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Nouvelles de Manille : Ana, spéciale, si spéciale

Portrait de Cat-modératrice
Article du blog: 

Temps de lecture estimé : 2 min

Une fois encore, j'ai la joie de pouvoir vous partager le témoignage de Séverine Dubois, membre du mouvement Points-Cœur.
 

Manille, Philippines, le 14 octobre 2014

Depuis juillet aussi, nos journées ont changé. Elles se sont embellies de la présence quasi quotidienne d’Ana.
Les premières rencontres n’étaient pourtant pas vraiment annonciatrices de cette beauté.
La première fois que j’ai vu Ana, alors que les autres l’avaient déjà accueillie une fois, elle était assise, complètement dénudée, des voisins autour d’elle, certains criant, des enfants se moquant, personne en tout cas pour s’approcher délicatement et lui remettre ses vêtements qu’elle avait caché dans son dos.

Ana a dix-neuf ans. Atteinte d’épilepsie depuis son jeune âge, souffrant aussi d’un comportement schizophrène, sa passion favorite est d’errer dans les rues.
Son hobbi n’est pourtant pas le plus recommandable dans ce quartier, plus encore dans son état.
Elle a été abusée au moins trois fois et du dernier viol est née une petite Christine...
Profondément meurtrie dans sa sexualité, c’est son rapport à son corps qui fut atteint.

Aucune fondation pour la recevoir, aucun organisme : elle a une maison, une famille, elle est malade.
Bref, le problème d’Ana, c’est qu’elle ne rentre pas dans les cases des services sociaux et la mère, à leurs dires, serait presque condamnable.
Mais la mère, elle, est à bout. Cela se voit. Maigre, fatiguée, dépressive, le regard perdu… Sa solitude, quand on la croise parfois le soir tard près de chez nous alors qu’elle vient chercher Ana qu’elle sait traîner dans le coin, fend le coeur. J’ai rarement vu une femme paraître si seule au milieu d’une rue envahie de passants.

Les jeunes s’amusent à faire boire Ana quand il y a un anniversaire ; les hommes eux, s’amusent à susciter chez elle des danses provocantes ; les enfants parfois jouent avec elle et l’instant suivant se moquent et lui lancent des pierres.
Elle-même alterne facilement entre le rire et les larmes.

Elle qui fuit sa maison, arrivant parfois dans notre quartier dès 7h00 du matin, est capable de rester des heures avec nous. C’est donc qu’elle peut rester dans un lieu si elle y reçoit l’attention que son être crie, par sa maladie comme par son comportement.

Il est évident qu’elle est en danger, puisque c’est fréquemment que nous la trouvons allongée dans la rue ou assise nue le regard perdu.
Déçus, tristes, presque choqués de ne trouver aucune institution pour Ana, nous ne renonçons pas à trouver un lieu dans lequel elle pourra être protégée, dans lequel elle pourra grandir, être aimée et retrouver sa dignité.

En attendant il nous revient peut-être à nous d’être cette présence que nous voulons aimante et attentive, tant pour Ana que pour sa maman.
Et Dieu sait pourtant que c’est elle, qui nous apporte cet amour et cette joie.
 

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Commentaires

Ma petite ANNA comme tu représentes le vrai visage de DIEU.
Nous avons été bouleversé par se témoignage et avons prier avec
mon fils afin que cette petite LUMIERE ... arrive enfin pour toi et ta maman.
Nous en sommes convaincu elle est présente ...Pas loin de vous : car d'autre personne serons sensible a la priere qui
apporterons d'autre maillon a la chaine d'amour pour continuer
a vous porter COURAGE
Nous t'accompagnons spyrituellement avec toute notre affection.

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