Aller directement à la navigation

Comment nous préparer à accueillir le nouveau pape

Portrait de Filippo-modérateur
Article du blog: 
Temps de lecture estimé : 4 min
 
À l’approche du Conclave, les spéculations les plus variées circulent sur celui qui sera le successeur de Benoît. L’absurde opposition entre candidats « modernistes » et « conservateurs » fait les choux gras des journalistes. Toutes sortes de critères sont inventés ou ressortis de la naphtaline.
Nous avons la chance de savoir que le successeur de Pierre est choisi par le Saint-Esprit, c’est-à-dire par Dieu. Dieu dit : « Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, […] autant mes pensées sont au-dessus de vos pensées. » Isaïe 55, 9
 
Écartons l’objection courante : est-ce que Dieu a choisi les papes les plus scandaleux de l’Église ? Est-ce qu’il a choisi le célèbre Alexandre VI Borgia, père de Lucrèce et de César ? Eh bien, nous pouvons constater que même si Dieu n’a pas empêché cette élection, ce pape, comme les autres, n’a pas erré, il n’a pas remis en cause la foi de l’Église.
 
Maintenant, venons-en aux exemples plus récents. Nous allons voir comment la meilleure préparation est encore et toujours la prière, et non les bavardages stériles du style : jeune ou vieux ? membre de la Curie ou archevêque diocésain ? noir ou blanc ? médiatique ou discret ?
 
En 1958, aucun successeur évident de Pie XII n’apparaît au cours du Conclave, après dix tours de scrutin. Les cardinaux se tournent vers celui qui semble être un bon pape de transition : Mgr Roncalli, le ventripotent Patriarche de Venise, qui a 76 ans et prend le nom de Jean XXIII.
En le voyant pour la première fois, les Italiens présents sur la place saint Pierre font entendre un cri : « Un grosso ! » (Un gros !).
Tout le monde imagine un pontificat tranquille et court, en attendant qu’un cardinal se fasse remarquer et devienne le prochain pape.
Personne n’imagine que cet homme bon, gros et vieux va prendre l’initiative inouïe de convoquer un nouveau concile, 88 ans après le Concile Vatican I. Ce nouveau concile sera l’événement le plus important de l’histoire de l’Église au XXème siècle.
Voici un premier exemple de l’action du Saint-Esprit dans le cœur des cardinaux, qui n’avaient certainement pas, au moment de l’élection, l'idée que le nouveau pape aurait l'audace de convoquer un concile.
 
En 1978, les cardinaux pensent élire un pape qui soit un bon successeur de Paul VI, un pape souriant, affable, bien formé, et comme toujours, un pape italien. Ils choisissent celui qui prend le nom de Jean-Paul Ier, en hommage à ses deux prédécesseurs immédiats.
Sa mort 33 jours après son élection plonge les cardinaux dans la stupeur, et même pour certains dans la peur : « Et si l’Esprit-Saint nous demandait de sortir des sentiers balisés ? ».
Certains cardinaux sont prêts à élire un non italien. Mais où porter le choix ? Le cardinal König, influent prélat allemand, avait remarqué un cardinal polonais discret, qui avait fait une intervention de qualité au Concile Vatican II, un homme pieux et très apprécié dans son diocèse de Cracovie. Petit à petit, l'avis de Mgr Frings est écouté et l’idée suit son cours au fil des huit scrutins. On connaît la suite : à la stupéfaction générale, le monde découvre un pape polonais de 58 ans, tout de suite très à l’aise dans sa nouvelle mission, et qui va être un des plus grands papes de l’histoire de l’Église. Par son action, il va contribuer à un événement majeur du XXème siècle, la chute du communisme en Europe, libérant ainsi des millions de personnes d’un totalitarisme épouvantable.
Un journaliste non chrétien dira : « Mais comment est-ce que 100 types en robe ont pu élire un pape de cette trempe ? ».
 
En 2005 encore, beaucoup de personnes « bien informées » redoutent ouvertement un pape qui décevra, tellement il sera en-dessous de son prédecesseur. C’est l’un de ses plus proches collaborateurs qui est élu, une intelligence au service de la foi bien au-dessus de tous les penseurs et théologiens du moment. Au vu de son âge, on parle tout de suite, comme pour Jean XXIII, d’un « pape de transition », alors qu’il sera le pape qui va prendre en main avec un sérieux et une prudence exceptionnels le scandale des abus sexuels par de nombreux prêtres. Il va également tendre la main, au-delà de ce que beaucoup de dirigeants de l’Église lui conseillent, vers les disciples de Mgr Lefebvre.
 

Alors à ceux qui se livrent à des pronostics, je suis tenté de dire qu’ils perdent leur temps, et que ce temps serait beaucoup mieux employé à supplier le Saint-Esprit, lui qui ultimement choisit le pape, de nous donner celui dont nous avons besoin et dont le monde a besoin pour nous conduire vers Dieu, pour que Dieu puisse entrer en nous et nous remplir complètement.
 
Une attitude de complète ouverture au choix du Saint-Esprit n’est pas si évidente. Imaginons que le nouveau pape soit le primat de l’Église catholique syro-malankare Baselios Cleemis (né Isaac Thottunkal). Ce pape indien de 54 ans aurait des catégories mentales totalement étrangères à l’Occident. Il aurait une manière d’être et prendrait des décisions qui nous paraîtraient contraires à toute logique. Ceci est normal, parce que les logiques orientales n’ont rien à voir avec les logiques auxquelles nous sommes habituées, surtout celles de la raison raisonnante type Descartes.
Sommes-nous ouverts à un pape qui nous bousculerait ainsi ? Sommes-nous prêts à accueillir les surprises du Saint-Esprit, lui qui voit le cœur de chacun, et qui travaille déjà celui de notre futur pape ?
Si ce n’est pas le cas, demandons au Seigneur la conversion dont nous avons besoin pour que notre prière soit pleinement catholique, c’est-à-dire universelle.
 

 

Benoît XVI prie la Vierge Marie
Évaluez cet article: 
Moyenne : 4 (1 vote)

Commentaires

Bonjour Filippo,

Je crois que vous avez raison, il faut laisser agir l'Esprit-Saint, qui sait mieux que quiconque, à les compétences et le charisme d'être notre nouveau Pape.

Je trouve tout de même que ce serait bien que ce nouveau Pape nous bouscule un peu et vous ?

Je m'en fiche qu'il soit rond, maigre, petit, gentil ou vert, bleu ou rouge....le principal c'est qu'il puisse faire avancer la barque qui est l'Eglise.

 

Portrait de Filippo-modérateur

C'est lui qui sera bousculé par les événements, de toute manière !

Mais bien sûr, ce ne seront pas les événements qui l'empêcheront d'écouter Dieu lui inspirer ce qu'il doit dire et faire.

Pour ce qui est de bousculer, n'oublions pas que le visage de l'Eglise change du tout au tout selon la région du monde où l'on se trouve. Les besoins également.

Pour avoir été en Afrique pendant plusieurs années, je peux dire que la perception du christianisme est toute autre. Les églises et les séminaires débordent. Dans les paroisses, il y a plus de gens qui se préparent au baptême que de baptisés. Les gens accueillent avec joie une religion qui les libèrent d'un animisme oppressant avec ses esprits maléfiques et ses malédictions.

En Chine, les chrétiens sont d'une audace incroyable pour faire connaître le Christ, dans un pays qui n'a jamais été chrétien et qui de plus aujourd'hui est officiellement communiste et athée.

C'est encore et toujours en Europe, depuis 60 ans maintenant, que la foi et la culture chrétiennes reculent, sous la pression du matérialisme nihiliste, et depuis moins longtemps, de l'islam.

Donc prions pour que notre nouveau pasteur puisse faire avancer la barque, et également montrer le visage du Seigneur à ceux qui ne le connaissent pas.

Oui, filippo, j'ai appris par mon père spir. qui est prêtre et qui est actuellement en mission au Tchad depuis début janvier, que là bas, les chrétiens ce n'était pas rien. Ils allaient être 121 baptisés à Pâques pour les jeunes, c'est beau tout de même !

Et puis, il y a une grande vitalité.

Vous voyez, ce que je trouve c'est que dans certaines paroisses chez nous, c'est...pas dynamique, il faut à peine parler d'évangélisation pour certains, etc...et voilà encore une chose qui me démoralise. C'est pourquoi en ce moment, je suis en pétard après l'Eglise.

Vous avez un soucis de santé, vous ne pouvez pas faire vos courses, comme c'est mon cas ce jour, il faut que je me justifie auprès de la personne à qui j'ai demandé à l'aide pour faire mes courses. Où est la charité, comme ne jamais venir me chercher pour la messe. Enfin, c'est dans révolte que je dois mettre ça. Mais, j'ai envie d'en pleurer et j'en pleure d'ailleurs.

En tout cas, moi, je suis heureuse depuis que je suis entrée dans le site, car grâce à vous tous, j'apprends et j'apprends et particulièrement au niveau du Vatican...j'y reviens, mais je savais pas que c'était des dons qu'ils avaient eu....des cadeaux.

En attendant, prions comme vous le dites.

Portrait de Filippo-modérateur

Je reconnais que c’est dur, mais la condition de persécution, dans et hors de l'Église, est la condition normale des chrétiens depuis 2000 ans.

Déjà dans les Actes de Apôtres, Paul est persécuté par des chrétiens convertis du judaïsme qui veulent imposer les pratiques de la loi juive aux chrétiens convertis du paganisme.

Au XXème siècle, le cardinal de Lubac, jésuite, un des plus grands théologiens de son époque, a été interdit d’enseignement pendant des années. Imaginons juste pour la comparaison un pilote de ligne de 40 ans avec une famille, interdit de vol définitivement.

Ce même cardinal de Lubac écrivait : « On sait qu’on aime l’Église quand on a souffert à cause d’elle. »

L’apôtre Paul a écrit : « Tous ceux qui veulent vivre dans Christ seront persécutés. » Il savait parfaitement que la persécution peut venir de l’extérieur comme de l’intérieur de l’Église, comme je l’ai dit plus haut.

Je ne dis pas qu’il faut, à la force du poignet, se réjouir quand la persécution vient de l’intérieur de l’Église. J’ai moi-même enduré de la part de certains membres de la hiérarchie de l’Église des choses extrêmement dures. C’est le Seigneur lui-même qui m’a permis de tenir le coup, au jour le jour. Dans la deuxième lettre à Timothée, chapitre 4, versets 16 et 17, Paul écrit : « Tous m’ont abandonnés. Le Seigneur, lui, m’a assisté. »

Le Seigneur ne nous dit pas de nous retenir de pleurer, il nous conduit à poser des actes de vie, pour tâcher de ne pas rester enfermés dans notre situation, autant que possible. Combien de saints ont pleuré sur le péché du monde, et sur leur propre douleur, sans pour autant s’apitoyer sur leur sort. Saint Dominique priait des nuits entières en gémissant : « Mon Dieu, ma Miséricorde, que vont devenir les pécheurs ? ».

 

Mais le Seigneur nous invite encore et toujours à contempler sa croix et à faire confiance.

Portrait de Filippo-modérateur

 

Je complète mon article après avoir lu une très bonne interview dans Famille chrétienne.

Nous pouvons prier avec les saints pour le futur pape.

Nous pouvons prier avec les papes canonisés ou béatifiés, tels que tous les premiers papes martyrs, saint Pierre en premier, mais aussi Pie V, Pie X, Jean XXIII et bien sûr Jean-Paul II.

Nous pouvons également prier avec les saints qui, d'une manière ou d'une autre, ont joué un rôle dans l'histoire des papes : saint Laurent, le diacre mort sur un gril, qui a dit : "Voici les trésors de l'Église" en montrant tous les mendiants qu'il servait, sainte Catherine de Sienne qui a réussi à faire revenir le pape à Rome après l'épisode d'Avignon, sainte Brigitte de Suède, qui a été conseillère du pape pendant 20 ans et tant d'autres.

Merci Fillippo pour vos encouragements et le détail de vos posts...

Ajouter un commentaire



Dr. Radut Consulting