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Le Diable et Dieu

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Question développée: 

Si le diable punit les méchant en les faisant souffrir en enfer, n'est il pas du même coté que dieu ?

 

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Commentaires

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Bonjour.
Je constate que vous cherchez vraiment à intégrer le débat lancé par cette question de Dieu et du diable, question fort légitime, qui d'ailleurs nous aide à mieux cerner « qui est Dieu ». Je mets des guillemets, car étant tout autre que nous, il serait vain de vouloir le définir comme on peut définir une table ou une chaise.

La tentation dualiste est omniprésente dans l'histoire des religions. C'est l'idée qu'il y aurait une réalité du mal comme il y a une réalité du bien. Or, comme vous le dites très bien, si Dieu ne peut projeter que ce qu'il est et qu'il y a des ténèbres, on est tenté d'en déduire tout simplement que c'est parce qu'il y a du ténébreux en lui.

Les penseurs chrétiens ont réfléchi très sérieusement à cette question, qui ne peut être esquivée puisque l'Écriture dit « Dieu est lumière, en lui point de ténèbres » (Première lettre de saint Jean, chapitre 1, verset 5).
Comment tenir à la fois que Dieu n'est que lumière et qu'il y a des ténèbres ?
En fait, aussi étrange que cela puisse paraître, les formulations qui nous semblent si évidentes sont trompeuses. On parle du « déchaînement du mal », du « côté obscur de la force » (avec un peu d'humour).
Mais en fait, la solution à cette contradiction apparemment insoluble, c'est de prendre conscience que le mal est une absence de bien. Ultimement, la mort est l'absence de vie, la vie qui s'en est allée.
Mais pourquoi cela ?

Oui, vous avez raison, Dieu a « projeté » une création qui ne peut pas ne pas être lumineuse, bonne, si lui-même n'est pas lumière et bonté.
Ceci dit, le fait qu'il laisse certaines créatures, à savoir les anges et les hommes, libres de ne pas choisir intégralement la lumière est la marque de leur grandeur et de leur dignité. S'ils n'étaient pas libres de choisir le bien, et même le Bien absolu qui est Dieu lui-même, ou bien la séparation totale d'avec Dieu, ils seraient comme le reste de la création, de simples instruments dociles dans la main de Dieu.
La nature, hors des hommes, est déjà sublime. Peu nombreux sont les hommes à trouver que la nature est laide, peu nombreux sont ceux auprès desquels aucun coucher de soleil, aucun reflet sur la mer ou la montagne, aucun paysage foisonnant de vie ne trouve grâce.

Tout cela est encore trop peu pour Dieu. Il voulait des créatures qui lui soient encore plus ressemblantes, des créatures avec lesquelles il puisse dialoguer, avoir une relation.
Chez l'homme et l'ange, Dieu se laisse voir de manière encore plus sublime quand l'homme ou l'ange laisse transparaître en lui la lumière qui est Dieu.
Un homme plus ou moins athée disait du Curé d'Ars : « J'ai vu Dieu dans un homme. »
Je trouve beau ce que vous dites : le mal est un défi. Pour moi, c'est à la fois un défi et un combat.

Le « non être » en nous est une sorte de trou noir, une béance, qui appelle la lumière de Dieu, qui est l'Être en lui-même.
Voir le mal comme absence de bien, c'est faire droit au fait que la croissance du bien en nous est comme l'éclairage progressif d'un lieu au fur et à mesure que le soleil se lève. La ténèbre de cet endroit n'est pas tant une vraie ténèbre qu'une absence de lumière. Le soleil n'est tout simplement pas encore là.
Dans nos vies c'est la même chose. Si Dieu ne brille pas sur elles, alors nous sommes aveugles le « vrai réel » nous échappe, le manque de lumière nous fait tâtonner et tomber, ne nous donne qu'une version terriblement pauvre du réel.

Notre vie est un chemin qui est parfois comme une jungle profonde où le soleil perce peu à travers les lourdes feuilles du sommet des arbres. Parfois il y a une clairière pour se reposer, parfois il faut se tailler un chemin à la machette et se défendre contre les bêtes sauvages. Parfois nous encaissons des blessures, bénignes, graves ou très graves. Parfois nous aidons les autres. Parfois nous perdons notre chemin, nous abandonnons celui qui est « le chemin, la vérité et la vie », comme se définit lui-même Jésus (Évangile selon saint Jean, chapitre 14, verset 6).
Et puis viendra le jour où Dieu qui est lumière nous saisira complètement et où nous le verrons tel qu'il est, Lumière ineffable, inimaginable pour nos capacités de perceptions si grandes et pourtant encore si limitées face à l'immensité de Dieu.

Il me semble que la métaphore de la lumière est effectivement très adaptée quand on veut montrer que Dieu est intégralement lumière, et que la ténèbre est l'absence de bien.
Merci de nous avoir aidé à réfléchir sur cette question délicate et récurrente.

PS : le mot Dieu, en français, vient du mot grec Zeus (ζευς, prononcer « dzeusse »), qui n'a pas de signification duale. Par contre, comme vous le dites, diable, qui vient de diabolos (διαβολος), veut dire diviseur, séparateur, il y a la racine « dia » comme dans dialogue. Le diable, c'est celui qui veut qu'il y ait d'un côté Dieu, et de l'autre nous-même. Il veut nous séparer de Dieu, il veut que nous considérions Dieu et les autres créatures comme des ennemis, il veut donc que nous prenions le même chemin que lui, le chemin de la séparation, de l'éloignement, du non-être, de l'absence de vie.

Au contraire, Dieu est l'unificateur par excellence, il veut s'unir à lui toute la création et surtout les êtres avec lesquelles il veut partager sa béatitude. C'est ce que dit saint Jean-Paul II dans l'encyclique Redemptoris Missio de 1990 : « La nature du Royaume est la communion de tous les êtres humains entre eux et avec Dieu. »

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