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Une présence d'amitié à l'écoute de la souffrance des jeunes

Portrait de Cat-modératrice
Article du blog: 

Temps de lecture estimé : 4 min

La jeune sœur Aurélie Charrier, une grande amie, m'a donné l'autorisation de reproduire ici son témoignage sur certains des apostolats de sa mission au sein de la congrégation des Servantes de la Présence de Dieu, à Hyères.

 

 

Sr Aurélie, Servante de la Présence de DieuJ’aimerais vous parler d’un collège/lycée où sont scolarisés bon nombre des jeunes de la paroisse. C’est un lieu que j’aime particulièrement. Je m’y rends tous les 15 jours, le midi, pour la messe. Célébrée au milieu de cette ruche où bourdonnent des centaines et centaines de jeunes, au rythme des sonneries, sur fond du brouhaha ambiant, elle est chargée, cette offrande, du destin de chacun des élèves. J’aime passer du temps, tout gratuitement, avec eux, sur la cour ou dans la cafet. Je plonge, pour quelques minutes, dans ce qui fait leur quotidien. Rien de bien extraordinaire : je salue l’un, demande à une autre des nouvelles de son grand-père hospitalisé, m’enquiers de la difficulté des compos, déjeune avec un petit groupe, recueille une confidence parfois, pressens une souffrance, une solitude de l’un, de l’autre, souvent… Période tumultueuse et souvent douloureuse de l’adolescence…

Pourquoi est-ce que j’aime autant ce lieu où tout est pourtant si bruyant, si rapide, où les rencontres sont souvent furtives ? Peut-être parce que c’est leur lieu. C’est le lieu où ils sont. C’est le lieu où ils vivent la plus grande partie de leur journée. J’aimerais être là plus souvent avec eux. Je pense à ce qui les habite, à leurs questions posées à l’aumônerie, le vendredi soir : « Ma sœur, quand est-ce que cette promesse de paix (dans le livre d’Isaïe) s’accomplira ? », à leurs réflexions : « Parfois, je sens un peu comme une solitude, quand je suis dans mon bain et que je pense à mon futur, au sens de ma vie ».

L’autre jour, en sortant de la messe, une mère de famille, qui vient aider dans ce collège de temps à autre, m’attend pour parler un peu. Elle est frappée par la souffrance des jeunes. Elle se demande quelle est notre responsabilité face à celle-ci : « Que dire ? Que faire ? » demande-t-elle. Elle pleure. Je ne sais pas bien lui répondre. Intérieurement, je pense, que peut-être, notre réponse à leur souffrance, c’est notre présence.

Cette question m’habite plusieurs jours…

Et je repense à cette phrase : « Points-cœur ne prétend pas être une solution aux problèmes graves de l’enfance (ou de l’adolescence), de la souffrance, de la désespérance. Points-cœur n’est pas un remède, mais un signe. Un petit signe d’espérance, un signe d’amour. » 

Un petit signe…

 

« Joseph n’a pas frappé d’un seul coup à toutes les hôtelleries de Judée, il a frappé à celle de Bethléem. Le Christ ne frappe pas à la porte du monde ou même d’un peuple tout entier, Il frappe à la porte de ma maison. »

Pierre est un bon ami. Ce matin-là, je m’approche pour le saluer. « Comment allez-vous ? ». Il me répond avec un bon sourire, et d’un ton plein d’humour, presque taquin, sans amertume : « Comme un vieux ! ».  Il est de ces personnes dont la simple présence apaise. Atteint de la maladie d’Alzheimer, il diminue doucement physiquement. Mais son cœur n’en est pas moins ardent, en témoignent son regard, lumineux, et son abandon… Il ouvre la bouche, et je recueille les paroles d’un sage : « Vous savez, dans ma vie, j’ai été très actif [de fait, il a participé à la construction de bon nombre de bâtiments importants de la ville d’Hyères]. Maintenant, je ne peux plus faire grand-chose. J’ai une canne. Vous savez, c’est là qu’on se rend compte que parfois, dans la vie, on se prend pour des phœnix. Mais en fait, on est peu de choses. » Il s’arrête, très ému. « J’ai eu une grande chance dans ma vie : que m’a mère m’ait inculqué l’amour du Bon  Dieu. Je dis souvent à ma femme : « Mais, si on n’avait pas l’amour du Bon Dieu, qu’est-ce qu’il nous resterait ?». Je vieillis, et je revois toute ma vie, et je me dis : « Au fond, qu’est-ce qu’il reste ? L’amour de Dieu et des autres, c’est tout. Le reste, c’est peu. »

Il est là, si paisible. Il est de ceux qui n’ont rien à prouver, qui vivent une certaine pauvreté, une certaine impuissance qui ramènent à l’essentiel. Un peu comme celles de l’enfant de la crèche, qui ne donne rien d’autre que ce qu’Il est. Ce matin-là, Il frappa à ma porte. Une présence qui fait toute chose nouvelle !

 

« Il faut que Noël se double d’un miracle :

le miracle qui fait que le vent devienne rosée,

que Dieu s’installe au Centre,

que mes yeux du dehors deviennent mes yeux du dedans

pour tout embrasser en vérité.

Le miracle qui fait que mon existence comme mes rêves deviennent neufs,

que mes a priori, vieux de vingt ans parfois, s’estompent,

que toute compagnie devient possible.

Je suis nouveau. Tu es nouveau. Il est nouveau. »

 

C’est ce que je souhaite à chacun d’entre vous : que l’année qui s’entrouvre vous soit vraiment nouvelle !

Je me confie à votre prière, pour vivre ma vocation avec toujours plus d’intensité.

 

Sœur Aurélie

Nb : Tous les extraits cités dans cette lettre sont tirés de textes écrits par le Père Thierry de Roucy à l’occasion de Noël.

 
 
Sr Françoise-Thérèse avec les jeunes de l'aumonerie
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Commentaires

Merci encore pour ce nouveau témoignage....je suis en admiration.

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Et bravo pour ce dont vous témoignez !

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