiture qu'il est légitime d'essayer avant de l'acquérir.

D'ailleurs, la maison dont vous parlez, vous n'y vivez pas avant de l'acheter, la voiture, on ne la laisse pas longtemps à votre disposition non plus. Vous ne trouveriez pas légitime que quelqu'un essaie votre voiture jusqu'à l'user, avant d'accepter ou de refuser de l'acheter.

Il n'est pas question de décider d'épouser quelqu'un sans le connaître, comme on l'impose à tant de jeunes personne en Inde et dans d'autres pays. On peut apprendre à connaître quelqu'un sans pour autant vivre avec lui/elle.

C'est une illusion de penser qu'une période de vie commune permet de savoir vraiment à qui on à affaire, de savoir si le mariage sera une réussite ou un échec : regardez les taux de divorce des personnes qui ont vécu ensemble plusieurs années avant de se marier.

Si deux personnes sont vraiment déterminées à apprendre à s'aimer et à se respecter l'une l'autre, avec l'aide de Dieu, aucune difficulté de la vie commune n'est impossible à surmonter. Mais avant de décider d'épouser la personne, il faut prendre le temps et les moyens de la connaître vraiment. C'est possible sans vivre ensemble. On peut se voir beaucoup, faire beaucoup de choses ensemble, discuter sur de nombreux sujets pour connaître les conceptions fondamentales que l'autre a sur les points importants de la vie.

Après cela, quels sont les points de la vie commune qui pourraient provoquer un échec insurmontable du mariage ? Qu'est-ce qui pourrait se révéler de si grave que l'on n'aurait pas déjà vu en fréquentant la personne ? 

Malheureusement, bien sûr, le péché existe et peut détruire un couple, mais cela est tout aussi vrai après un temps de vie commune, si ce n'est plus, du fait que cette période d'essai montre que l'on n'est pas prêt à aimer l'autre sans condition.

Si l'Église demande de ne pas vivre ensemble avant le mariage, c'est essentiellement par rapport à la question de la sexualité. Ce n'est pas la vie commune en elle-même qui est interdite. L'Église, à la suite de ce que Jésus nous enseigne dans l'Évangile, considère la sexualité comme quelque chose de sacré qui touche la personne d'une façon tellement intime, que c'est une forme de sacrilège que de s'unir sexuellement en dehors d'un engagement définitif.

Les chrétiens croient que Dieu a créé l'être humain à son image, et que l'être humain est fait pour se donner à une personne de l'autre sexe, dans une alliance d'amour définitive, jusqu'à la mort. La sexualité est la façon la plus intime dont se manifeste cet amour. Si elle n'est pas vécue dans le cadre de cet engagement sans condition, c'est une profonde blessure pour la personne, qui a été effectivement essayée et refusée. Nous sommes faits pour un amour infini et inconditionnel. Beaucoup pensent que c'est une illusion d'y aspirer, mais le but de la religion chrétienne est d'aider chacun à prendre les moyens de s'ouvrir le plus possible à cet infini.

Merci pour cette réponse. Mais quand on parle des statistiques concernant le divorce, les couples qui divorcent sont majoritairement des couples qui ont déjà vécu ensemble, oui, mais ce n'est pas parce qu'ils ont vécu au quotidien avant le mariage qu'ils ont divorcé ensuite, c'est généralement parce qu'ils sont ensemble pour des raisons d'attirance charnelle et que, finalement, cette attirance s'essoufle avec le temps. Alors ils se séparent ou divorcent un jour ou l'autre parce qu'ils n'ont plus d'attirance physique ou qu'ils sont blasés, et qu'ils veulent du nouveau.
Moi je parlai surtout dans le cadre chrétien. Quand on est sûr que l'on va se marier, que l'on est fiancés, que l'on a des projets d'avenir en commun, mais que l'argent ou le temps nous manque encore pour se marier officiellement, pourquoi ne pas commencer sa vie commune ?

Portrait de LN-modératrice

Bonjour Lilou,

Votre question a suscité un article que vous pouvez trouver ici

Je comprend tout à fait votre interrogation et je la trouve même très légitime. Je pense à de nombreux cas concrets d'amis qui se sont posés les mêmes questions pour diverses raisons.

Je pense que l'Eglise nous invite, à la suite du Christ, à prendre le meilleur chemin, celui qu'elle sait être le plus porteur de vie et d'amour pour chacun d'entre nous, même s'il s'agit de passer par la porte étroite : "Elle est étroite, la porte, il est resseré, le chemin qui conduit à la vie ; et ils sont peu nombreux ceux qui le trouvent" Matthieu, 7, 14. Ce chemin est exigeant, il est vrai. Cependant c'est celui qui conduit vers le plus grand bonheur.

Il ne s'agit pas d'une condamnation de la part de l'Eglise ou de qui que ce soit, mais d'une invitation à vivre la radicalité de l'Amour de Dieu. Dieu, voit et sonde les coeurs de chacun, il connaît nos pauvretés (spirituelles ou matérielles), nos fragilités et nos faiblesses. Il nous propose de venir les habiter de sa gloire et de nous appuyer avec confiance sur Lui : Il nous donnera la force et les moyens d'accomplir son dessein d'Amour pour nous, et ce, pour notre plus grand bonheur.

 

Portrait de Cat-modératrice

Bonjour Lilou,

Étant en déplacement, je ne vois votre réponse que maintenant.

Malheureusement, les divorces de personnes ayant vécu ensemble concernent aussi beaucoup de chrétiens. Si un chrétien ne perçoit pas l'acte conjugal comme un événement sacré de communion, qui ne doit se vivre que dans le cadre d'un engagement définitif, et dans le cadre d'un sacrement où Dieu s'engage avec le couple, le risque est fort aussi qu'il ne considère pas le mariage comme un engagement sacré et absolument indissoluble.

J'en ai un peu la preuve par notre site de rencontres : la majorité des personnes qui s'inscrivent sont catholiques, et je remarque que la plupart du temps, ceux qui mettent dans leur profil qu'il vaut mieux vivre ensemble avant le mariage mettent aussi qu'ils ne considèrent pas le mariage comme absolument indissoluble. Inversement, ceux qui disent vouloir se marier avant de vivre ensemble disent aussi pour la plupart que le mariage est absolument indissoluble à leurs yeux.

Si un couple chrétien accorde vraiment de l'importance au fait de vivre la sexualité dans le cadre de l'engagement du mariage, alors l'acte qui plaira le plus à Dieu n'est pas, je pense, celui d'attendre des années avant de vivre ensemble pour pouvoir financer un beau mariage, mais plutôt l'acte d'humilité de renoncer à un mariage grandiose et coûteux. Pour que le sacrement soit valide, il suffit de deux témoins.

Bonjour Lilou. Merci pour cette question.

« Tout d'abord, il ne faut pas comparer un être humain avec une chose, un produit,(maison ou voiture).

La première chose qu’il faut comprendre est le rôle des fiançailles… Quel est leur intérêt si l’on vit comme un couple marié ?

L’une des plus récurrentes raisons pour un couple de décider de vivre ensemble avant le mariage est de dire que cela permettrait de faire un essai, de voir si l’on est vraiment fait l’un pour l’autre. Mais le vrai amour, est-il fait pour être testé ou pour se donner de façon unique, pleine et entière à une seule personne ? Le temps de fiançailles est un temps où l’on apprend à connaître son futur conjoint en vérité. C’est un temps précieux où l’on aborde les sujets qui nous tiennent à coeur, on apprend à distinguer les qualités, les défauts de l’autre (eh oui, l’homme ou la femme parfait(e) n’existe pas !). On apprend aussi à se rendre disponible pour l’autre, afin de construire les piliers de notre future maison. Et pour construire une maison, on a besoin de prendre du recul, faire des plans et voir les choses avec un peu plus de hauteur. Ce recul est nécessaire pour un vrai discernement. En effet, comment pouvons-nous nous poser les vraies questions, les questions parfois difficiles voire même blessantes mais essentielles, tout en n’ayant aucun recul. Cette prise de distance permet d’être plus lucide, plus objectif sur ce que l’on ressent et ce que l’on veut réellement. Un vrai choix qui engage tout notre vie est d’autant plus réfléchi, libre et vrai si nous avons pu y penser seul avant d’y penser à deux. Est-on vraiment libre et objectif sur le choix de notre futur(e) époux(se) si l’on passe déjà tout son temps avec lui et si nous avons déjà fait des choix qui engagent ? La distance permet de nous apprendre le manque et de nous montrer réellement les qualités de l’autre tout en restant objectif sur celui-ci.

Nous pouvons découper l’amour en 3 sous partie : l’Eros (le côté charnel, l’érotisme dans le bon sens du terme), la Filia (l’amitié), l’Agape (la charité). Les fiançailles sont un temps pour développer la Filia et l’Agape (ne dit-on pas que l’on se marie avec son meilleur ami ?). Voici l’intérêt de ne pas brûler les étapes et, avant de donner son corps, n’oublions pas que les âmes doivent être d’abord unies. L’attirance des âmes doit précéder l’attirance des corps de même l’union des coeurs doit précéder l’union des corps pour que celle-ci trouve son véritable sens qui correspond aux deux finalités pour lesquelles Dieu crée la sexualité humaine :

  • le don à l’autre : « je me donne totalement à toi, sans aucune réserve, pour toujours » (Mt 19, et Genèse 1)

  • le don de la vie : « je veux, avec toi, procréer des enfants, les aimer et en prendre soin » (toute la sexualité, au niveau biologique, physiologique et psychologique, vise ce but naturel)

Souvent on oublie l’importance des enfants. Chaque enfant est d’une valeur immensurable, et les enfants sont très dépendants sur la relation aimante, unie et stable de leurs parents, ainsi que de l’ambiance familiale qui est créée par leur projet de vie. Il faut donc bien préparer « le berceau » dans lequel ces nouvelles personnes vont naître et dans lequel vont se construire les fondements de leur vie.

L’amour ne suffit pas il faut comprendre et donc connaître son futur conjoint. Pour le comprendre et le connaître il faut déjà apprendre à s’aimer soi-même avec ses qualités et ses défauts. Avant de construire son couple, il faut se construire soi-même et la construction de soi doit se faire dans une certaine solitude car le temps de fiançailles permet de mettre à jour nos différences, ce qui nous a construits (prendre conscience de l’influence de notre éducation sur notre comportement actuel) et donc il s’agit d’un travail sur soi avant tout. Cela permet notamment de réfléchir à sa vocation et au projet de Dieu pour nous. Attention à ne pas confondre union et fusion. Le mariage ne se résume pas à un phénomène de phagocytose où l’un des deux époux absorbe l’autre. Bien se connaître aide aussi à ne pas tomber dans cet excès.

Le couple chrétien n’a pas le même objectif que le couple humain. Certes, quel est l’intérêt d’attendre le mariage pour s’unir si nous n’avons pas d’autre dimension ? A la différence du couple humain, le couple chrétien se fait à 3 (soyons modernes !). Oui, le Christ est avec nous pour nous aider à aller au Ciel… Ainsi, n’est-ce pas normal d’attendre d’être uni devant Dieu avant de nous unir ?

Il s’agit alors simplement d’avoir une cohérence entre l’homme, la femme et notre foi… Que veut-on vivre réellement ? L’Eglise nous demande la chasteté avant le mariage ce n’est pas pour être moralisateur. Cette chasteté nous permet de découvrir la tendresse (ô combien oubliée de nos jours…), d’apprendre la maitrise de nos corps et surtout de mettre Dieu au centre de notre vie.

A ce sujet, Benoit XVI, en s’adressant aux fiancés, disait : « Ne pensez pas, selon une mentalité répandue, que la cohabitation soit une garantie pour l’avenir. Brûler les étapes finit par ‘brûler’ l’amour, qui a besoin, au contraire, de respecter le temps et la gradualité dans ses expressions : il a besoin de donner une place au Christ qui est capable de rendre un amour humain fidèle, heureux et indissoluble ".

Dans notre société du « tout, tout de suite » réapprenons la patience. « La patience obtient tout » disait Sainte Thérèse d’Avila. Si nous savons attendre et patienter, notre joie sera d’autant plus grande d’accueillir pleinement celui ou celle qui partagera le reste de nos jours. Le goût de l’effort rend la chose plus belle.

Ainsi, nous bâtissons notre couple sur le Roc. En résumé, ne pas vivre ensemble avant le mariage c’est se donner plus d’objectivité, de liberté, de réflexion sur soi, de place à Dieu dans notre vie et d’apprentissage de l’exigence d’un amour vrai pour que notre oui soit un vrai Oui, libre et réfléchi. »

 (J'avais déjà essayé de vous expliquer à ma manière et j'ai trouve un super site qui explique bien mieux que moi, tout sur votre demande ) http://www.fiancailles.org/index.php/le-concubinage/536-fiances-pourquoi-ne-pas-vivre-ensemble

 

J'ai fais un copié collé en effet, mais il y a encore beaucoup d'autres bonnes explications qui moi même me parle bien. Une petite leçon de l'Eglise Catholique fait du bien.

Portrait de Filippo-modérateur

Cette question est suffisamment importante pour que, en rédigeant un commentaire ici, je décide de passer à un article complet sur le sujet, sans prétendre à l'exhaustivité.

J'espère qu'il permettra d'alimenter cette conversation.

Portrait de MarsB

Merci pour ces commentaires si clairs et complets. Je n'ai rien à ajouter... :-)

Bjr. Je voudrais poser une question.. peut etre que sa place est elle ailleur sur c forum... excusez moi d'avance si c le cas..
Peut on communier si on a un enfant hors mariage?

Portrait de Cat-modératrice

Bonjour Jim,

Votre question a tout à fait sa place ici. J'ai expliqué dans un autre commentaire dans quels cas l'Église catholique demande de s'abstenir de la communion.

Le fait d'avoir un enfant hors mariage n'est pas un obstacle. L'Église ne vous reproche pas votre passé, elle s'intéresse à votre présent. C'est le fait d'avoir des relations sexuelles hors mariage qui est un péché, car la sexualité est quelque chose de sacré, Dieu l'a créée pour que l'homme et la femme vivent une communion à l'image de la Trinité. L'Église catholique demande donc que les relations sexuelles soient vécues dans le cadre d'un engagement définitif entre l'homme et la femme.

Mais l'existence de cet enfant n'est pas un péché. Sa conception est peut-être le résultat d'un péché, mais l'enfant lui-même n'est pas mauvais ! Donc si actuellement vous ne vivez pas dans une situation où l'Église demande de s'abstenir de communier (ce qui n'empêche pas la communion spirituelle) et si vous vous êtes confessé de vos péchés passés, rien ne vous empêche de communier.

Si ça vous intéresse, il y a eu une discussion ici sur les enfants nés hors mariage. Ils ont la même dignité que les autres !

L'Église catholique ne rejette personne. Si elle demande à des personnes, dans certaines situations, de s'abstenir de communier, c'est pour rappeler que certaines situations sont en opposition avec l'amour fidèle de Jésus, dont les chrétiens doivent donner le témoignage. Mais cela ne veut pas dire que ces personnes sont rejetées, ni par Jésus, ni par l'Église catholique. D'ailleurs, nous devrions être bien plus nombreux à nous abstenir de communier pendant certaines périodes de nos vies. Si nous marquions davantage notre respect de l'Eucharistie en nous abstenant de communier quand nous vivons des situations en opposition avec l'amour de Dieu, les personnes à qui l'Église demande de ne pas communier trouveraient ça plus normal et s'en sentiraient moins rejetées et humiliées. Beaucoup communient qui devraient aussi s'abstenir de communier. La communion de devrait pas se faire à la légère. Ne pas communier n'est jamais synonyme d'être rejeté par Jésus ni par l'Église.

Si l'homme et la femme s'engagent librement l'un envers l'autre à la fidélité et à la fécondité de manière ferme et définitive, en vue d'aller vers la célébration du mariage à l'église, le sacrement n'est-il pas déjà valide, dans la mesure où ce n'est pas le prêtre qui le confère, mais où ce sont les époux qui se donnent l'un à l'autre ?

Que dit le droit canon à ce sujet ?

Merci

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