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Le mariage d’amour, monogame, libre, fidèle et indissoluble, joyau de notre temps

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Temps de lecture estimé : 4 min

Si ce mariage existe aujourd’hui et apparaît comme un idéal souvent difficile à atteindre, il est pourtant un sommet de l’évolution du mariage à travers les siècles. Mon propos se limite à l’Occident.

La polygamie était la règle chez les Francs. Clovis faisait figure d’exception avec son unique femme Clotilde. Les évêques ont mis des siècles avant de venir à bout de la polygamie, de droit ou de fait. La monogamie finit par triompher.

Le mariage arrangé de Vasili Pukirev

La liberté du mariage a été défendue par l’Église catholique au Moyen-Âge. C’est ainsi que les mariages secrets ont été interdits pour limiter les pressions de la famille. La liberté dans le mariage fut une conquête très lente. Selon les milieux sociaux, les mariages arrangés cédèrent la place progressivement au mariage d’amour, entre autres sous la pression constante de l’Église. L’idée que mariage et amour puissent coïncider est finalement très récente. Auparavant, dans des sociétés où la pauvreté était la norme et la richesse l’exception, le mariage devait nécessairement inclure un intérêt matériel, c’était souvent la seule motivation.

Puis on en est venu petit à petit au libre des choix des époux l’un par l’autre.

Cette liberté est heureusement devenue la norme dans nos sociétés, les cas de mariage forcé sont devenus très rares.

 

La fidélité a toujours été un combat pour l’institution du mariage. Cette fidélité est défendue depuis les origines de la foi judéo-chrétienne. Dans la loi juive, la femme mariée et son amant doivent être mis à mort lorsqu’ils sont découverts. Si l’Église n’a pas repris cette punition, elle a toujours considéré l’adultère comme l’entorse suprême au mariage. Le mariage est vu comme l’image même de l’union entre Dieu et l’homme, la fidélité dans le mariage a donc une valeur sacrée.

L’adultère masculin a été vu au cours de l’histoire comme infiniment moins grave que l’adultère féminin. Pourtant l’enseignement de l’Église ne distingue pas la gravité de l’adultère selon le sexe de celui qui est infidèle.

 

Aujourd’hui l’infidélité assumée mène le plus souvent à la séparation et au divorce. L’idée d’un mariage absolument indissoluble, tout comme la fidélité absolue, est refusée car vue comme impossible. En effet, le mariage est vu de plus en plus comme une affaire purement privée, purement dépendante des sentiments passagers des partenaires. Pourtant, dès l’Évangile, nous voyons Jésus affirmer cette règle du mariage indissoluble, voulu ainsi depuis les origines par Dieu lui-même (Évangile selon saint Matthieu, chapitre 19). Jésus supprime la possibilité d’une répudiation qui existait dans la loi juive. Il n’y a plus aucune justification au divorce. Ainsi l’Église défend de manière inébranlable, selon la volonté de son fondateur, l’indissolubilité du mariage quelles que soit les événements affectant la vie du couple.

 

Nous constatons que l’enseignement et la pratique de l’Église au cours des siècles nous permettent de bénéficier aujourd’hui d’une institution qui constitue un stade suprême du mariage. Enfin le mariage est rendu à sa pureté originelle. Chez ceux qui le vivent ainsi, il est riche d’une plénitude que peuvent difficilement soupçonner ceux qui n’ont pas eu la chance de se le voir présenter de cette manière, et qui n’ont pas eu dans leur entourage des exemples de mariages de cette sorte.

 

Après des siècles de mûrissement et de combat, les époux qui, consciemment ou non, adhèrent à l’enseignement de l’Église, sont enfin libres de se choisir même si leur parenté s’y oppose. Ils peuvent le faire par pur amour, pur volonté du bien de l’autre, dans une réciprocité bienveillante et bienfaisante. Cet amour est exclusif : je me donne tout entier à l’autre, mon amour n’est pas partagé, ni par polygamie institutionnelle, ni par infidélité.

 

Ce joyau qu’est le mariage dégagé de toutes ses entraves est cependant comme la liberté. Il n’est jamais acquis définitivement. S’il peut parfois se déployer sans difficulté, la plupart du temps il est nécessaire de se battre pour lui, de le défendre contre des régressions ou de nouvelles formes d’agression, il faut sans cesse réaffirmer sa beauté et sa pureté envers et contre tout.

 
 
L'empereur Charles d'Autriche et son épouse Zita
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Commentaires

"L'amour en cage"?

-La fidélité est la conséquence d'un amour vrai vécu en couple, jour après jour.

-la liberté de coeur est personnelle et, de l'extérieur, personne ne peut l'imposer à quiconque- un mariage forçé peut entrer dans une phase de choix libre postérieurement au mariage initialement forçé, et inversement.

-la monogamie est-elle un "joyau" tellement universel, dans un monde si différent d'un pôle à l'autre?

-l 'indissolubilité est décidée par l'église, tout le monde n'appartient pas à l'Eglise...

Ces réflexions, sans signature, me semblent prendre la question du mariage  "à l'envers"

Depuis 42 ans, je ne me suis jamais posé de cette façon, toutes ces questions... tout en restant fidèle et libre, le véritable joyau du mariage est ailleurs.

Bénédicte.

Portrait de Filippo-modérateur

Mon article s'adresse plutôt à ceux qui ne vivent pas encore le mariage, qui se posent la question de savoir si le mariage a une quelconque valeur ajoutée alors que tout un chacun peut faire le choix de ne pas se marier du tout.

Mariage forcé et arrangé ne sont pas toujours la même chose. En Inde, le mariage "libre" est proprement impensable, sauf dans les milieux vus comme dévergondés et occidentalisés, chez les acteurs par exemples. En Occident, certains "arrangements" peuvent en effet être très réussis.

Le mariage forcé est de soi invalide, que ce soit au regard de la loi civile (en Occident et dans bien d'autres pays) ou ecclésiastique. Forcer la liberté d'une personne humaine, homme ou femme, et encore plus enfant, dans une matière aussi grave, n'est certes pas une marque de civilisation.

En Afrique, pour y avoir vécu, la polygamie est très bien vécue... par les hommes. Les femmes auxquelles on laisse le droit de s'exprimer disent volontiers qu'il s'agit d'un enfer. Les querelles entre co-épouses sont inévitables et souvent continuelles. Le mythe d'une polygamie "heureuse" et a la vie dure en Occident.

L'indissolubilité n'est pas décidée par l'Église. C'est une erreur commune de dire ça, et justement je montre dans l'article ci-dessus que c'est Jésus lui-même qui rétablit l'indissolubilité du mariage originelle, telle que voulue par Dieu. Libres aux non-chrétiens de pas adhérer à cette manière de voir le mariage, mais pour les chrétiens c'est se mettre directement hors de l'enseignement du Christ le plus explicite. Vu de l'extérieur, l’indissolubilité paraît invivable. Et d'ailleurs les disciples de Jésus ne s'y trompent pas, quand ils disent : "Si telle est la situation de l'homme par rapport à sa femme, il n'y a pas intérêt à se marier." Mais c'est là justement qu'est le joyau : alors que l'homme avait la possibilité de répudier sa femme, et donc en fait la liberté de s'en débarrasser comme bon lui semblait, Jésus annonce : "ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas".

C'est la bonne nouvelle du mariage : chacun des conjoints peut s'appuyer sur la parole donnée le jour du mariage. Ce oui du jour du mariage veut dire en substance : "Je promets de tout mettre en œuvre pour t'aimer quoi qu'il nous arrive. Si j'en viens à ne plus t'aimer, je m'engage à essayer de te rester uni. Si je te trompe, si tu me trompes, si je te fais un très grand tort, si tu me fais un très grand tort, je m'engage à tout mettre en œuvre, selon mes pauvres forces et avec l'aide de Dieu, pour que nous puissions nous pardonner à chaque chute et rester unis dans le mariage."

Ce oui inconditionnel n'est évidemment pas un oui à la force du poignet. Celui qui prétendrait tenir ce oui seul quelles que soient les conditions serait bien présomptueux. Mais c'est un oui de volonté ferme, un oui plein, un oui qui veut de toute sa force être tenu pour tous les jours à venir, les bons comme les mauvais, les jours de fidélité et les jours d'infidélité. Ce n'est pas la promesse de réussir, c'est la promesse ici et maintenant de tout mettre en œuvre pour réussir.

N’est-ce pas mieux que de dire : "Oui je veux bien me marier, mais si ça devient trop dur ou si tu me trompes, il faudra bien que je me pose la question de divorcer." ? Où est l'amour inconditionnel dans la formule ci-dessus ?

Les générations d'après 68 sont complètement perdues concernant le mariage. Pratiquement personne n'énonce une parole normative à ce sujet, par peur du sacro-saint "à chacun sa vérité" et de la "tolérance". L'idée d'une vérité immuable sur le mariage est vue comme une violence inouïe faite à la liberté de pensée, comme une volonté insupportable d'imposer un point de vue qui de fait condamne tous les autres.

Eh bien tant pis. Jésus a dit : "Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas." La "dictature du relativisme", pour reprendre les mots de Benoît XVI, étouffe la vraie liberté, la liberté de découvrir et de reconnaître le vrai, le bien et le beau.

Pour le mariage, il y a effectivement une grande vérité, un très grand bien pour l'homme et la femme, et une beauté extraordinaire, qui reste attirante quand on voit le nombre de jeunes hommes et de jeunes femmes qui en rêvent malgré la pression anti-mariage ambiante.

Je vois donc un véritable joyau là où je l'ai énoncé. S'il est aussi ailleurs, ça m'intéresse de savoir où car effectivement le véritable joyau est celui qui présente d'innombrables facettes. La vérité, la bonté et la beauté du mariage ne se laissent pas épuiser. J'ai présenté les facettes qui sont pour moi les plus resplendissantes.

Bénédicte, votre témoignage peut rendre plus optimsites beaucoup de gens sur le mariage.
Je disais à des amis l'autre jour que face à la PEUR de nombreuses personnes, en particulier des jeunes, du mariage, de ses devoirs, et face au nombre immense de divorces, probalement une des causes de cette peur assez généralisée, il faudrait de nombreux témoignages, dans les médias (divers : radio, télé, internet) de couples mariés depuis longtemps, et qui sont restés "fidèles et libres", comme vous.

Je pense qu'en lisant dans votre messsage "42 ans" de mariage, beaucoup de gens pourraient avoir du mal à le croire.

Moi, j'ai rencontré un seul couple marié depuis très longtemps, pour lequel je n'avais aucun doute qu'il s'agissait d'un mariage fidèle, libre et heureux.

Et je ne connais, parmi mes amis proches, de mon âge, qu'un seul couple, marié, avec enfants, dont je peux dire sans avoir peur de me tromper, qu'un jour, dans 42 ans par exemple (si Dieu leur prête vie...) , ils seront toujours mariés, fidèles, libres, heureux. Je leur ai dit à quel point leur exemple était pour moi très encourageant. J'ai tendance à parler d'eux à beaucoup de gens de mon âge, pou rexpliquer que oui, c'est possible ! Et ce n'est pas par "chance", ou par "magie", que ça leur arrive ! C'est leur Foi et leur éducation chrétienne (elle est catholique, il est protestant...) .

Filippo, merci beaucoup pour cet article, très instructif, parlant de questions tellement indipensables à se poser sur l'engagement dans le mariage, dans notre société actuelle...

En particulier, ce que vous dites sur l'indissolubilité, la fidélité, en parlant de la polygamie en Afrique (merci de parler de ce que vous vaez vu là-bas ! ) : voilà vraiment le noeud du problème, à l'heure actuelle, dans les pays occidentaux. La liberté du mariage, si précieuse, est très mal comprise par beaucoup de gens.

Justement, je me pose une question, depuis quelques années que j'ai découvert un peu la reconnaissance en nullité du mariage catholique (en théorie, sur internet : car je ne connais aucun cas de ce type dans mon entourage) , ce que dit EXACTEMENT l'Eglise catholique là-dessus.
Ce que j'ai compris de ce qu'en dit l'Eglise, me fait penser que beaucoup de gens, comme moi, non croyants (bon, je suis agnostique, c'est un peu différent) , mais baptisés, ayant eu une éducation catholique (quand j'en parle avec des amis, ici en France, je me rends compte que la plupart d'entre eux sont dans ce cas) , auraient moins peur de l'indissolubilité du mariage s'ils savaient les "termes" précis du contrat moral du mariage; mariage catholique, puisqu'avec qu'avec la loi de 75 sur le divorce par consentement mutuel, n'importe qui peut divorcer pour n'importe quelle raison.

(au passage, c'est dans la même "idéologie" qu'on a aussi autorisé à l'époque l'IVG, soi-disant comme "recours ultime" de femmes en "détresse" totale, détresse plus ou moins organisée par notre société, IVG qui est une fausse "liberté")

Un des cas de nullité du mariage pourrait, s'il était mieux connu en dehors des milieux catholiques, "interpeler" beaucoup de baptisés non croyants, et les soustraire à la peur du mariage catholique.

J'ai trouvé cette page, qui en parle très bien, je trouve, pour des non croyants en particulier :

http://www.matrimo.fr/rencontres/nullite-mariage-eglise.html

Je cite le cas de nullité au quel je pense (paragraphe 2) :

"2. L’exclusion du mariage ou d’un de ses éléments essentiels l Le canon 1101 - § 1. « Le consentement intérieur est présumé conforme aux paroles et aux signes employés dans la célébration du mariage. § 2. Cependant, si l'une ou l'autre partie, ou les deux, par un acte positif de la volonté, excluent le mariage lui-même, ou un de ses éléments essentiels ou une de ses propriétés essentielles, elles contractent invalidement. » Ce canon affirme l'invalidité du mariage s’il y une contradiction entre, d’une part les paroles ou les signes extérieurs et d’autre part, le consentement intérieur. Les apparences peuvent tromper. En débit des paroles affirmatives, s'il y a une exclusion du sacrement du mariage chrétien, de ses propriétés fondamentales, comme la fidélité, l'indissolubilité, la procréation, le mariage est contracté invalidement. Une seule de ces exclusions peut rendre le mariage nul. "

Fidélité : évidemment que ça rassurerait beaucoup de gens, notamment des femmes qui quelques années après leur mariage sont enceintes/mères de jeunes enfants, si, avant leur mariage, elle savent que leur futur mari s'engage absolument à ne pas être infidèle; idem pour les hommes, que ça rassureait beaucoup, de savoir cela de leur future épouse. La contraception, en particulier la pilule assez généralisée, permettant évidemment beaucoup de liaisons extra-conjugales.

Un homme, récemment divorcé, m'avait raconté cela : il avait rencontré sa future femme vers l'âge de 20 ans, vers l'âge de 25 ans ils étaient mariés, à 30 ans environ ils avaient eu un 1er enfant et cette femme était enceinte du 2ème ("désiré", comme le 1er) , lorsqu'elle a commencé à tromper son mari avec un de ses collègues de travail (en étant enceinte ! ) . Elle a continué cette relation pendant les derniers mois de grossesse, alors que le mari, voulant être présent au moins jusqu'à la naissance, continuait d'habiter dans le domicile conjugal. Après la naissance, elle ne voulait toujours pas cesser la liaison. Ils ont entamé la procédure de divorce quelques semaiens après.
Ce jeune homme m'a expliqué, en détails, toutes les raisons pour lesqueles jamais, depuis qu'ils s'étaient connus 10 ans avant, jamais il ne se serait attendu à tout cela. Pendant des années, jusqu'à la 2ème grossesse, de son point de vue à lui, "Tout allait bien", jamais elle ne lui avait fait peur de difficultés, jamais de grosses disputes, etc.
S'ils s'étaient mariés religieusement, cet homme aurait-il pu obtenir la reconnaissance de la nullité du mariage, pour défaut d'engagement au devoir de fidélité de la femme? Je le pense, car il est probable que pour elle, au moment de se marier, il était envisageable, un jour, de le tromper, dans une relation extra-conjuguale suivie. Au regard des connaissances actuelles en psychologie (auxquelles d'ailleurs ce site fait allusion) , on ne peut pas imaginer qu'il en ait été autrement (en particulier au regard du fait qu'elle ait commencé à le tromper alors qu'elle était enceinte de plusieurs mois : c'est une "aberration" biologique et psychologique, à laquelle elle aurait échappé, avec une réelle volonté, dès son mariage, de respecter un devoir de fidélité) .

Indissolubilité : évidemment que la non volonté de contracter un mariage indissoluble, donc l'extrême facilité de divorcer, par "consentement mutuel", d'après la loi de 75, alors que des chrétiens sincères, et au-delà, même des non croyants, peuvent se voir contraindre d'accepter le divorce demandé par l'autre conjoint - je connais un cas exemplaire de résistance à un tel divorce, de la part d'un ami catholique : il persiste depuis quelques années à ne pas vouloir accepter le divorce qu'a demandé sa femme, qui a quitté le domicile conjugal, qui vit comme une femme divorcée, avec même l'organisation de la garde partagée des 2 enfants. Car, pour lui, en se mariant à l'Eglise, le mariage était indissoluble, mais apparemment, pas pour sa femme, qui, peut-être elle aussi, avait dès le départ cette idée, et qui persiste à vouloir divorcer (comme dans le cas cité dessus, cela ne peut s'expliquer que par le fait que sa femme ait entamé une relation extra-conjuguale, je ne le sais pas) .
Cet ami, catholique; pourrait, il me semble, demander et obtenir la reconnaissance de la nullité de son mariage. Est-ce-que je me trompe?
Il ne l'a pas demandée, à ce jour... Peut-être qu'il garde encore un petit espoir qu'elle revienne vers lui, je ne sais pas...

Procréation : depuis quelques années, sur internet, j'ai découvert des témoignages sur internet, très nombreux, de femmes mariées dans une détresse terrible. Elles sont mariées civilement, pensaient qu'un jour leur mari voudrait avoir des enfants. Après quelques années de mariage, elles ont un "désir d'enfant" de plus en plus affirmé, elles en parlent régulièrelent avec leur mari, elles souhaitent arrêter la contraception (la pilule, souvent) , mais leur mari persiste à ne pas vouloir d'enfant. La plupart de ces femmes ne veulent pas lui "faire un enfant dans le dos", en arrêtant la pilule sans le lui dire. Elles se retrouvent face à un dilemme terrible : le quitter, dans l'espoir de rencontrer un autre homme avec qui elles auraient des enfants, ou rester mariée avec leur mari, dans ce désespoir immense de ne pas avoir d'enfant.
Si ces femmes s'étaient mariées religieusement : dans le mariage catholique, au contraire du simple mariage civil, les époux doivent s'engager à avoir des enfants, si bien sûr ils le "peuvent", biologiquement. Témoignages de couples chrétiens infertiles, dont un ayant adopté un enfant, regrettant de ne pas avoir eu plus de soutien de l'Eglise : http://www.chretiensinfertiles.fr/?p=145
Donc, les femmes mariées civilement, désespérées que leur mari ne veuille pas avoir d'enfants (l'inverse est plus rare, mais cela existe : des femmes qui ne veulent aps avoir d'enfant) , auraient eu tout "intérêt" à se marier à l'Eglise... Leur futur mari aurait peut-être "avoué", lors de la préparation au mariage, qu'il n'envisageait pas d'avoir d'enfant, ou que cela lui faisait peur... Ils ne seraient peut-être pas mariés, ou alors ces femmes auraient obtenu la reconnaissance de la nullité de leur mariage, et ces femmes ne se retrouveraient pas, quelques années après, vers 35/40 ans, dans ces situations de détresse et de désespoir absolus.

Voilà ce qui pourrait rassurer de nombreux baptisés, non croyants, ou même des croyants, qui ont peur du mariage catholique (et du mariage civil, aussi, dans une moindre mesure) .

Filippo, vous avez écrit :

"N’est-ce pas mieux que de dire : "Oui je veux bien me marier, mais si ça devient trop dur ou si tu me trompes, il faudra bien que je me pose la question de divorcer." ? Où est l'amour inconditionnel dans la formule ci-dessus ?

Les générations d'après 68 sont complètement perdues concernant le mariage. Pratiquement personne n'énonce une parole normative à ce sujet, par peur du sacro-saint "à chacun sa vérité" et de la "tolérance".

Oh la la, comme c'est vrai, ce que vous dites sur les générations d'après 68... Moi aussi, j'ai été "complètement perdue concernant le mariage",  pendant longtemps.

L'idéologie dominante sur le mariage et de mauvais exemples de couples mariés (civilement ou même religieusement) , qui ne respectent pas leurs devoirs d'époux (devoirs bien moins importants, concernant le simple mariage civil, qui n'engage pas à grand chose, quand on l'analyse bien) : voilà contre quoi il faut se battre.

Donc, les débats sont nécessaires, mais aussi, et à mon avis encore plus,  de montrer l'exemple, de témoigner sur son mariage, comme l'a fait Bénédicte ici.

Bénédicte, je vous remercie vivement pour votre témoignage, comme j'ai remercié mes amis chrétiens, mariés, aven enfants, de l'excellent exemple qu'ils me donnent, très encourageant pour moi.

Vous rendez ainsi un immense service aux générations nées après 1968...

 


 


 

Portrait de Cat-modératrice

Merci Charlotte pour votre commentaire.

Je vois avec plaisir que vous vous renseignez plutôt que de juger l'Église sans la connaître.

Comme vous l'avez compris, il y a 4 conditions indispensables pour qu'un mariage soit valide : que l'engagement soit pris vraiment librement par les deux époux, qu'ils soient tous les deux décidés à être fidèles, du moins à tout faire pour y parvenir, qu'ils considèrent leur engagement comme absolument indissoluble, et qu'ils soient ouverts à la vie, à accueillir les enfants qu'ils pourront concevoir, dans la limite du raisonnable.

Comme vous le dites, quand l'une de ces conditions était absente lors du mariage, on ne fait pas une "annulation", mais une "reconnaissance de nullité" : il n'y a jamais eu de mariage valide, on n'annule rien.

Dans les exemples que vous donnez, par exemple celui de la femme infidèle, tout dépend de son état d'esprit au moment de son mariage. Si, dès le départ, elle se disait « Si un jour je tombe amoureuse, il serait normal que je suive mon cœur et que je trompe mon mari ou que je le quitte », alors le mariage n'était pas valide. Mais si elle était sincère, alors il y a bien eu engagement, et l'engagement a été trahi. Le couple reste marié devant Dieu, et cet homme a été abandonné par son épouse légitime. Dans les deux cas, c'est une situation terrible pour tous, particulièrement pour l'époux trahi et les enfants.

Merci Cat pour cette réponse très précise !

J'ai trouvé un article très intéressant sur les reconnaissances de nullité des mariages religieux.

http://www.famillechretienne.fr/famille/detresse/nullites-de-mariage-peu-frequentes-en-france-et-pourtant-liberatrices_t5_s13_d59719.html

Les propos sur l'immaturité affective de certains jeunes adultes (pas toujours si jeunes) me paraissent (hélas...) très pertinents.

Donc, parfois il faut savoir dire "Y'a pas l'feu au lac ! ", puis, après quelques temps de maturation et de préparation, "Mieux vaut tard que jamais."
Sans nier les réalités de la biologie... wink
 

Le mariage religieux, caractérisé par la monogamie et l'inconditionnalité, a un sens prophétique:  il manifeste l'amour préférentiel et inconditionnel de Dieu. Si l'homme est créé à l'image de Dieu, qui est Amour, alors il a, au plus profond de son coeur, cette soif de l'amour préférentiel et inconditionnel. Et s'il est créé à l'image de Dieu, c'est pour rendre visible l'invisible. L'homme, dans son être, est 'amour' et il est appelé à manifester l'amour de Dieu sur la terre.

Mais comme il est aussi pécheur et qu'il découvre des tendances égoïstes en lui-même, il n'est pas évident qu'il puisse tenir sa promesse de fidélité tout seul. Le mariage religieux n'est pas seulement un pacte d'alliance entre les époux, il est également un pacte d'alliance des époux avec Dieu, qui lui-même promet sa fidélité.

Alors, il est important que les époux chrétiens soient conscients de cela et prennent en eux-mêmes et entre eux la résolution de nourrir leur relation avec Dieu. Sinon - s'il n'y pas de relation véritable avec Dieu - la tentation est plus grande de compter sur ses propres forces et de résoudre soi-même les difficultés qui sont inhérentes à la vie. C'est bien la plus grande raison des divorces, malheureusement même entre chrétiens. 

Il ne faudrait mieux pas contracter un mariage religieux si l'on ne croit pas ou si l'on ne décide pas de veiller à sa relation avec Dieu. Le mariage religieux est bien une vocation, et non quelque chose de normal. C'est un appel à la sainteté, au vrai accomplissement de l'homme, proposé au libre arbitre de l'homme; c'est un choix libre. 

L'Église pourrait veiller plus à cet aspect dans la préparation au mariage, proposer des moyens pour que les époux soient stimulés à nourrir leur relation avec Dieu, aussi après le mariage (formation, groupe de partage avec d'autres époux, accompagnement spirituel, sacrements, prière, etc.)

Vous êtes d'accord?

Portrait de Cat-modératrice

Merci pour ce beau commentaire. 

Je pense que si un couple se marie, il est toujours mieux de se marier aussi devant le Seigneur. De toute façon, un mariage civil peut aussi être valide devant l'Église et interdire un autre mariage religieux en cas de divorce. Si on demande le sacrement du mariage, même pour des personnes non pratiquantes, la grâce de Dieu pourra toujours se "faufiler" à un moment ou à un autre, dans certains moments de grâce où les personnes ouvrent leur cœur.

Par contre, si les personnes ne veulent pas s'engager pour la vie et être fidèle l'une à l'autre, cela ne sert à rien de se marier civilement (le PACS donne les mêmes avantages fiscaux...), et cela ne serait de toute façon pas valide pour Dieu et l'Église. Pour être marié validement devant Dieu, il faut que les époux se soient engagés en pleine liberté, avec la volonté de resté mariés toujours, d'être fidèles l'un à l'autre et d'être ouverts à la vie (à concevoir des enfants).

Je ne sais pas ce qu'il serait bon de faire pour la préparation au mariage dans l'Église. Elle est déjà obligatoire, mais ce n'est pas facile, en si peu de temps, d'introduire des personnes qui ne connaissent plus rien à Dieu, à la profondeur de ce qu'est l'engagement dans le mariage. Chaque prêtre et chaque groupe propose cette préparation à sa façon, certains sont plus doués pour cela que d'autres, on n'y peut pas grand chose si certains n'ont pas ce don.

 

Je vous donne une histoire vraie.

Un couple se marie devant Dieu, sans avoir vraiment la foi ou avoir été préparés. La femme croit quand même un peu, et elle grandit dans la foi. Mais le mari ne croit pas vraiment, et quelques années après, il quitte sa femme pour une autre femme. Quelle souffrance pour la femme abandonnée (et les enfants nés de leur union)! Elle ne peut plus contracter un mariage devant Dieu. Et si elle se remarie, elle ne peut pas recevoir la communion eucharistique.

Tant d'hommes et de femmes se marient dans une église, non parce qu'ils croient, mais uniquement parce que "c'est si romantique" et que "beaucoup d'autres l'ont fait". Mais où est la foi? Si l'Église a raison de dire qu'on ne peut pas profaner les sacrements, ne faut-il pas non plus veiller à la présence de la foi de ceux qui demandent les sacrements?

La bonne volonté de rester fidèles ne semble pas suffire dans un mariage devant Dieu. Il ya des couples chrétiens qui se sont divorcés. Pourquoi? Au fond, n'est-ce pas parce qu'ils (ou l'un d'eux) manquent de foi à la fidélité de Dieu qui a promis sa fidélité?

D'autre part, tant de jeunes hésitent à se marier. Est-ce que parce qu'ils n'ont pas confiance en eux-mêmes? Peut-être, mais peut-être aussi parce qu'ils ne voient pas le sens de se donner pour toute sa vie à une seule personne, vu les divorces nombreuses? Où est la question vraiment? N'est-ce pas la foi? Je pense qu'on ne peut pas séparer les sacrements de la foi. 

P.ex. pour le baptême des enfants: il y a là aussi beaucoup d'incompréhension (p.ex. du côté des protestants) parce que souvent après, l'enfant n'est pas vraiment éduqué dans la foi, et il quitte sa foi. Beaucoup de jeunes disent: "je suis baptisé, mais dans la famille, on n'allait presque jamais à la Messe". Le problème là aussi me semble être: est-ce que les parents sont-ils bien conscients de leur responsabilité de donner à leur enfant une éducation dans la foi, qu'il puisse grandir dans la liberté et découvrir la beauté de la foi, afin de pouvoir choisir lui-même à l'âge adulte d'adhérer à la foi et de suivre le Christ (le sacrement de la confirmation)?
De même pour la confirmation: beaucoup de familles non-croyantes en profitent pour rassembler la famille, gâter leurs enfants, etc. Et ils ne stimulent pas leur enfant à aller à la catéchèse, ou l'enfant n'aime pas y aller...

Dans cette Année de la Foi, ne serait-il peut-être pas bien de réfléchir sur cette question de la foi dans les sacrements? On ne peut pas profaner ce qui est sacré, jeter les perles devant les porcs...

Alors, ce sera un vrai et beau témoignage devant le monde entier, de voir des personnes croyantes qui sont heureuses, parce que branchées sur la fidélité de Dieu donnée à travers les sacrements. Et ils verront que ce branchement, ces personnes l'auront choisi consciemment et librement. Et ce témoignage de foi peut être source de beaucoup de conversions, parce que la lumière de Dieu sera plus claire. Surtout dans ce monde-ci, qui est dans les ténèbres du manque de confiance dans l'autre, de l'infidélité, de l'autosuffisance, de la recherche des plaisirs égoïstes, etc. Les chrétiens sont plus que jamais appelés à être la lumière du monde, eux-mêmes illuminés par la Lumière véritable qu'est Dieu. Nous ne pouvons plus rester dans le flou qui peut se trouver dans certaines pratiques, ne sommes-nous pas appelés à grandir dans l'amour dans la vérité ?

Portrait de Cat-modératrice

Bonjour Mars,

Ce que je voulais dire, c'est que même un mariage civil, sans mariage religieux, peut être reconnu valide par l'Église, et empêcher un remariage à l'Église. Donc je pense qu'il vaut mieux s'abstenir de se marier, même civilement, si on ne souhaite pas s'engager sérieusement, sinon, c'est dommage de se priver du sacrement.

Dans votre exemple, il y a de fortes probabilité pour que le mariage entre cette femme et cet homme non croyant n'ait pas été valide. Si cette femme fait reconnaître la nullité de son mariage (il est nul si son mari n'avait, dès le départ, pas l'intention du lui être fidèle pour la vie), elle pourra se remarier à l'Église.

Concernant les sacrements, les avis sont partagés entre le fait de les réserver aux personnes vraiment croyantes, et le fait d'espérer que les personnes peu croyantes, avec un minimum d'ouverture de cœur, pourront en recevoir les fruits le moment venu. Pour le moment, l'Église considère qu'il ne faut pas refuser les sacrements sans raison vraiment très grave.

Je réagis au dernier commentaire et indirectement aux précédents avec comme sujet "ce monde-ci". Je lance un débat sur ce monde-ci qui est le notre, notre société actuelle, ma génération! Pour moi, il existe une religion plus forte (du moins pour les aveuglés, comme moi?) que toutes les autres religion car elle aveugle ceux qui appartiennent à une autre religion ou non... Nous la pratiquons tous quotidiennement, vous voyez laquelle? La consommation , le consumérisme... Nous consommons tous. Nous consommons pour vivre: manger, boire... Mais aussi et surtout nous surconsommons de tout au delà de nos besoins élémentaires. Consommer ça veut dire utiliser puis jeter quand on n'a plus besoin car tout est abondance. Il y aura toujours mieux et nouveau donc pourquoi garder (la fidélité est remise en question)?

Je caricature et grossis la situation, notamment des divorces après un mariage consommé, des relations humaines, du monde du travail. Mais malgrè mon éducation religieuse, j'ai le sentiment d'avoir été bercé par le consumérisme qui m'a égaré et amené à jeter sans srcupules... Je suis dure avec moi-même et je ne souhaite pas  juger les autres personnes mais je constate que les valeurs manquent cruellement à notre société d'aujourd'hui et il existe une réelle souffrance ambiante. En tout cas j'en souffre actuellement.

Je suis en train d'ouvrir les yeux sur tout cela, je crois au mariage religieux mais trouver une personne qui y croit comme moi je pense que ça devient compliqué dans notre société d'aujourd'hui... Le dernier commentaire cite les jeunes hommes qui refusent ou repoussent le fait d'avoir des enfants. Ca me désole car c'est contre nature... Ils n'imaginent pas que leur compagne arrivée à un certain âge se mettra en danger d'avoir en enfant ou ne pourra plus! Evidement ils auront le choix quand ils voudront un enfant de choisir une femme plus jeune. C'est horrible pour une jeune femme qui a son horloge biologique qui s'active vers 25-30 ans et ne trouve pas de compagnon qui souhaite avoir un enfant. Pourquoi ils se compliqueraient la vie puisque la société offre tellement de diverstissement. Il faut profiter! Dite ça à une jeune femme de 40 ans...

Vos texets et commentaires ci-dessus font du bien, ils redonnent un peu d'espoir quand on veut bien le voir.

Ma vision des choses est aujourd'hui comme ça mais demain peut-être aurais-je adoucis mon discrous sur la société d'aujourd'hui?

 

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