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Chine - Le régime tente un redressement moral par la religion : vers une baisse des persécutions ?

Portrait de Cat-modératrice
La bonne nouvelle: 

Nouvelle du site Églises d'Asie :

Ces dernières années, les tentatives du gouvernement chinois de recourir aux valeurs religieuses pour combler le vide moral dont témoigne la multiplication des scandales de toute nature en Chine aujourd’hui ont été nombreuses. L’appel lancé en août dernier par le président Xi Jinping de « construire une civilisation matérielle et spirituelle » s’inscrit assurément dans cette ligne politique.

Pour autant, la politique religieuse des autorités chinoises ne semble pas évoluer. Conçue autour d’un système ne comprenant que cinq religions officiellement reconnues et enregistrées, cette politique ne dispose pas de la souplesse nécessaire pour prendre en compte la diversité du paysage religieux actuel, ni ne permet de sortir d’un régime où les autorités en place ne conçoivent pas de ne pas pouvoir contrôler, d’une façon ou d’une autre, les activités religieuses de la population chinoise.

[...] Beaucoup d’observateurs l’attestent, il y a aujourd’hui en Chine une accélération de la quête religieuse, dont nombre de recherches rendent compte depuis plusieurs années. [... ] Alors qu’on assiste à un renouveau de la ferveur dans les lieux de culte et à un engouement indubitable pour la religion chrétienne, notamment protestante, on peut se demander si le retour de la foi n’est pas, à l’exemple de ce qui se passe ailleurs, « une réinvention des pratiques et des discours, bricolant des points de repère de sens pour échapper au désenchantement de la société moderne » (P. Michel Masson, SJ, directeur de l’Institut Ricci).

[...] Dans ce contexte, il semble que le pouvoir commence à considérer la renaissance des pratiques religieuses comme un levier, peut-être plus efficace que le droit – et moins dangereux pour lui-même –, afin de reconstruire une morale sociale et politique très dégradée, alors que l’éthique publique et privée est mise à mal par d’incessants dérapages moraux et déontologiques. On peut cependant douter que la nouvelle tolérance religieuse dont fait preuve le pouvoir parviendra à corriger les dérapages moraux des cadres et à rétablir la confiance des fidèles dans le régime.

Une dépêche de l’agence Reuters du 29 septembre 2013, qui s’appuie sur des sources anonymes, met l’accent sur la nouvelle tendance du président Xi Jinping à tirer partie de la résurgence des engouements religieux : « L’influence des religions sera subtilement favorisée par le pouvoir, qui graduellement réduira ses attaques contre elles. »

 

 

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Portrait de Cat-modératrice

Malheureusement, le dernier article du site Églises d'Asie n'est pas de bon augure :

« Les religions doivent renforcer le sens de l’Etat, de la loi et de la citoyenneté de leurs adeptes de manière à ce qu’au sein des cercles religieux, les activités religieuses soient naturellement menées dans les limites du droit et de la politique. » Tels sont les propos tenus le 27 janvier dernier par Yu Zhengsheng, n° 4 du Comité permanent du Bureau politique du Parti communiste chinois. Des propos qui laissent penser que le pouvoir chinois n’entend pas desserrer le contrôle qu’il exerce sur les religions.

Yu Zhengsheng, du fait de sa position au Comité permanent du Bureau politique, est l’une des sept personnalités qui dirigent la Chine populaire. Plus spécifiquement en charge des questions religieuses au Tibet et au Xinjiang, son influence sur la politique religieuse du pouvoir chinois est considérable. Rapportés par le Quotidien du peuple, les propos qu’il a tenus le 27 janvier ne font pas référence à une communauté religieuse en particulier mais ils insistent sur le fait qu’il est nécessaire de prendre des « mesures » afin d’assurer que « les activités religieuses » ne se transforment pas en « actes illégaux ».

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Dr. Radut Consulting