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La Bible a-t-elle seulement été écrite en hébreu et en grec ?

Portrait de Filippo-modérateur
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Temps de lecture estimé : 1 min 30

« È agia graphè », c'est à dire « L'Écriture sainte » en caractères grecquesCertains spécialistes, peu nombreux, estiment qu'il aurait pu exister des fragments du Nouveau Testament écrits en araméen.

Cependant, il n'existe aucune preuve formelle de cette affirmation, personne n'ayant jamais pu produire un manuscrit biblique authentique dans d'autres langues que l'hébreu et le grec.

Nous, les Occidentaux de langues romanes, sommes une fois de plus privilégiés : nos langues plongent profondément leurs racines dans le grec, spécialement le français.

Nous pouvons donc beaucoup plus facilement « coller » aux modes de pensée des auteurs du Nouveau Testament qu'un habitant de l'Extrême-Orient ou de l'Inde par exemple.

Si je lis le titre visible sur la couverture cette Bible, je vois « αγια », qui se lit « aguia », d'où vient le mot « hagiographie », qui signifie « vie de saint » (littéralement « écrit sur un saint »).

« Γραφη » se lit « graphè », d'où viennent justement les mots de la famille « graphie », donc écriture. D'où une traduction toute simple de ce titre : « L'Écriture sainte ».

La plus grande partie des livres de l'Ancien Testament ont été écrits en hébreu. Une plus petite partie a été écrite en grec, et une partie plus faible encore en araméen. L'ensemble du Nouveau Testament a été écrit en grec.

Nous avons l'immense chance de disposer d'une très grande quantité de manuscrits du Nouveau Testament en grec, et des manuscrits très proches des originaux, pour certains probablement des copies directes. Le Nouveau Testament est en cela un texte unique.

Aucun texte aussi ancien ne dispose à la fois de manuscrits si proches dans le temps et si nombreux. Par comparaison, le manuscrit le plus ancien dont nous disposons pour la fameuse « Guerre des Gaules » de Jules César ne date que du Xe siècle !

Le « Tanakh » ou Bible hébraïquePour l'Ancien Testament, les manuscrits dits « de la Mer morte » ou de Qumrân, nous ont apportés des quantités considérables de manuscrits de toute première qualité.

Par exemple, ils comportent un manuscrit complet du livre d'Isaïe, l'un des plus longs livres de toute la Bible.

Le livre visible ici est le « Tanakh », abréviation courante pour désigner la Bible hébraïque, les textes considérés comme Parole de Dieu dans le judaïsme.

Dieu est bon pour son peuple : sa Parole nous est donnée et transmise depuis des siècles toujours plus abondamment, y compris matériellement par les supports matériels très anciens à notre disposition.

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Commentaires

Portrait de Théophile_de_Hippone

Les Evangiles (sauf Marc) ont été vraisemblablement écrits d'abord en Araméen, puis traduits en Grec. Se rapprocher de l'institut EECHO (Enjeux de l'Etude du CHristianisme des Origines).
Théophile

Portrait de Filippo-modérateur

Merci pour votre contribution.

Mais comment dire « vraisemblablement » dès lors qu'il n'y a aucun manuscrit, ou même allusion à un manuscrit, qui puisse venir à l'appui d'une telle thèse ?

Portrait de giby

Il y a seulement sur Mathieu ou il y ai eu l'hypothèse crédible d'un original Hébreux ou araméens. Sauf que les manuscripts hébreux qu'Origène avait en sa possession étaient en fait des "retrotraduction" faites par les Ebionites. De là il n'y a aucune trace autre de texte ancien en Hébreux, et si les judéonazaréens, utilisait une traduction du grec, alors qui aurait eu un texte original dans une autre langue??

Portrait de Théophile_de_Hippone

Je pense comme Giby que le texte de Mathieu a été le plus vraisemblablement été écrit en araméen. Mais je n'ai pas la compétence pour en juger. Je m'intéresse plutôt à la proclamation synagogale du Saint Evangile, telle qu'organisée en école d'oralité par le prêtre maronite Frédéric Guigain (EECHO).
Mais voici ce que répondent à votre question ceux qui ont la compétence:
<< Dès que l’on évoque l’oralité évangélique, ou – ô horreur – l’oralité araméenne, le réflexe conditionné consiste à objecter : « Mais le texte canonique du Nouveau Testament, c’est le texte grec !» Quel texte grec ?
Il ne s’agit pas de celui qu’utilisent les chrétiens de Grèce et de Constantinople. On entend par là un texte grec originel, qui aurait été à l’origine des manuscrits grecs que nous connaissons, et qui aurait été écrit par les différents auteurs du Nouveau Testament.
Remarquons ensuite qu’en matière « canonique » (c’est-à-dire juridique), il faut remonter au Concile de Trente pour trouver une indication à ce sujet. Ce Concile précisa (dans ses actes) que le texte normatif est la Vulgate… pour les Occidentaux, et la Peshytta pour les chrétiens de l’Eglise de l’Orient (appelés aujourd’hui assyro-chaldéenne). Le « texte grec » pouvait d’autant moins servir de norme qu’il n’existe pas réellement.
Ce qui existe en effet, ce sont sept familles de manuscrits textuellement irréductibles l’une à l’autre (les variantes textuelles convergent quant au sens global, mais pas quant au mot à mot), ce qui veut dire qu’elles ne peuvent pas avoir de source commune. Du moins en grec. C’est seulement à partir de la fin du XIXe siècle que des exégètes occidentaux ont cherché à synthétiser les meilleures « leçons » tirées de ces sept familles et qu’ils ont créé un « texte grec » (qui n’est pas une harmonisation mais une suite de choix). Et par un tour de passe-passe, ce texte artificiel est présenté aujourd’hui comme la norme.
Or, la Peshytta ou texte de l’Eglise assyro-chaldéenne (peshytta signifie strict au sens de texte sans glose) ne correspond à aucune de ces sept familles de manuscrits grecs mais peut expliquer les variantes de chacune d’entre elles. Donc, si elle résulte d’une « traduction du grec » (comme on dit), il faut que celle-ci ait été une géniale harmonisation des sept familles grecques, et, bien sûr, qu’elle leur soit postérieure. Cette hypothèse en amène beaucoup d’autres en cascade. En effet, il faut postuler alors que le Nouveau Testament araméen n’existait pas (et donc les chrétiens d’Orient non plus) avant que, tardivement, un génial érudit oriental ait décidé d’en produire un, ait réuni une masse impressionnante de manuscrits grecs, et enfin ait réussi à constituer un merveilleux texte araméen qui harmonise les variantes de ces manuscrits grecs.
À ce stade, on se trouve devant une alternative : soit nos exégètes ont raison de dire que la Peshytta vient du grec mais alors il faut croire que tous ont été incapables de faire en grec le miracle qu’un oriental aurait réussi à faire en araméen, soit leur supposition doit être inversée, à savoir que la Peshytta doit être considérée comme témoin de la source des manuscrits grecs – la diversité potentielle des traductions de ce texte araméen vers le grec expliquant parfaitement celle des familles des manuscrits grecs, qui est précisément irréductible.
Entre un écheveau d’hypothèses invraisemblables (voire négationnistes) et une explication fondée et vérifiable, le choix est clair. Il est temps que la Peshytta retrouve sa place de norme, mais pas simplement en tant que « texte à lire ». Comme le savent ceux qui pratiquent l’oralité, il s’agit moins de « lire » que « d’apprendre » – idéalement par cœur – car l’approche et la compréhension qu’on a de la Peshytta (ou des traductions partielles déjà disponibles) sont sensiblement différentes dans un cas ou dans l’autre. Ceci nous renvoie à l’histoire même du « texte », en particulier à celui des évangiles, lesquels sont en fait des cristallisations mises par écrit et organisées pour la liturgie, de compositions orales réalisées par les apôtres et d’autres témoins du Christ, et qui étaient beaucoup plus vastes.
Le mythe occidental du « texte grec » a sans doute fait son temps. >>
L’équipe d’EEChO

Portrait de giby

Je pense que je me suis mal exprimé, vu que je pensais avoir expliqué pourquoi l'hypothèse du Mathieu hébreux/araméen par la suite traduit en grec ne tiens plus la route...

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