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L'Église catholique condamne-t-elle la masturbation et pourquoi ?

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Commentaires

Portrait de Cat-modératrice

Bonjour à vous,

Votre question est intéressante, car la réponse ne coule pas de source !

Pour comprendre la position de l'Église, il faut connaître le regard qu'elle pose sur la sexualité. À l'origine, Dieu a créé l'homme et la femme, pour qu'à travers leur amour spirituel et corporel, ils vivent une communion à l'image de celle qui existe dans la Trinité. À travers cet amour, qui était pur avant le péché originel, l'homme et la femme sont appelés à s'aimer et se respecter toujours plus profondément, et ainsi à se rapprocher de Dieu.

Le corps humain a donc été créé par Dieu pour donner de l'amour, que ce soit en lien avec la sexualité ou non. En cherchant à tirer du plaisir de ses organes sexuels d'une façon déconnectée du don de soi auquel Dieu nous appelle, nous nous refermons sur nous-mêmes au lieu de nous donner. C'est un plaisir stérile, qui ne peut pas nous apporter la plénitude de joie pour laquelle la sexualité a été conçue. Et l'habitude de la masturbation rend de plus en plus difficile le don de soi désintéressé dans la sexualité. Nous risquons de devenir peu à peu drogués à ce plaisir, et il est de plus en plus difficile de regarder l'autre sans le considérer, au moins partiellement, comme un instrument qui nous apportera aussi du plaisir.

C'est pourquoi l'Église nous invite à réserver la jouissance sexuelle volontaire aux relations conjugale. Ce n'est pas une condamnation, mais au contraire l'invitation à entrer dans une alliance à laquelle Dieu nous invite, pour découvrir qui Il est, découvrir son amour et le bonheur qu'Il veut nous donner.

Une précision : l'Église considère que la masturbation est moins grave que les relations sexuelles hors mariage, car dans celles-ci une autre personne que soi-même est impliquée. Pour vivre pleinement cette alliance d'amour à laquelle Dieu nous appelle, l'union physique de l'homme et de la femme doit se faire dans le cadre d'un engagement indissoluble pris devant Dieu.

Très bonne question. J'avoue que c'est une question que je n'aurais jamais osé poser moi-même car j'avoue ne m'y être jamais intéressée. J'ai lu ton commentaire Cath avec attention, mais une petite question qui me vient à l'esprit et qu'on m'a d'ailleurs déjà poser concernant les religieux, les célibataires de longue duré ou qui ne trouveront jamais, que peuvent-ils faire ?

Portrait de Cat-modératrice

Bonne question aussi Colombe ! Avant de répondre, je précise que j'ai moi-même cheminé vers la vie consacrée pendant plusieurs années, et avant de me lancer dans ce cheminement, j'ai eu une période de discernement en vie communautaire pendant plusieurs années. J'ai donc vécu une abstinence totale pendant de nombreuses années, jusqu'à mon mariage.

Je pense que l'on ne peut pas mettre "dans le même sac" les religieux, et les célibataires longue durée qui rêvent de se marier et souffrent très douloureusement de leur célibat non choisi.

J'ai le souvenir d'avoir participé à une messe dans la communauté de l'Arche (communauté qui accueille des personnes avec un handicap mental), au cours de laquelle une personne handicapée d'un certain âge, très engagée dans la paroisse, avait fait une prière de consécration à Dieu, au cours de laquelle il a dit « Je t'offre mon célibat, que je n'ai pas choisi ». Les personnes handicapées mentales vont souvent beaucoup plus facilement à l'essentiel que nous. Le célibat non choisi (et même, dans une certaine mesure, le célibat choisi pour offrir sa vie au Seigneur), est une très grande souffrance. Mais, comme pour toute croix, la réponse est dans l'offrande de notre vie au Seigneur. Quel que soit notre état de vie : mariés, veufs, célibataires cherchant à se marier, célibataire consacré, divorcé, etc., nous sommes appelés à offrir notre vie au Seigneur, lui offrir nos joies, nos souffrances, nos talents, nos lâchetés... Seule cette offrande et cette union à Dieu peuvent combler le vide existentiel qui existe en chacun de nous, y compris pour les gens mariés.

La masturbation ne peut pas être une solution pour les personnes célibataires, du moins pour les personnes qui ont une vision de l'homme en accord avec la vision chrétienne. Notre sexualité, inventée par Dieu, a été créée pour être un lieu de communion et de don de soi à l'autre. La masturbation peut apporter du plaisir, mais jamais du bonheur. Au contraire, cela ne peut qu'accentuer la profondeur de notre solitude. Les personnes qui n'ont pas cette conception de l'homme se moqueront de moi bien sûr.

Il est donc fortement conseillé aux célibataires et aux religieux d'éviter d'essayer la masturbation, car cela devient très vite une drogue. Ceux qui désirent vraiment vivre leur foi à fond, et passer par la "porte étroite", choisiront d'accueillir cette croix. Il me semble d'ailleurs que le plus douloureux dans le célibat est le manque de tendresse, plus que le manque de plaisir sexuel. Après, la question devient : comment peut-on supporter les lourdes croix que nous avons à porter dans notre vie ? Jean-Paul II dit : en unissant notre souffrance à celle qu'a portée Jésus sur sa propre Croix. Saint Jean de la Croix dit : celui qui aime comprendra. On ne peut accepter cette réponse tant que l'on n'a pas fait l'expérience d'être porté par Jésus dans nos croix.

"celui qui aime comprendra". Vous pensez que ceux qui se masturbent n'aiment personne ??

Portrait de Cat-modératrice

Non, bien sûr que non !

Dans cette citation, St Jean de la Croix parle de l'amour surnaturel, l'amour divin qui dépasse l'amour naturel humain. Ce que je veux dire en le citant, c'est que c'est seulement en expérimentant l'intimité avec Dieu que l'on peut découvrir que cet amour peut nous combler, quelles que soient les circonstances extérieures.

Je ne dis pas non plus que les personnes qui se masturbent ou que les personnes qui ont des relations sexuelles hors mariage ne peuvent pas avoir en eux l'amour qui vient de Dieu. Certains peuvent être dans ces situations sans ce rendre compte que cela va en opposition avec la volonté et l'amour de Dieu, et certains peuvent vouloir en sortir sans en avoir la force. Ces personnes-là aussi peuvent très bien être proches de Dieu.

Portrait de Evangéline

Je suis une célibaire de longue date et j'ai envie de vous témoigner un peu ce que j'ai vécu.

Je me lance, ce n'est pas facile, mais il concerne votre sujet.

J'ai 47 ans. Jusqu'à 2001, je n'ai jamais ressenti le besoin de vivre le plaisir sexuel, l'amour d'un homme dans ma vie. Certains d'entres vous, le savent, j'ai eu bcp de soucis de santé et je pense que j'avais autre-chose à vivre et à penser. Surtout au début de ma vie de jeune fille. J'étais plus à l'hôpital que d'aller chercher le bel amour...

En 2001, j'ai reçu l'appel du Seigneur. Jusqu'en 2010, j'ai cheminé vers la vie consacrée. Au départ pour être religeuse et après des stages dans des abbayes cisterciennes, j'ai dû me rendre compte, que ma santé, ne me donnait pas le choix d'abandonner ce chemin de religieuse contemplative. Ensuite, j'ai continué à cheminer vers Vierge Consacrée, mais pour des raisons personnelles, il a fallu mettre un terme. A ce jour, je suis tjs dans cet arrêt et je me demande si vraiment c'est pas plus le mariage...mais j'ai un doute, je l'avoue.

Bref, cet appel me tenaillant et voyant qu'il fallait y mettre fin...j'ai eu d'un coup, une envie bizarre. Enfin bizarre, peut être envie que toutes femmes peuvent ressentir.

Il y a deux ans, j'ai eu des pulsions : besoin de me masturber...(bouh...c'est dur d'écrire ça), car j'avais envie de douceur, ressentir un plaisir. Simplement, c'est que plus, je testais cette nouvelle chose (je souris)...bein, je peux pas dire que je sautais au plafond...et bien au contraire, je devenais de plus en plus triste. Je me sentais mal et de plus, j'avais la réelle conviction, que je faisais pleurer Jésus-Christ par mon acte. Et alors, j'étais hyper mal de jour en jour.

Moi, qui aime rire, qui est tjs le sourire, malgrè la maladie, on me dit que j'ai une joie intérieure qui ne vient pas de moi et j'en suis certaine....et bien, là, durant 6 mois, cette joie avait disparu. On ne me reconnaissais plus. Et, puis, évidemment, je ne voulais pas en parler...vous imaginez, parlez de cet acte, n'est pas évident.

Jusqu'au jour, où, je me suis réveillée et je me suis dis : il faut que j'appelle mon père spir. et que je lui demande vite un rendez vous. Mon rendez vous pris, j'ai demandé une confession et puis j'ai commencé à parler de tout ce qui m'avait amené à faire cet acte. Puis, je suis allée voir un psychiatre catholique, car j'avais d'autres blessures qui faisait que j'étais mal dans ma peau. Et, l'an dernier, j'ai pu dire les maux qui ont fait que j'en suis arrivée là. Finalement, je ne cherchais pas un plaisir sexuel, car je sais que je peux me passer de cet acte sans soucis, mais que c'était plus un manque d'affection dans ma vie et cela depuis ma tendre enfance. J'ai fais un travail et je travaille encore à ce jour avec le côté psy et spir. Les deux ne sont pas incompatibles. Bien au contraire et j'ai cette chance, d'avoir un psychiatre catholique.

Finalement cet acte de masturbation pour moi, n'est pas réellement un acte qui peut apporter un plaisir sexuel. C'est plus, un enfermement, et se faire du mal à soi-même.

Par la prière, par l'intercession des Saints (pour moi, Ste Thérèse de Lisieux et St François d'Assise) et aussi Soeur Emmanuelle qui elle même a fait cet acte (je l'ai lu dans un de ses ouvrages), j'ai pu me sortir et guérir de cet acte qui était pas très sain et qui n'est pas le remède à nos manques.

La prière des amis aussi m'a été importante et aussi de mon père spir et de mon  psychiatre.

A ce jour, j 'ai repris une vie de célibataire, pas vraiment choisi, enfin...j'avoue que je suis encore blessée de ne pas pouvoir répondre au Seigneur à cause de ma santé....et puis je chemine tjs et j'essaie de savoir, si il veut de moi, le mariage ou tout simplement la vie célibataire mais en me donnant au Christ sans être religieuse. Et puis, je n'ai plus envie de me masturber, mon plaisir, je l'ai avec l'Amour immense du Seigneur. Il me donne la grâce de porter ma Croix en paix et je pense que l'on peut trouver le bonheur et du plaisir même en étant célibataire. On peut se donner aux autres...par exemple, moi, j'essaie de rendre des petits services aux personnes âgées, par exemple, aujourd'hui, je suis allée chercher les médicaments à une mamie de 92 ans. Il a fallu que je fasse 6Km A/R et pour moi, c'est pas si facile, car je remarche que depuis 3 ans suite à une polyneuropathie invalidante. Mais le fait de me donner par des petits gestes et en essayant de marcher un peu plus chaque semaine, comme ce jour, je trouve un réel plaisir. Plaisir d'avoir rendu un service à une dame de 92 ans et plaisir de voir que j'ai pu marcher sur ces 6 km, car pour moi, c'est un cadeau de Dieu.

Voilà. Tout cela pour vous dire...si vous avez cette pulsion de vous masturber, vite aller en parler à quelqu'un de confiance (prêtres-religieux ou religieuses ou autres) et vous en sortir rapidement. Car ce n'est pas là, que vous trouverez le vrai plaisir.

Pardonnez moi, si mon témoignage est simple, mais j'avais envie de vous donner mon expérience.

Evangéline, je vous trouve très très courageuse pour votre témoignage sur un forum. Bravo.

Que de points de vue féminins !!!

Pour les hommes c'est souvent leur toute première découverte de leur capacité génitale, à l'adolescence. Ou bien ils ont été hélas déjà "initiés" par la pornographie omniprésente, ou bien sans crier gare ils découvrent la réaction de leurs organes génitaux, souvent avec une grande surprise.

Le ressenti peut être très varié, et souvent combiné : c'est agréable, ça fait mal, ça me fait honte, je ne comprends rien, je n'ai pas envie de recommencer, ça me fait peur.
Il est évident que dans ces premiers temps, le garçon ignore totalement la charge morale de ce que l'on peut à peine qualifier d' "acte", tant il y a peu de contrôle.

On imagine mal qu'à 15 ou 17 ans, il ait connaissance de l'article 2352 du Catéchisme de l'Eglise catholique qui affirme : "Par la masturbation, il faut entendre l’excitation volontaire des organes génitaux, afin d’en retirer un plaisir vénérien. " Dans la ligne d’une tradition constante, tant le magistère de l’Église que le sens moral des fidèles ont affirmé sans hésitation que la masturbation est un acte intrinsèquement et gravement désordonné "."

Ceci dit, c'est naturellement la responsabilité du père, s'il est présent, d'aider son fils à découvrir la sexualité d'une manière adaptée à son âge. Lui en montrer surtout la beauté, mais aussi toutes les caricatures dont fait parti "l'acte solitaire" pour parler à l'ancienne.

Si rien n'a été dit, le garçon devra faire, dans la douleur, l'expérience qu'il n'est pas comblé, qu'il assouvit seulement une pulsion. Peut-être le prendra-t-il comme une fatalité, et peut-être que non. Peut-être qu'il voudra s'en libérer, qu'il verra un prêtre ou une personne de confiance, et qu'il avancera. Cet effort se fera sans doute avec de nombreuses chutes, mais comme le dit sainte Thérèse de Lisieux quand on lui demande ce qu'elle fait : "Je tombe, je me relève, je tombe, je me relève..."

Il est illusoire d'imaginer que nous puissions totalement contrôler notre sexualité. Donc il est normal qu'il y ait des chutes. La question est surtout : suis-je prêt à accepter d'être relevé par un autre que moi, par le Seigneur qui passe par la médiation d'une personne de cette terre, un prêtre par exemple.

Portrait de Cat-modératrice

Merci à vous de nous donner un point de vue masculin si éclairant !

C'est vrai que, non guidé, peu aidé, l'adolescent tombera fatalement dans la masturbation sans mesurer à quel point cette pratique l'éloigne de Dieu. D'où l'importance de bien accompagner ses enfants, surtout lorsqu'ils approchent de l'adolescence. Au risque de passer pour de vieux retardataires, nous éduquons nos enfants à la pureté, en restant positifs, en leur donnant confiance. Nos garçons ont 16, 14 et 12 ans: leur dire qu'on croit en eux est capital. Mais oui, nous les encourageons à la chasteté et nous interdisons la masturbation. La pureté bien comprise est une richesse.

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