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Les trois appels : servir annoncer adorer

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Temps de lecture estimé : 4 min

Un trou dans un arbre abrite une colonie de papillons.
 
Un premier papillon sort du trou et s'approche d'un grand feu. Il en est tout réchauffé et, dans sa joie, il revient dans le trou pour diffuser la chaleur reçue auprès des autres papillons.
Un autre papillon sort du trou et s'approche lui aussi du feu. Il est réchauffé et se dit que les autres papillons devraient sortir pour s'approcher du feu et être eux aussi réchauffés. Il va leur annoncer cette bonne nouvelle qu'ils peuvent sortir pour s'approcher du feu.
Un troisième papillon sort du trou. Il est tellement saisi par la beauté et la chaleur du feu qu'il y entre pour n'en plus ressortir. Comme c'est un feu bienfaisant, le papillon brûle sans se consumer, lui-même devient flamme ardente.

 
Cette image peut être appliquée aux trois appels habituels de la vie consacrée. Ces trois appels nous concernent nous aussi, les laïcs, comme nous le verrons plus bas.
 
 
 
Le premier papillon est l'image des saints de la charité : bienheureuse Mère Teresa, saint Vincent de Paul, don Bosco… La grâce qu'ils ont reçu les pousse principalement à soulager la misère humaine de leurs frères en humanité. Mère Teresa accueille les mourants, saint Vincent de Paul recueille les nouveaux nés abandonnés, don Bosco donne une éducation à la jeunesse pauvre de Turin.
 
Ces apôtres de la charité diffusent la chaleur reçue du Seigneur. Leur grâce propre est le témoignage du service, par une charité qui ressemble à celle du Seigneur lui-même, une charité qui touche les cœurs et les réchauffe.
 
 
 
Le deuxième papillon est l'image des saints évangélisateurs : saint Paul, saint Dominique, saint François-Xavier... Ils savent que la plus grande misère est la misère spirituelle, la misère de ne pas connaître l'amour de Dieu. Saint Paul a évangélisé tout le pourtour de la Méditerranée. Saint Dominique a aidé à réduire, par la douceur, l'hérésie cathare grâce à une prédication pleine de respect et d'écoute de ses interlocuteurs. Saint François-Xavier a baptisé de sa propre main plusieurs dizaines de milliers de personnes en Asie.
Ces apôtres de la Bonne nouvelle ne veulent pas diffuser leur propre chaleur, ils invitent les autres à approcher de la source de chaleur elle-même, le feu dévorant qu'est le Seigneur.
 
Leur grâce propre est l'annonce directe de la Bonne Nouvelle, l'annonce de l'amour de Dieu pour tout homme.
 
 
Le troisième papillon est l'image des saints moines et ermites : saint Benoît, saint Jean de la Croix, sainte Thérèse de Lisieux… Leur grâce propre est la louange et l'adoration de Dieu. Cette grâce est celle que nous vivrons en plénitude lors du face à face avec Dieu, lors de cet embrasement final où Dieu sera « tout en tous ». Ces contemplatifs se tiennent simplement devant la face de Dieu, sans « faire » quelque chose de spécial. Il ne servent pas les pauvres, n'évangélisent pas directement, et pourtant ils portent un témoignage irremplaçable pour les baptisés que nous sommes. Ce témoignage, c'est que rien n'est à mettre au-dessus de la contemplation, de la louange et de l'adoration de Dieu, pas même le service des frères ou l'évangélisation. Le simple fait de penser à eux nous garde de l'activisme et nous appelle à la prière.
 
 
Les consacrés vivent de façon très visible au moins un de ces trois appels.
 
Nous laïcs, sommes appelés de façon tout aussi radicale à servir matériellement nos frères, à leur annoncer la Bonne Nouvelle, et à prier Dieu de manière gratuite. Nous ne sommes dispensés d'aucun de ses appels, mais nous sommes appelés à les vivre sous des modalités et à des degrés différents de ceux des consacrés.
 
Ces trois appels peuvent être plus ou moins forts selon les saisons de notre vie. Par exemple, l'appel à la prière contemplative est souvent plus fort pour les personnes malades ou âgées. Un catéchiste se dévoue en priorité à l'annonce de la Bonne nouvelle.
 
Chacun de ces appels contribue à faire grandir les deux autres, comme une église dont les murs se rejoignent pour former la voûte, le sommet, c'est-à-dire la plénitude de la sainteté, notre appel commun en tant que baptisés. Comme le dit le texte sur l'Église Lumen Gentium, §40 (Concile Vatican II) : « Chacun des fidèles, peu importe son état ou son rang, est appelé à la plénitude de la vie chrétienne et à la perfection de la charité. »
 
Soyons à l'écoute de l'Esprit-Saint, pour discerner ce qu'il attend de nous, afin que nous puissions être intégralement saints, selon un subtile assemblage des différents appels, assemblage qui nous fera exhaler un parfum « d'agréable odeur » (Lettre aux Éphésiens, 5, 2) pour Dieu et nos frères.

 

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