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Une intention de prière et un choc : les prisonniers des camps nord-coréens

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Temps de lecture estimé : 4 min et vidéo de 2 min 30

Le pape François nous invite à être une Église en sortie. Il est donc bon de sortir un peu de notre quotidien pour découvrir des réalités qui ne peuvent que nous faire prier encore davantage pour nos frères humains en souffrance.

Alors que nous découvrons par l’actualité la brutalité du nouveau dictateur nord-coréen, il est bon de prier pour des personnes qui sont habituellement oubliées de tous : les prisonniers du Kwanliso, le système des camps de concentration de Corée du Nord.

Nous pouvons découvrir cette réalité choquante et soigneusement cachée à travers un témoignage unique au monde. Ce témoignage est celui d’un jeune homme de 32 ans, Shin Dong-hyuk, né dans un ces camps en 1982, et qui s’en est évadé en 2005, à l’âge de 23 ans.

Depuis son évasion, ce jeune homme témoigne un peu partout dans le monde.

Le 2 mai 2012, Shin Dong-hyuk donnait une conférence à Paris à l’occasion de la sortie en France du livre témoignage, Rescapé du camp 14, écrit par le journaliste américain Blaine Harden. Le témoignage est visible en quelques vidéos sur le mini-site consacré par les éditions Belfond à son livre.

Ce témoignage, qui évoque une réalité contemporaine, une réalité qui se déroule au moment où vous lisez cet article, rapporte des faits qui nous semblent très éloignés de l'univers mental que nous connaissons. Le communisme est tombé en Europe en 1991, et les quelques régimes communistes en vigueur dans certains pays (Chine, Corée du Nord, Vietnam, Laos, Cuba) nous semblent être des déchets idéologiques en passe de disparaître.

Mais aujourd’hui, 200 000 prisonniers politiques survivent dans l’univers concentrationnaire nord-coréen. Ce système, appelé Kwanliso, rappelle furieusement les autres systèmes concentrationnaires communistes, Goulag en URSS et Laogaï en Chine (toujours en activité).

On estime aujourd’hui qu’il y a cinq ou six immenses camps du Kwanliso en « République populaire démocratique de Corée ».

Le témoignage de Shin Dong-hyuk révèle les atrocités habituelles constatée dans les camps communistes, mais souvent portées à l'extrême : internement sans procès, absence de tout contact avec les proches, peines sans limite de temps, tortures diverses, punitions très violentes, parfois jusqu’à la mort, parfois sur des enfants de moins de 10 ans, travail forcé 12 heures par jours, sept jours par semaines, jusqu’à la mort, sous-nutrition sciemment calculée pour maintenir les prisonniers à la limite de la survie, exécutions publiques sous les yeux des autres prisonniers chaque mois, mise en cellule d’isolement totale pendant plusieurs mois, soumission totale des femmes aux abus des gardiens, délation obligatoire, inexistence légale.

Sur la photo, Shin Dong-hyuk montre son bras mal ressoudé suite à une fracture qui s'est produite lors d'une bastonnade particulièrement violente.

Il existe cependant en Corée du Nord une pratique unique au monde, une pratique jamais vue, même dans les pays totalitaires qui ont existé tout au long du XXe siècle. Cette pratique, c’est celle de la « culpabilité par association sur trois générations » (yeon-jwa-je) . Lorsqu’une personne est déportée dans un camp pour une accusation quelconque (ex : avoir laissé de la poussière sur un portrait du dirigeant), toute sa famille proche est déportée avec lui : parents, conjoint, enfants.

Il est à remarquer que seul le Cambodge des Khmers rouges (1975-1979) s’était permis de faire travailler des enfants dès qu’ils en avait l’âge. En Corée du Nord, Shin fut frappé par le nombre d’enfants qui mouraient lors d’accidents du travail dans le camp où il se trouvait.

Le système du Kwanliso broie tout lien familial. Shin, sans s’en rendre compte, dénonça ses proches emprisonnés, à son insu, dans le même camp que lui. Un jour, il fut emmené à la place où avait lieu les exécutions, et dû assister à l’exécution simultanée de sa mère et de son frère.

 

Pour alimenter notre prière, il est nécessaire de se souvenir que tout ce qui vient d’être décrit a lieu en ce moment même, alors que nous vaquons quotidiennement à nos occupations. En Corée du Nord, pays de 25 millions d’habitants, qui est lui-même une sorte d’immense camp de concentration, 200 000 personnes vivent et meurent dans les camps du Kwanliso sans que le reste de l’humanité ne soit même au courant de leur existence.

Shin Dong-hyuk n’est qu’un des nombreux évadés à avoir le courage de témoigner quotidiennement pour dénoncer cet horrible système, une des hontes du XXIe siècle.

Crions vers le Seigneur pour ces frères humains qui sont condamnés au silence, ignorés de tous, soumis à des traitements que nous ne pouvons même pas imaginer, tant nous sommes éloignés psychologiquement de ces réalités.

Prions pour que ces régimes tombent, et qu’ils soient renvoyés, selon l’expression commune, « dans les poubelles de l’histoire. »

 

PS : Je rappelle que le témoignage de Shin Dong-hyuk peut être acheté en ligne et est visible en quelques vidéos sur le mini-site consacré par les éditions Belfond à son livre.

 

Pour plus ample informé :

1/3 : une des vidéos présentant la manière dont les prisonniers du Kwanliso sont vus par les autorités nord-coréennes.

 

2/3 : le lien vers l’article du journal Le Monde (8 février 2013) présentant le livre de David Hawk, « Le Goulag caché. »

3/3 : le lien vers la deuxième édition (en anglais) du livre de David Hawk, « Le Goulag caché. ». Il s’agit d’un document PDF compilant un nombre impressionnant de témoignages sur le système concentrationnaire nord-coréen. De nombreuses photos satellites, commentées par les rescapés eux-mêmes, prouvent sans l’ombre d’un doute que les camps du Kwanliso ne sont pas un fruit de la propagande occidentale contre le régime nord-coréen, mais bien une atroce réalité de notre temps.

 
Le livre témoignage de Shin Dong-hyuk
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